Participation aux législatives de 2023 : L’opposition entre résignation et résilience

Moïse DOSSOUMOU 8 février 2022

Ils nourrissent a priori les mêmes griefs contre le gouvernement de Patrice Talon. Si le discours est virulent chez les uns, frontal chez les autres, mitigé voire adouci chez d’autres encore, il n’en demeure pas moins qu’ils se réclament tous de l’opposition. Evidemment, comme on peut s’y attendre, ils ne sont pas tous logés à la même enseigne. Les contempteurs des actions du chef de l’Etat ne parlent pas le même langage. Pis, ils passent le clair de leur temps à se tirer entre les pattes. Et pour cause !
Paul Hounkpè et Alassane Soumanou dit Djemba ont réussi à prendre les rênes du parti Force cauri pour un Bénin émergent au point de se passer de Boni Yayi qui a finalement jeté l’éponge. Au sein de ce cercle politique naguère fourni et diversifié, la pilule était trop amère pour être avalée. Du coup, la scission du groupe devenait inévitable. Les dissidents ont donc trouvé leur bonheur ailleurs en portant sur les fonts baptismaux une nouvelle force politique dénommée « Les Démocrates ». Mais, entre-temps, le parti Fcbe, au vu de ses résultats aux municipales, communales et locales de 2020, s’est imposée comme la seule force politique de l’opposition qui dispose d’élus. Du jour au lendemain, Paul Hounkpè s’est vu donc revêtu du titre non moins important de chef de file de l’opposition avec tous les avantages y afférents. Depuis lors, à sa manière, il s’oppose au régime en place.
D’un autre côté, « Les Démocrates » rongent leur frein. N’ayant pas encore pu participer à un scrutin du fait des exigences de la réforme du système partisan, ils essaient tant bien que mal de survivre. Déjà lors de la présidentielle de 2021, ils ont tenté de se jeter dans la bataille électorale. Mais, faute de parrains pour porter leurs candidats, leur rêve d’évincer Patrice Talon par les urnes n’a pas abouti. Ils ne démordent pas pour autant. Déjà, ils annoncent les couleurs pour les législatives de 2023. Jusqu’à preuve du contraire, Eric Houndété et les siens croient fermement que, cette fois, ils seront en lice. Au regard des expériences et désillusions du passé, ils savent sans doute comment procéder désormais pour participer à ce scrutin qui s’annonce déterminant pour leur survie en politique. C’est heureux que ce parti ait décidé de s’inscrire dans la dynamique de la résilience. Il ne reste plus qu’à attendre la suite des événements pour voir ce que l’avenir lui réserve.
Pendant que ce parti débarrassé de ses illusions veut continuer à exister en dépit des contraintes du moment, Candide Azanaï, président du parti « Restaurer l’espoir » et coordonnateur de la Résistance nationale, reste droit dans ses bottes. Pour lui, il n’est pas question de participer aux législatives de 2023. Son discours, dont la trame reste inchangée ces dernières années, est à chaque fois un réquisitoire contre le gouvernement de Patrice Talon. Mais il refuse obstinément de se prêter au jeu électoral dans les conditions actuelles.
S’il faut faire l’apologie de la diversité dans l’union, force est de constater que l’opposition politique ne parle pas d’une même voix. Chaque clan y va de sa stratégie au point de porter des coups à l’autre. A la veille d’un scrutin aussi capital que les législatives de 2023, au-delà de la division qui caractérise l’opposition, selon ses têtes de pont, elle opte, soit pour la résignation, soit pour la résilience.





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