Piètre score aux législatives de 2023 : MPL, UDBN, MOELE-Bénin et FCBE, un avenir incertain pour 4 partis satellites

17 janvier 2023

L’horizon partisan s’éclaircit dans le paysage politique. Les Législatives du 08 janvier dernier ont donné un coup de balai dans le système partisan et l’on se fait désormais une idée des différentes forces en présence et de leur poids électoral. Le verdict remet chaque parti à sa place. Ainsi, deux tendances se dégagent à l’issue du vote. Trois grands partis d’un côté et des partis satellites de l’autre. Les trois premiers partis au terme du scrutin ont eu l’adhésion populaire en concentrant plus de 90% des suffrages des électeurs alors que les quatre suivants n’ont pas pu réunir 10% des suffrages dans leur ensemble combiné. Le piètre score de MOELE-Bénin (2%), du Mouvement Populaire de Libération (1%), de l’Union Démocratique pour un Bénin Nouveau (1%) et de la Force Cauris pour un Bénin Emergent (4%) prouve qu’ils n’ont pas obtenu l’assentiment de la population pour siéger au parlement. En conséquence, les 4 partis sont désormais réduits à un rôle de second niveau. Ils sont réduits eu statut de petits partis ou partis satellites.

Le risque de disparition ou d’absorption
Durant les trois prochaines années, les partis FCBE, MOELE-Bénin, MPL et UDBN seront relativement absents de l’échiquier politique. Ne disposant pas d’élus à l’exception de la Fcbe dans les communes, leurs voix ne porteront pas plus haut que leur chapelle. Ils ne participeront pas à proprement parler aux débats au haut lieu de la politique à Porto-Novo à l’instar des invitations officielles qui viennent à de rares occasions. En conséquence, ils n’auront ni influence sur le quotidien des populations, ni le financement public nécessaire et connexe. Sans moyen, il sera impossible d’exister et d’entretenir ses militants. Ce statut est lourd de conséquence pour ces partis dont la finalité devient incertaine. Ils pourront disparaitre par épuisement ou au mieux rejoindront carrément l’un des grands partis. C’est désormais leur sort après le verdict des législatives du 08 janvier 2023. Le plus grand perdant de cette situation est le parti FCBE qui jusqu’à un passé récent était encore la première force de l’opposition avec tous les avantages afférents. Paul Hounkpè perd de fait le titre de chef de file de l’opposition et son parti risque une désagrégation. Le parti qui était vidé de sa substance pourra connaitre une nouvelle saignée. Les derniers ténors du parti et d’autres cadres pourraient quitter le navire du cauris d’un jour à l’autre et rejoindre une autre chapelle pour refaire leur avenir politique. Les trois autres n’avaient pas de substance si ce n’est l’audience de leur leader respectif à l’image de Claudine Prudencio pour UDNB, Jacques Ayadji pour MOELE-Bénin et Sabi Korogone pour le MPL. Et pourtant, un averti de la politique devrait voir le danger venir de loin. Nul ne donnait ces partis éligibles. Ils pouvaient se rallier aux autres plus côtés pour faire élire certains de leurs candidats à l’instar du PRD, du PER et de la DUD qui ont fusionné avec l’UPR. Tout bon calcul fait, certains candidats de FCBE seraient passés s’ils y allaient avec le parti Les Démocrates. Par exemple, Paul Hounkpè dans la 18ème circonscription électorale a réalisé un score flatteur dépassant Les Démocrates avec 12.000 contre 11.000 voix. Une addition arithmétique dans une fusion donnerait un total de 23.000 voix. Ce score permettrait au candidat tête de liste qui serait vraisemblablement le leader des cauris d’être élu. Le même scénario dans la 1ère circonscription aurait permis à Idrissou Bako des cauris d’être également élu et de siéger à l’hémicycle.

Les grands partis en roue libre
L’Union Progressiste Le Renouveau (37%), le Bloc Républicain (29%) et Les Démocrates (24%) sont les seuls plébiscités à lever des sièges de députés à l’Assemblée Nationale conformément aux dispositions du code électoral. C’est parti pour 3 ans d’hégémonie de ces 3 partis qui siègeront au parlement. Ils représenteront le peuple et porteront sa voix. Aussi, influenceront-ils le quotidien des populations en votant des lois et en contrôlant l’action gouvernementale à travers des questions et des interpellations à l’Exécutif. Ils occuperont le paysage médiatique et seront dans l’animation politique permanente. Les partis présents au parlement bénéficieront contrairement à la Fcbe qui n’a pas de député mais plutôt des élus communaux, d’un financement public conséquent. La messe est ainsi dite. On peut dire que ce sont ces partis qui ont d’avenir à l’ère des réformes du système partisan et donc, aux partis satellites de comprendre que sans les grands, leur avenir est incertain.
Ange M’poli M’TOAMA





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