Plaidoyer du parlement de la Cedeao pour la réouverture des frontières nigérianes : Buhari à quitte ou double

Moïse DOSSOUMOU 19 septembre 2019

Le parlement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a donné l’exemple. Puisque la 8ème législature tardait à se signaler sur l’épineux dossier du verrouillage des frontières nigérianes, le parlement de la Communauté a pris les devants. A l’occasion de la deuxième session extraordinaire de l’institution ouverte le 16 septembre au Libéria, le Sénégalais Moustapha Cissé Lo, président du parlement a saisi l’occasion pour opiner sur l’épineuse question du verrouillage des frontières nigérianes, une situation qui dure depuis le 20 août dernier. Ne pouvant laisser passer cela sous silence, le président du parlement a pris ses responsabilités. Se fondant sur le respect des accords de libre échange, il demande à l’Etat nigérian de reconsidérer sa position.
Pour ce faire, il fait le plaidoyer de la réouverture des frontières en insistant sur la promotion d’un dialogue franc entre Abuja et ses voisins. En dénonçant la violation du protocole sur la libre circulation par le Nigéria, Moustapha Cissé Lo espère faire bouger les lignes. Quelle sera la réaction du gouvernement nigérian suite à cet énième appel ? Buhari va-t-il céder ? Va-t-il continuer à faire la sourde oreille ? Difficile de le dire.
Mais lorsqu’on considère la fermeté de la position nigériane et le maintien des frontières verrouillées au-delà de la date butoir initiale de 28 jours annoncée, il se pourrait que la posture du parlement de la Cedeao ne change pas grand-chose à la situation. Car, c’est en toute connaissance de cause que la décision a été prise de manière unilatérale. Le Nigéria s’est-il préparé à faire front à tout plaidoyer visant la réouverture de ses frontières ? Bien malin qui pourra le dire.
Le pays de Muhammadu Buhari abrite le siège de la commission de la Cedeao. Va-t-il renier l’institution implantée sur son propre sol ? Toute proportion gardée, ce n’est pas aussi simple pour la partie nigériane de persister dans la fermeté.





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