Pré-campagne et violation du code électoral : Remettre les pendules à l’heure

31 août 2020

Pascal Irenée Koupaki rappelle les partisans de Talon à l’ordre

Une campagne avant l’heure. A plus de sept mois avant la présidentielle de 2021, des partisans de potentiels candidats à la Marina débordent déjà d’énergie pour inciter les électeurs à adhérer à leur choix. Affiches, posters, tee-shirts avec des effigies spécifiques sans oublier les sorties politiques de mouvements de soutien parfois abondamment relayés sur les médias en disent long sur les intentions des commanditaires. En violation du code électoral, un populisme que d’aucuns pensaient être rangé aux oubliettes a subitement refait surface. Pour ceux qui l’ignorent, il est clairement spécifié dans le code électoral en vigueur en son article 55 que « nul ne peut, par quelque moyen ou sous quelque forme que ce soit, faire campagne électorale en dehors de la période prévue… ». Mais, pour le constat qui a d’ailleurs fini par faire réagir la présidence de la République plutôt grand bénéficiaire de ce remue-ménage, il y a des limites qui étaient en train d’être franchies. Ainsi, dans les médias, sur les réseaux sociaux tout comme à certains grands carrefours, la tendance était à du déjà-vu.
Fort heureusement, un rappel est tombé à pic. Patrice Talon est contre le culte de la personnalité et n’est aucunement demandeur d’une agitation politique précoce. Au-delà de cette mise au point à l’endroit de ses partisans, l’occasion est aussi belle pour les autres prétendants au fauteuil de la Marina de savoir raison gardée. Car, l’heure avant l’heure n’est pas l’heure. De plus, des dispositions du code électoral qui répriment un certain nombre de pratiques notamment l’apposition des posters et affiches à l’effigie d’un potentiel candidat ou le monopole sur les médias publics existent. Et puisque la loi est valable pour tous, alors ce ne serait pas rendre service au garant de son respect. Autrement, violer le code électoral en croyant faire plaisir à Talon est une erreur. Ce faisant, au cas où d’autres prétendants ou leurs partisans se lanceront de façon précoce à une campagne qui ne dit pas son nom, la Haac et les institutions de la République habilitées à siffler la fin de la récréation ne seront pas fondées pour réagir. Sinon, ce serait du deux poids, deux mesures.
Pour tout ceci, donner le bon exemple est essentiel. Le commerce de soutiens et de suscitations de candidatures n’est pas opportun. Et autant il est valable pour Patrice Talon, actuel locataire de la Marina autant il l’est pour tous ceux qui lorgnent son fauteuil. Un dicton dit, ‘‘on peut conduire un cheval à l’abreuvoir mais non le forcer à boire’’. Cela suppose, qu’au temps opportun, le starting-block de la présidentielle de 2021 enregistrera tous ses compétiteurs. Et là, l’ensemble des opérations de propagande spécifiées à l’article 48 du code électoral auront leur raison d’être. Et donc, il est impérieux de respecter la norme. Autrement, c’est de l’anarchie et le permettre, c’est tomber dans le piège du populisme et quand on sait que le bruit ne fait pas du bien, alors que les commerçants de la filière ‘‘soutien’’ changent de fusil d’épaule.

Communiqué
La présidence de la République observe que depuis quelque temps, divers mouvements se réclamant du Chef de l’Etat, Monsieur Patrice TALON, organisent des manifestations de soutien à son action.
A l’appui de ces manifestations, des affiches et posters à son effigie sont parfois apposés.
La présidence de la République tient à rappeler aux uns et aux autres que ces pratiques ne sont conformes ni à la vision du Chef de l’Etat, ni à son combat contre le culte de la personnalité dans notre pays.
Aussi, ces mouvements sont-ils invités à bien vouloir s’abstenir de rééditer lesdites pratiques.

Fait à Cotonou, le 29 août 2020.

Le Ministre d’Etat, Secrétaire général de la Présidence
Pascal Irénée KOUPAKI





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