Pré-campagne pour la présidentielle de 2021 : Flambée des mouvements de soutien, les partis à l’épreuve des fissures

Angelo DOSSOUMOU 25 août 2020

Paradoxe. Malgré la réforme du système partisan et la volonté affichée par l’ensemble de la classe politique d’en finir avec les clubs électoraux et les mouvements circonstanciels à l’orée de la présidentielle de 2021, tous les ingrédients sont réunis pour un retour des acteurs politiques à leurs vielles amours. Pour la plupart membres des partis politiques, ils ne s’embarrassent plus pour créer des creusets et appeler à des candidatures, promettre des soutiens alors même que les formations auxquelles ils appartiennent n’ont pas encore donné de mot d’ordre. Un désordre qui, à la limite, frise la remise en cause de la discipline qui, en principe, devrait être observée au sein des grands blocs politiques où d’ailleurs, les anciens mouvements politiques et les micro-partis se sont fondus.

Malheureusement, chassez le naturel, il revient au galop. Depuis qu’une nouvelle élection présidentielle pointe son nez, des jeunes et certaines personnalités ont repris du service avec des mouvements dont il est très difficile de mesurer au finish l’impact sur les résultats dans les urnes. En plus, dans un contexte politique où obligation est faite à travers les nouvelles dispositions électorales d’avoir le parrainage d’au moins 16 députés et ou maires, à quoi peuvent bien servir ces mouvements dépourvus d’élus qualifiés devant des partis bien structurés et bien fournis en la matière ? A la vérité, ces creusets qui poussent comme des champignons depuis quelques semaines avec parfois des acteurs qui se disent membres des grands partis sont un véritable danger pour la consolidation du système partisan.

Et sur la route de la présidentielle de 2021, la plausible conséquence de cet état de chose dès lors qu’au sortir des urnes, le candidat soutenu par les pionniers des mouvements a gagné, ce sera encore la boulimie à s’émanciper des grands ensembles voulus et prônés en créant de nouveaux partis. Ceci étant, on assistera à des fissures dans les grands blocs et, à coup sûr, ce sera la fin du fondement de la réforme du système partisan avant même que son ardent défenseur n’ait fait ses adieux à la Marina. D’ailleurs, au vu de ce qui s’observe sur le terrain politique, il est à se demander s’il n’y a que Patrice Talon qui croit que les Béninois peuvent se mettre ensemble et changer du jour au lendemain, le cours des choses.

De toute façon, aucune loi n’interdit aux mouvements de disputer l’animation de la vie politique aux partis ou que les membres desdits partis créent des creusets de soutien. Enfin, à l’épreuve de la réforme du système partisan, on se rend compte que nous sommes encore loin du compte.





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