Présidentielle de 2021 : Les parrains sont prêts, les candidats manquent à l’appel

Angelo DOSSOUMOU 15 janvier 2021

61 formulaires de parrainages déjà retirés. 98 attendent encore de l’être. Ce qui est certain, lentement mais sûrement avant la fin du mois de janvier et du délai imparti pour l’exercice, le compte serait bon. Sur le marché du parrainage en vue de la présidentielle de 2021 donc, l’offre est disponible en quantité suffisante pour contenter ceux qui détestent la course contre la montre et qui préfèrent l’anticipation. Autrement, il y a sur le marché de parrainages, un nombre assez consistant pour que les bousculades s’observent déjà derrière les parrains. Pourtant, d’après le nombre d’élus qualifiés pour l’exercice et qui ne se sont pas fait désirer avant de faire le déplacement de la Cena pour retirer leur formulaire, ils attendent toujours d’être courtisés et de se faire convaincre par des projets de société.
A ce sujet, le député Lucien Houngnibo a affirmé au quotidien en ligne Banouto, juste après le retrait de son formulaire à la Cena : « je suis parrain mais jusqu’ici, aucun candidat ne s’est rapproché de moi pour demander mon parrainage ». Une impatience compréhensible surtout que tous les députés et maires proclament leur totale indépendance à accorder leur signature à qui ils veulent, dans cette course qui mène à la Marina. D’où, il est difficile de comprendre l’attentisme de potentiels candidats. Une posture qui malheureusement, ne peut que leur être fatale quand on sait que c’est avant même le retrait de ces formulaires qu’il faut faire son marché et réserver ses signatures.

Courir pour 16 au moins !
D’ailleurs, devant la loi électorale qui dispose clairement que le dossier de candidature à l’élection présidentielle doit comporter au moins 16 parrainages, il ne serait pas surprenant de constater une pléthore de signatures pour un seul et même candidat. Ce qui n’est pas interdit est permis et forcément, parrainer le candidat de son choix est un prestige que de parrainer un autre juste pour la forme. Alors, face à cette éventualité, le meilleur discours à tenir dans la perspective de prendre part au scrutin du 11 avril prochain et de pleinement jouer ses cartes en vue de l’alternance au pouvoir, c’est de convaincre les parrains et d’arracher les 16 signatures nécessaires. Sinon, en état de nos textes de loi, il ne serait pas possible aux prétendants d’avoir le droit de prendre part à la compétition
Justement, si le candidat de la mouvance présidentielle dort paisiblement sur ses oreillers car, les parrainages sont d’ores et déjà gagné en raison du nombre de maires et de députés acquis à sa cause, l’opposition au régime en place après le revers de la Cour constitutionnelle spécifiquement sur le volet du parrainage, doit en principe changer de fusil d’épaule. Visiblement, il ne servira plus à rien de ressasser les tares de cette disposition du code électoral mais, de franchir l’obstacle du parrainage et de prouver sa capacité à déjouer les plans de l’adversaire politique. Malheureusement, divisée qu’elle est, elle limite ses chances de réunir les 16 signatures nécessaires.

Candidats, les parrains s’impatientent !
En effet, le Front constitué par une partie de ladite opposition ne pèse pas lourd sans la Fcbe riche d’au moins 7 parrainages, les réseaux et relations privilégiés des autres personnalités et partis de l’opposition que sont ‘‘Restaurer l’espoir’’, le Mouvement de libération du peuple (Mpl), l’Usl etc. Tout ce méli-mélo doublé d’incertitude quant aux réactions des maires et députés à leurs requêtes dans la perspective d’avoir leurs parrainages peut même justifier cet état d’attentisme.
En ce qui concerne les candidats indépendants, après avoir longtemps inondé la toile sur leur ambition de briguer la magistrature suprême, l’heure a enfin sonné d’aller à la chasse des parrainages. Mais bizarrement, de ce côté aussi, rien ne bouge. Ce qui est sûr, il ne déplaira pas au député Houngnibo de recevoir les prétendants à la Marina que sont Yannick Emmanuel Dossou, Daniel Edah, le prophète Lucien Kinninon ou encore le Bénino-russe Alexandre Houssou. Mais voilà, malgré tout ce beau monde, pressé d’occuper le fauteuil de Patrice Talon, les parrains s’impatientent. Et, il y a vraiment lieu de se demander pour combien de temps encore. Pourvu, qu’à force de trop attendre, toute la mise de parrainages ne soit raflée à leur grand désarroi par un dinosaure. La nature a horreur du vide et, il y a de circonstances où la vitesse est salutaire. Alors, à eux, de savoir ce qu’ils veulent.





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