Présidentielle du 11 avril : Les opposants réalistes défient Talon dans les urnes, les radicaux s’enlisent dans la surenchère

Angelo DOSSOUMOU 18 mars 2021

Unis par le seul mot ‘‘opposition’’ mais profondément divisés sur les stratégies pour conquérir le pouvoir d’Etat. A la veille de la présidentielle du 11 avril prochain, dans un Bénin marqué par de profondes réformes électorales, le comportement des chantres de l’alternance à la Marina a largement marqué les esprits. D’ailleurs, dans une adresse largement relayée hier, Paul Hounkpè, le colistier de Soumanou Djimba, candidat de la Fcbe a laissé entendre : ‘‘nous n’allons pas courir derrière 45 jours et perdre 5 ans’’. Cette logique que d’aucuns trouvent réaliste, résume actuellement l’opposition admise à prendre part au scrutin du 11 avril prochain. Ainsi, comme la Fcbe, le duo Kouhoué-Agossa de la dynamique Restaurer La Confiance ne s’embarrasse point de certains détails chers à l’autre branche de l’opposition.
En effet, avant même d’être confrontés aux difficultés du parrainage et de voir recaler leurs dossiers de candidature à la présidentielle par la Cena, Joël Aïvo, Reckya Madougou, Samuel Batcho, Yacoubou Bio Sawé et autres ont longtemps insisté sur l’illégalité des textes de lois votées et de la nouvelle Constitution.

Une posture qui d’ailleurs a fait croire à plus d’un qu’ils boycotteraient la présidentielle. Mais curieusement, il s’est constaté à la fin, une dichotomie entre le discours et les intentions. Cela suppose qu’à un moment donné des divergences entre les deux oppositions, la branche radicale a malicieusement essayé de se confondre à celle réaliste déjà symbolisée par la Fcbe qui, par la suite, a été rejointe par des militants de ‘‘Les Démocrates’’. Malheureusement, la branche radicale est passée à côté de la plaque et pendant qu’elle rumine l’échec lié à une non-participation à la présidentielle, se débat avec l’affaire Madougou et égrène ses récriminations contre le régime Talon à l’international, l’autre opposition renforcée par le duo Kohoué-Agossa essaie de convaincre de sa crédibilité à assumer l’alternance au pouvoir en n’hésitant pas à dénoncer la gestion de ces cinq dernières années par Patrice Talon.

Ce qui est sûr, sur le terrain, il est loisible d’entendre Soumanou Djimba, Paul Hounkpè, Corentin Kohoué et Iréné Agossa critiquer et faire même des propositions largement partagées par l’opposition radicale. Pourtant, plus les jours du scrutin avancent, plus les deux droites de l’opposition s’éloignent. Peu importe que le duo Kohoué-Agossa propose une transition, la reprise des précédentes élections ou que les candidats Fcbe rassurent du retour des acteurs politiques exilés, il n’empêche que dans l’entendement de l’autre camp, ils ne leur ressembleront pas. Du moins, jusqu’à nouvel désordre, selon eux, ce n’est pas une autre opposition. A la limite, une opposition qu’ils qualifient de manipulée. De toutes les façons, cette distance observée pour ne pas dire, cette antipathie entre les radicaux et les réalistes ne serait pas pour déplaire à Patrice Talon, candidat à sa propre succession. Qui voit ses adversaires s’entredéchirer, n’allez pas lui dire de ne pas rire sous cape et de continuer sa marche. Plus tard, ils comprendront que quand deux droites parallèles ne se rencontrent pas, elles ne s’épaississent pas. C’est le contraire qui devrait étonner.





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