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Procès Icc-services : Marcellin Zannou se vide, des banques menacées de poursuites

La Cour de Répression des Infractions Economiques et du Terrorisme est toujours à la quête de la vérité dans l’affaire Icc-services. Au 14e jour du procès, le colonel des douanes Marcellin Zannou a été appelé à expliquer le rôle joué par lui et par l’Eglise du christianisme céleste. A sa suite, des chefs d’agence de banque ont été invités à expliquer leur silence autour des transactions financières suspectes des promoteurs d’Icc-services, notamment Emile Tégbénou. Le Procureur Togbonon est instruit pour poursuivre les banques qui n’ont pas respecté la loi 2006-14 du 31 octobre 2006.

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Monsieur Marcellin Zannou, vous vous êtes présenté comme un douanier à la retraite. Quel est le plateau que vous occupez au sein de l’Eglise céleste ?
J’ai été depuis très longtemps le Trésorier général du comité supérieur mondial de l’Eglise du christianisme céleste. J’ai été membre de la délégation pastorale. Une délégation qui également chaque année parcourt tout le pays afin d’apporter le soutien du Saint siège aux paroisses un peu partout sur le territoire national.

De votre position, avez-vous connaissance des activités menées au sein de l’Eglise céleste et qui sont de nature à exorciser la pauvreté ?
Je suis peut-être au courant des activités initiées par le saint siège au niveau central. Mais par rapport à ce qui se fait dans les paroisses, je n’ai pas l’information fiable. Mais de façon systématique, on ne peut pas dire qu’on est au courant de tout ce qui se fait sur les paroisses.

Guy Athanase Akplogan, Comlan Émile Tègbènou, Ludovic Pamphile Dohou et autres. Ces noms vous révèlent-ils quelque chose ?
Absolument monsieur le président. C’est à travers la Radio Alléluia FM que, à un moment donné, j’ai commencé par entendre parler de ces noms-là. Dans la grille des programmes de la radio, nous avons institué que de 06h30 à 7h il y ait des louanges basées sur les cantiques de l’église. Mais à un moment donné, je me suis rendu compte que ceux qui animaient cette tranche, ont conduit à une déviation. Ce n’était plus des louanges diffusées, commentées mais c’était devenu une dédicace pour saluer telle ou telle personne. Il s’est fait à l’époque que 90% des dédicaces portaient accessoirement leurs noms, et un nom d’entreprise. J’ai commencé à entendre parler abondamment de Guy Akplogan, Émile Tégbénou et Dohou Pamphile et le nom d’Icc-services.

C’était en quelle année ?
C’était en 2008. Quand on se réveille, au lieu d’écouter entre 6h30 et 7h de la louange, on entendait des noms de personnes qui étaient magnifiés. Moi-même, je fais l’animation à la Radio les samedis. Entre 5h30 et 13h. En mon temps d’antenne, je ne passe pas de dédicace. Alors un jour, j’ai été un peu saoulé d’entendre ces noms et je suis venu à la Radio demander à l’animateur ce qui se passe. Pourquoi on parle de diffusion de louanges et qu’on en fait une dédicace avec que des noms comme Tégbénou, Akplogan qui revenaient souvent. Ils m’ont expliqué et je leur ai dit que ce n’est pas normal. On ne peut pas à la place de louanges faire des dédicaces et qu’on diffuse des noms de ces personnes au lieu de glorifier notre Dieu. Ceci que j’ai dit a été certainement rapporté aux intéressés. Une situation difficile a commencé pour moi. C’était une situation d’adversité, d’animosité au sein de l’église et j’ai persisté.

Zannou : « Je ne peux pas comprendre qu’on diffuse sur notre radio des publicités, des interviews dans le sens de l’amour de l’argent »
Et en son temps j’ai créé une autre émission appelée ‘’la Bible nous parle’’ et qui est diffusée de 06h30 à 7h en lieu et place des dédicaces qui se faisaient avec abondamment les noms des frères. Ceci a été également mal interprété en son temps. Ils avaient mis en place un plan de communication. Il y avait des interviews accordées qui étaient diffusées à la Radio. J’ai profité d’une rencontre des membres de l’administration de l’église pour signaler qu’il y a un problème à la radio. J’ai expliqué qu’il y a abondamment de la communication sur Icc-services. En ce moment, je ne les connaissais pas. Je suis mal à l’aise du point de vue de l’éthique parce qu’il est question de placement d’argent pour gagner abondamment après trois mois. J’ai expliqué que ceci était contraire à l’enseignement biblique. Dieu nous a demandé dans la bible que c’est à la sueur de notre front que nous gagnerons notre pain. Ici dans notre communauté d’autres ont créé des choses où on dépose de l’argent et sans travailler ils gagnent leur pain. Ceci est contraire à la parole de Dieu. Ensuite, les Saintes Ecritures nous invitent à ne pas adopter un système qui peut être interprété comme l’amour de l’argent. Et s’il faut donner des références bibliques, le livre de 1 Timothée en son chapitre 6, versets 10, 11 et 12 disposent notamment ceci : « Car l’amour de l’argent est une racine de tous les maux et quelques-uns en étant possédé se sont égarés loin de la foi se sont jetés dans bien de tourmentes ».
J’ai expliqué que par rapport à ces deux notions, on ne peut pas développer des systèmes qui permettent et encouragent l’amour de l’argent. J’ai dit que je ne peux pas comprendre qu’on diffuse sur notre radio des publicités, des interviews qui invitent nos frères à aller dans ce sens de l’amour de l’argent. Car, il suffit d’aller déposer l’argent quelque part, de s’acheter un calendrier et de voir les dates et de se dire que le lendemain, on ira chercher des bénéfices. Ceci m’a valu des inimitiés très fortes dans l’église. Et à un moment donné en début 2009, je suis venu pour faire une de mes émissions et le Red-chef de la radio me demande ce qui se passe entre moi, les gens d’Icc-services et les devanciers de l’église ? J’ai dit qu’il ne se passe rien. Je ne les connais même pas. Il n’y a aucun problème entre nous. Elle dit : « ce que je vois venir est très sérieux ». Je lui ai expliqué ma démarche qui consistait à arrêter au sein de l’église une publicité qui était contraire aux Saintes Ecritures parce que nous invitant à désobéir à Dieu. Quelques semaines plus tard, il y a une autre dame qui est secrétaire qui certainement avait des relations très étroites avec Tégbénou qui m’a invité pour me dire ’’mais papa, ça ne va pas entre toi et les prometteurs de Icc’’. J’ai répondu qu’on ne se bat pas. Il n’y a aucun problème. Elle me demande si je suis prêt à les rencontrer. J’ai dit oui naturellement que je suis prêt. C’est ainsi qu’en début 2009, eux tous sont venus me voir à mon bureau à Porto-Novo ici. J’étais Directeur régional adjoint des douanes. Ils sont venus pour qu’on puisse prendre langue. Et à leur arrivée, je leur ai expliqué que je ne m’oppose pas à eux. Mais que je m’oppose aux principes qui vont amener nos fidèles à désobéir à Dieu. Et que c’est mon combat et sur ce point de vue, je ne peux pas négocier. Mais on peut avoir des relations fraternelles parce que nous sommes des frères en Christ dans l’église. C’est ainsi qu’ils se sont expliqués sur tout ce qui se passait où tout le monde en voulait à Zannou Marcellin. Je comprends que ceci participe du fait que c’est la condition sociale qui détermine la conscience comme l’a dit Karl Max. J’ai vu que la pauvreté ambiante de beaucoup de frères les ont conduit à penser qu’en déposant de l’argent et récoltant chaque trois mois des fruits, ils pourront être à l’aise. Mais de mon point de vue ce n’était pas ce qu’il fallait parce que ça amenait les fidèles à désobéir à Dieu. Ce jour-là nous avons pu nous réconcilier et j’ai demandé à rencontrer après Guy qui du reste avait le sens du respect. J’ai demandé à Guy qui était leur PDG m’a-t-on dit, que je veux comprendre un peu ce qui se passe. Et il m’a expliqué de long en large les activités qui entourent ce qu’ils font. A l’époque, je crois qu’on était à la veille de la semaine sainte. Je devais aller à Natitingou avec l’équipe pastorale parce qu’à la paroisse de Kantaborifa il y avait la fête des moissons. J’ai demandé à Guy de bien vouloir m’accompagner et puis je lui dirai ce que je pense de ce qu’ils font. Humblement, il a accepté de nous accompagner à Natitingou. Arrivés à Natitingou, quand on s’est installé, j’ai pris certains frères avec moi dont notamment Soumaho Gabriel, Zinsou Joseph, Djoto Antoine et on s’est isolés dans l’une des chambres. J’ai expliqué à monsieur Guy Akplogan que la communication qu’ils faisaient en impliquant les autorités politico-administratives n’étaient pas du tout bien. Ils ont une activité, ils devraient s’affirmer par leurs compétences et leurs savoirs-faire mais mêler cela aux autorités que ce soit de l’église ou publique, que ce n’était pas bien. Le Pdg Guy Akplogan avait promis qu’ils allaient revoir leur système de communication. Deuxièmement, je lui ai dit que beaucoup de frères vont les voir pour leur dire que Zannou est contre eux, qu’il est mauvais et que ça les amène à créer autour de moi un certain environnement inimitié. Il faut qu’ils arrêtent ça parce que je ne suis pas leur ennemi. Mais je pense que l’activité consiste à amener les fidèles à désobéir dans l’église. Il m’a compris. Je dis troisièmement, Guy Akplogan, cette histoire qui consiste à inviter les fidèles à placer de l’argent et à en gagner un peu plus quelques mois plus tard, n’est pas bien pour l’église. Il faut qu’il s’arrange désormais pour arrêter ça. Monsieur Guy Akplogan me l’a promis.
Quand nous sommes rentrés à Cotonou quelques mois plus tard notamment le 1er dimanche du mois de février 2010, je me suis rendu compte que l’activité continuait toujours avec le même train. Nous étions partis sur la paroisse d’Akosombo de Zézoumè à Cotonou quand j’ai demandé la permission au pasteur Adéogun qui officiait d’aller voir mon frère Guy Akplogan avec certains cadres de l’église. Le pasteur m’a autorisé et j’ai pris avec moi certains hauts cadres de notamment Glèlè Valère, Jean Sènou Kokoyè, Hounmakpo Gabriel et bien d’autres. Et nous avions demandé à Guy de nous attendre que nous venions chez lui. Nous sommes allés chez Guy Akplogan à Calavi. Et j’ai pris la parole pour dire à Guy que le système de placement d’argent continue toujours et que ce n’est pas bien. Et qu’à l’heure où nous parlions ce jour-là, si tous les déposants venaient les voir pour prendre leurs sous, est-ce qu’il sera possible pour eux de les leur retourner pour se contenter des autres branches d’activités à savoir Icc bâtiment, Icc pastorale. Guy Akplogan nous a confirmé ce dimanche-là, que c’est possible. Il peut le faire et qu’il s’engage à le faire. Mais il a évoqué une situation. Il a dit notamment au moment où l’on parlait en ce premier dimanche du mois de février 2010, qu’il notait déjà une désarticulation du système et si on pouvait s’en tenir à sa base des données des déposants qui sont à lui, à la fédération, il a les moyens de les payer. Mais qu’à l’heure où il nous parlait, qu’il n’a pas les éléments des autres départements parce que ceux qui ont été nommés chefs de départements, se sont autonomisés et ne rendaient plus compte à la fédération. Je dis ça, c’est dangereux. Vous prenez l’argent des gens et il n’est pas possible aujourd’hui de dire qui a donné à la fédération. J’ai dit que nous allons nous employer pour qu’ils s’entendent pour gérer la chose. Nous avions rendu compte au Révérend Pasteur de ce que ses enfants qui prennent les sous des béninois ne sont pas en mesure d’assurer le paiement et que ce faisant, ce serait plus tard très grave.

Marcellin Zannou : « Je me suis opposé à ce que l’affaire prospère dans notre église »
J’ai demandé au pasteur, chef mondial, de les convoquer et de les mettre en demeure de s’unir pour payer ou rembourser immédiatement les déposants. Ça a été fait et le révérend pasteur les a convoqués à la plage de Sèmè pour leur dire que ce qui se passe entre eux n’est pas bon. Et quand on leur a donné la parole de s’expliquer, on s’est rendu compte que les sentiments qui les animaient était proches des sentiments de haine, l’un envers l’autre. On a vu qu’ils ne se portaient plus du tout et on s’est séparés à queue de poisson. Et là, j’en suis arrivé à la conclusion que cette histoire deviendrait très prochainement grave à gérer pour le pays parce que déjà en ce moment, il y avait de petits problèmes. Voilà donc à peu près ce que je sais et je dois tirer la conclusion pour dire que, oui, j’ai connaissance d’Icc à travers la Radio Alléluia Fm. Je me suis opposé à ce que l’affaire prospère dans notre église. Et ma mission dès que nous avions pris langue était de tout faire pour que les frères arrêtent l’histoire de placement parce que ça conduit à la désobéissance à Dieu. J’ai échangé plusieurs fois avec Guy Akplogan à ce sujet. Il a promis le faire, mais il s’est rendu compte que les conditions dans lesquelles ils travaillaient en ce moment, ne pouvaient pas lui permettre de le faire parce qu’il avait une désarticulation dans Icc-services. J’ai estimé qu’il fallait les réunir pour parler malheureusement, les problèmes qui étaient entre eux, étaient tels qu’ils ne pouvaient plus se mettre ensemble pour payer les déposants. Et ce qui devrait arriver arriva. Et aujourd’hui, nous sommes interpellés pour apporter ce que nous savons de cette histoire-là.

Si vous étiez visiblement un peu prompt contre ce système, est-ce que ce n’est pas en harmonie avec les aspirations religieuses de l’église et les vôtres ? Ou alors, soit parce qu’au regard de la description des activités à même de leur produire des fonds pour faire face à leurs obligations contractuel vis-à-vis de tous les épargnants ?
J’avoue que ma position était liée au fait que cette histoire de placement était de nature à conduire les fidèles de l’église à la désobéissance à Dieu. Pour le reste, c’est bien plus tard qu’ils m’ont expliqué ce qu’ils faisaient et comment ils le faisaient. Je ne connaissais pas en réalité ce qu’ils faisaient. C’est après qu’ils m’ont expliqué. Mais je ne suis pas rentré dans le pourquoi, où et comment ils le font. Je ne suis pas rentré au cœur de ce qu’ils font mais en écoutant les questions qui ont été posées à Guy Akplogan, il nous a rassuré qu’il est possible qu’il peut le faire. Ma préoccupation était de faire en sorte qu’ils arrêtent assez rapidement cette histoire de placement.

Sur quelle activité il insistait comme étant de nature à leur donner autant d’argent ?
Nous ne sommes pas allés dans ces détails. Ils étaient dans le bâtiment, dans l’agro- pastorale... Et moi, je leur ai dit, et ça c’est des conseils que je leur ai donné en son temps si vous abandonnez votre activité de placement d’argent, ça veut dire que vous aviez encore de la matière à gérer pour vous affirmer. Ce sont les conseils que je leur ai donné. L’objectif était donc essentiellement d’abandonner cette histoire de placement d’argent.

Zannou : « J’avais l’assurance qu’à long terme, ça ne peut pas fonctionner, j’en ai parlé à Akplogan.

Marcelin Zannou, vous êtes de l’Eglise christianisme céleste depuis votre naissance ?
Non, j’ai intégré l’église plus tard.

Aviez-vous reçu l’appel plus tard, par vous-même ?
Exactement, j’ai reçu l’appel plus tard.

Est-ce qu’en ce moment vous aviez connaissance des noms de ces trois accusés dont-on a parlé ?
J’ai été baptisé dans l’église le 10 septembre 1978. J’avoue que je n’ai entendu leurs noms qu’à la radio et ceci à partir de 2008. Avant, je ne les connaissais pas.

Ils n’étaient donc pas originairement de cette obédience religieuse ?
Je ne les connaissais pas. On ne se connaissait pas. Je ne sais pas où est-ce qu’ils étaient mais je les ai connus déjà à la radio en 2008 et plus tard, on s’est rencontré pour prendre langue.

Il semble qu’ils ont adhéré l’église plus tard dans ces années que vous évoquez. Est-ce que ça veut dire, que c’est pour avoir plus de personnes qu’ils ont adhéré à cette église ?
Je pense vraiment qu’ils sont les mieux placés. Je ne suis pas sûr. Je crois savoir si je ne m’en abuse, que la maman de Guy Akplogan devrait être de l’église. Je crois que les parents de Guy sont de l’église et il se fait que lui et ses frères sont de l’église. Je ne suis pas sûr qu’ils aient adhéré pour avoir de la clientèle. Je ne sais pas l’impression que ça donnerait.

De son vivant, est-ce que feu révérend Agbaossi a donné son onction sur les activités d’Icc-services ?
Aussi bizarre que cela puisse paraître, je n’ai jamais échangé de ce sujet avec le révérend pasteur Benoît Agbaossi en dehors de ce qu’au détour de nos réunions, j’ai eu à donner ma position. Donc tout ce que le pasteur avait à faire était en cours de semaine. Il y en a que je voyais à la télé. Mais en discuter à titre personnel avec lui, je ne l’ai pas fait.

Dites-nous l’état de l’église puisque les spoliés en grand nombre sont des adeptes du christianisme céleste. Est-ce qu’il y a un clivage profond aujourd’hui relativement à la crise d’Icc-services ?
J’avoue que j’échange très peu de ces choses avec les fidèles. Mais ce que j’ai noté est que ceux qui au départ n’avaient pas compris la position, lorsqu’ils ont été victimes de tout ce que nous savons, viennent se confesser qu’ils auraient dû m’écouter. Il y a eu des responsables qui ont pris les sous de l’église pour aller placer. Maintenant ça a créé des problèmes au sein de ses paroisses là. Est-ce que ces clivages demeurent jusqu’à aujourd’hui, je ne saurais le dire. Mais ce qui est sûr, en son temps, ceux qui pensaient qu’ils pouvaient prendre rapidement les sous de l’église et avoir des bénéfices et les remettre en place, ont eu le dos au mur. Ça a créé des problèmes sur les paroisses.

Il y a donc aujourd’hui une petite remontée de colère au sein de l’église ?
Non, je ne saurais dire qu’il y a cette volonté de colère. Mais les gens estiment toutefois si le problème est réglé qu’ils pourront entrer en possession de leurs fonds parce que tout ce qui se disait depuis qu’ils ont été arrêtés est de parvenir à rembourser ceux qui ont déposé leur argent. Peut-être que les gens vont encore nourrir cet espoir, peut-être que non.

Zannou Marcelin, vous êtes dans le pays très entreprenant, avec vos réflexions cartésiennes, est-ce qu’à l’évocation de ces activités par Guy Athanase Akplogan, cette activité peut-elle permettre de faire face à ces taux extravagants ?
Je lui ai dit que ce qui se passe est extrêmement dangereux. Mais il faut comprendre qu’à l’époque, le fait que les premiers qui ont déposé ont perçu rapidement les intérêts et plus tard le capital qu’ils se sont encore empressés de réinvestir les gens ont été convaincus par ces éléments et ils ont adhéré. Mais moi, j’avais l’assurance et étais convaincu qu’à long terme, ça ne peut pas fonctionner et j’en ai parlé à monsieur Akplogan.

C’était aussi bien une forme de publicité que l’appât ?
Absolument !

Lorsque nous sommes dans le secteur juridique, est-ce que vous pensez à une escroquerie ?
J’avoue qu’en matière de loi, les infractions sont définies de manière relativement bien claire. Et vous êtes bien placé pour interpréter les critères qui semblent être d’une infraction, je ne peux à votre place dire que c’est une escroquerie ou une autre chose. Permettez-moi de ne pas le dire parce que je n’ai pas devant moi les critères, les conditions qui définissent ces infractions.

Est-ce que d’une manière ou d’une autre, vous pensez que les épargnants sont dupés par les promoteurs ?
Il faut comprendre également comme j’ai eu à le dire, ils sont dupés, mais c’est les conditions sociales d’existences qui ont convaincu certains déposants qu’ils peuvent mordre à cet appât et ils l’ont fait. Aujourd’hui, ils en ont eu à leur gorge. Ils doivent prendre ça comme ça.

Même si vous manquez de qualificatif, est-ce que vous pensez que les activités d’Icc-services ne pouvaient pas avoir une bonne longévité ?
J’avais la certitude que le placement ne peut pas faire long feu et je le leur ai dit. J’ai fait mon effort pour convaincre Guy Akplogan de tout faire pour arrêter ça le plus rapidement et de se consacrer à leurs activités qui ne sont pas spéculatives pour s’affirmer. Mais le placement d’argent ce n’était pas bon. J’ai insisté et je l’ai dit à temps et à contre temps dans l’église et à l’occasion de l’enseignement que je donne et à tout venant. Je pense qu’a un moment donné, monsieur Guy Akplogan a fini par comprendre qu’il faut rembourser quand on était parti le rencontrer.

Marcelin Zannou, la crise de 2010 était-elle due à la colère de Dieu, ou c’est une crise qui provenait de l’incapacité du système, ou encore à ce fameux poisson d’avril du 1er avril 2010 provenant de la radio Wêkê ?
Je pense que le système en lui-même était déjà arrivé à saturation. Déjà, il y a des déposants qui se plaignaient de ce qu’ils allaient récupérer leurs sous et que ça ne marchait pas, qu’il fallait revenir le lendemain, alors que le paiement était déjà venu à échéance.

C’était en quelle année ?
C’était début de l’année 2009 et c’est tout ceci qui nous a fondés à aller rencontrer Guy pour lui dire d’arrêter cela et de payer ceux qui sont déjà en train de grogner. Nous l’avons fait parce qu’on a vu que le système est déjà arrivé à saturation. Ça c’est un fait, mais on ne peut exclure qu’il y ait d’autres circonstances qui ont précipité la situation.

Vous avez personnellement noté une cessation de remboursement déjà début 2009
Les problèmes existaient déjà de ce point de vue.

Si pour vous, l’activité n’est pas publique, est ce que moralement ou techniquement, ça peut tenir ?
Ça ne peut pas tenir

Pourquoi ?
Les taux qu’on paye sont des taux relativement très élevés et qui attiraient les gens. Alors comment ça peut se faire avec l’augmentation du nombre de déposant qui augmente ? C’est un système qui a des limites. Lorsqu’il y beaucoup de déposants dont les échéances arrivent à un jour J, les montants déposés ne peuvent pas couvrir les remboursements de ce jour-là. C’était évident que techniquement la publicité qui circulait partout suscitait une effervescence à l’époque pour gagner de l’argent. Lorsqu’on se rend compte que les déposants devenaient de plus en plus nombreux et les paiements d’échéance venaient également si par exemple un jour donné le montant déposé n’atteint pas ce qui doit être remboursé il y aura problème. Voilà un peu pourquoi je pense que techniquement, le système en lui-même portait déjà des germes de difficultés.

Est-ce que vous avez l’impression que les dépôts effectués par les derniers épargnants servaient à faire face aux tous premiers ?
J’ai l’assurance que c’est un système qui ne peut pas prospérer

Pour vous, avec les analyses, le début de l’essoufflement du système a commencé en 2009
Oui début 2009.

Le poisson d’avril de la radio Wêkê le 1er avril 2010, était-il de nature à consacrer la crise ?
J’avoue que je n’ai pas une connaissance directe des propos qui ont été émis par la radio Wêkê le 1er avril 2010. Mais c’est le mardi après le 1er avril que le journaliste est venu me voir pour s’expliquer. Ce qu’il m’a rapporté, je le dis sans preuve. Vous pouvez l’appeler demain pour qu’il vienne s’expliquer, c’est-à-dire Achille Gnonlonfoun. J’ai été pendant longtemps animateur sur l’émission religieuse de radio Wêkê. On a gardé de très bonnes relations et lorsque l’affaire est arrivée, il est venu me voir, très angoissé. Il m’a dit à la radio Wêkê le 1er avril au niveau de la rédaction, ils se sont entendus pour parler des placements d’argent et donner l’ultimatum et que lui était le porte-parole qui devait l’annoncer. Ce qu’il a fait et après, il s’est rendu compte que ça a créé beaucoup de problèmes dans la ville de Porto-Novo au point où déjà à 12h, il y avait des policiers qui sont venus à la radio certainement pour l’interpeller. Mais qu’ils n’ont pas pu l’interpeller et que le soir lorsqu’il rentrait chez lui aux environs de 23h, toute sa zone était barricadée par des Zangbéto qui ont également mis une barrière dans sa maison. Il a fallu qu’il s’en remettre à un sage du quartier qui a demandé 5000 Fcfa et une bouteille de liqueur. Ce qu’il a fait. Le sage du quartier est allé voir les Zangbéto pour qu’ils lèvent la barrière et qu’il rentre chez lui en attendant de le convoquer le lendemain pour se présenter au siège des Zangbéto et répondre de sa forfaiture. Il s’y était rendu effectivement accompagné d’un vieux. Et on lui a dit que pour avoir annoncé aux déposants de venir chercher leurs sous à Icc services, il a commis une infraction et qu’il doit être sanctionné par les Zangbéto. On lui a donné une liste d’objets à payer pour être libéré. Quand il a quitté là le lundi il s’est rendu au service le mardi où on lui annonça son licenciement. C’est là que l’un de ses collègues lui disait que ceux qui sont concernés par l’affaire en cours sont des frères en christ de Zannou, d’aller donc me voir pour plaider auprès de Issa Badarou pour ne pas être licencié. Ce que j’ai essayé. Je crois avoir appelé Guy pour solliciter leur pardon parce que le monsieur qui est venu me voir m’a dit qu’il est de bonne foi et que ce n’était pas une action orientée contre Icc-services. Je comprends que c’est grave ce qu’ils ont dit mais je sollicite leur pardon pour que les agents ne soient pas licenciés. Cependant, ça n’a pas prospéré. Ils ont été licenciés. Voilà un peu ce que je sais.

Pour vous, ce poisson d’avril a précipité les choses dans le résultat attendu certainement
Moi j’avais mon idée sur la chose. Je pense que ce qui a été fait à la radio Wêkê a porté un coup à l’ordre social. Ça pouvait générer une crise. Je pense de ce point de vue que ce n’était pas bien.

Les responsables d’Icc-services ont dit que si ce n’était pas ce poisson d’avril, ils respectent toujours leur engagement vis-à-vis des épargnants.
Bon, s’ils ont les moyens de le faire, peut-être qu’ils peuvent. Techniquement, le système peut s’essouffler rapidement. Les gens venaient de plus en plus déposer et en leur sein, il y a déjà une certaine désarticulation. Je pense que ce sont des éléments qui peuvent concourir à les fragiliser.

Monsieur Zannou est qu’Icc services avait l’onction du révérend pasteur Agbaossi ?
Il me serait difficile ici d’être affirmatif. Mais tout à l’heure quand j’étais rentré dans la salle, j’ai appris ici que le ruban a été coupe par le révérend pasteur Agbaossi. Ça je l’ai su tout à l’heure. Alors, si le révérend pasteur Agbaossi est allé couper le ruban pour inaugurer le siège, je pense que c’est une action de communication très importante qui pourrait déterminer beaucoup d’implications sans pouvoir dire qu’il donne l’onction à la chose.

Est-ce que vous faites partie du sacré collège du siège mondial ou du clergé du christianisme céleste, c’est-à-dire le pole décisionnel ?
Non. Dans l’église du christianisme céleste, le pole décisionnel c’est le conseil pastoral. Je n’en suis pas membre. Mais il y a d’autres instances au niveau de l’église comme le comité supérieur mondial qui prend les décisions du synode qui a lieu du 22 au 23 décembre de chaque année. Je suis membre du synode. Il y a la haute instance de l’église dont je ne suis pas membre. Il faut avoue que toutes ses structures ne sont pas impliquées dans histoire de Icc-services

Zannou : « Je ne suis pas sûr que l’église ait donné des orientations par rapport à une telle activité »
Ils nous ont déclaré ici qu’ils avaient les orientations de ces structures. Qu’en dites-vous ?
Je ne suis pas du tout au courant et j’avoue que ma position était très connue de toute l’église. Je ne suis pas sûr que l’église ait donné des orientations par rapport à l’activité. S’ils le disent, qu’ils apportent des preuves. Moi je n’ai aucune preuve pour dire devant une cour que les instances de l’église ont donné des orientations aux activités privées de ce type. Je n’ai pas l’assurance

L’instruction a révélé que Tégbénou à construit et consacré un temple à Malahoui pour le compte de l’église du christianisme céleste en se servant de la collecte des déposants. Cette consécration a connu la présence des autorités politico-administratives à savoir le ministre Zinzindohoué avec le pasteur Alokpo qui représentaient le président Boni Yayi. Le pasteur Agbaossi était là. Est-ce que vous en savez quelque chose ?
Oui, chaque dimanche le révérend pasteur feu Agbaossi fait le tour de trois à quatre paroisses. Il avait dit qu’on allait commencer par la paroisse de Malahoui. Mais ce n’est pas un nouveau temple qui a été construit. Je pense que le temple existait et ça été réhabilité si je ne m’abuse. C’est ce que nous sommes allés faire avec le révérend pasteur Agbaossi et je me suis rendu compte que généralement les temples sont construits par les fidèles. C’était ma compréhension des choses. J’ai vu tout ce ceux qui s’organisait et je me suis rendu compte que les maîtres des lieux ne sont plus les responsables de la paroisse. Mais je voyais monsieur Tégbénou très actif. Ce qui faisait croire que c’est donc lui le financier. Quand le ministre de l’intérieur est arrivé, je me suis rendu compte que ce n’est plus dans un champ normal.

Pourquoi les instances décisionnelles de l’église n’ont pas dénoncé ce comportement, c’est-à-dire le fait de prendre des sous provenant d’origine illicite pour construire et consacrer un temple pour Dieu ?
Ma position est restée constante. Je n’ai pas cessé de m’expliquer mais au niveau de l’église, j’ai souhaité qu’on la sépare en tant que entité de certaines personnalités qui à un moment donné ont accompagné. Je souhaite vivement, qu’il n’en soit pas ainsi, qu’on sépare l’église de certaines personnalités.

Donc vous confirmez que l’église n’a pas suggéré des activités à des privés même s’ils sont des frères en christ
Je n’ai pas eu connaissance de ce que l’église leur ait donné une orientation

Ludovic Dohou : « Les responsables de l’église se bousculaient à nos portes »

Vous nous avez dit ici que l’église du christianisme céleste suggérait des activités à travers des orientations. Par rapport à ce que monsieur Zannou a dit, qu’en dites-vous ?
Vous avez compris sa position. A lui seul, il ne peut pas comprendre tout ce qui se passait dans l’église. C’est vrai que ce que j’ai déposé ici est vraisemblable. Les responsables de l’église se bousculaient à nos portes. Il y avait de la constance. Nous avons été soutenus par le révérend pasteur Agbaossi. Le révérend n’est pas resté sans savoir ce que nous faisions. Nous étions sollicités par le révérend. Il a été la première autorité de l’église qui est venue donner l’onction à l’Icc services.

Monsieur Zannou, Vous êtes un officier des douanes, donc professionnellement aguerri à suspecter la fraude. Je voudrais demander si vous n’avez pas suspecté de fraude dans les taux prévus et surtout pourquoi ne pas avoir porté la dénonciation au niveau des autorités judiciaires, policière avec qui vous étiez ensemble ?
Il m’a été demandé pourquoi je n’ai pas porté plainte relativement aux taux qui étaient accordés. Je n’avais pas un intérêt à aller porter plainte personnellement.

Il s’agit de dénonciation
J’ai fait la dénonciation au niveau de mon église, jusqu’au bout. Ils en sont témoins. A un moment donné, je me suis employé à aider mes frères à quitter ce champ. Je pense que pour moi cette action était plus forte. Mais mieux, nous sommes devant une cour aujourd’hui. Je les ai combattus tout le temps. Je suis ici parce que Dieu a voulu que je sois là. J’accepte. Mais moi je me disais que convaincre mes frères à quitter ce champ était plus fort que porter plainte contre eux surtout qu’à l’époque, il y avait un emballement terrible par rapport à Icc-services. La bible nous enseigne que c’est à nous de juger le monde. Ce n’est pas au monde de nous juger. Il se fait qu’aujourd’hui, le monde, c’est-à-dire la justice des hommes, de l’Etat est entrain de juger des gens qui étaient appelés à juger le monde. C’est un peu dommage. Mais moi je ne peux pas cautionner qu’on dénonce. Parce que la dénonciation peut aboutir à une plainte. Je pensais que je pouvais régler cela de façon fraternelle. Je me suis employé à le faire tout le temps sans avoir gain de cause. Donc, je veux le faire devant la justice des hommes. Je prends acte et j’assume, mais moi je ne pouvais pas aller dénoncer quelque chose en dehors du cadre de l’église.

Est-ce que adopter cette posture que vous soutenez aujourd’hui n’est-elle pas interpréter comme une caution aux promoteurs d’Icc ?
Je comprends que vous n’allez pas faire cette interprétation que moi Marcellin Zannou, j’ai donné caution à cette activité. Je suis très formel que ce que je dis est retransmis sur la radio. Je suis convaincu que beaucoup de fidèles qui à l’époque ont su ma position diront que ce monsieur avait fait son travail. Peut-être qu’on n’avait pas compris. J’ai dénoncé et empêché que la publicité soit faite sur la radio. Tout à l’heure, Ahizimè disait qu’ils ont fait la publicité. Il n’y avait pas de publicité. Ils ont fait la publicité sur des affiches qu’on a tout de suite déchirées. Ils ont fait un projet de publicité. Quelqu’un allait parler en yoruba, d’autres en goun, en français ainsi de suite. J’ai fait arrêter tout ça. Les archives sont encore là. Si vous voulez, je vais vous les faire écouter toute de suite. Et pour moi, ça a créé un environnement d’inimitié. Vous imaginez je vais à l’église un dimanche et que je sois mal apprécié. Tout le monde me dit voilà l’ennemi. Il faut vivre pour comprendre ce que je dis. Mais j’ai tenu bon parce que je sais que je ferai le bon combat. Ce que la bible a dit depuis des siècles est dans une logique. Il y est dit que certains se sont égarés loin de la foi parce que ce n’est plus la foi et ils se sont lancés eux-mêmes dans bien de tourments. Nous sommes ici aujourd’hui dans les tourments.

Mr Marcellin Zannou, vous n’allez pas profiter de cette tribune pour faire vos prédications. Restez collé aux faits.
Je reste coller aux faits. Ces faits se retrouvent fort heureusement dans ce que la bible avait dit. Je le leur ai répété à temps et à contretemps depuis 2008. Permettez-moi, cette divagation pour que les gens puissent se rappeler ce que je leur avais dit et qu’on aurait pu éviter. Si Guy avait honoré l’engagement qu’il a pris, on n’en serait pas ici aujourd’hui.

Vous avez désapprouvé et dénoncé auprès de la hiérarchie de l’Eglise du Christianisme Céleste. C’est très bien. Mais il se pourrait que les victimes ne soient pas strictement dans cette église. Il y a beaucoup de gens qui ont souscrit. Alors est-ce que aujourd’hui tout au moins avec le recul du temps, on n’aurait pas pu circonscrire. Si vous aviez dénoncé à temps avec la même rigueur, puisque vous êtes officié de la République, est- ce que vous ne serez pas félicité pour ça ?
Mr le président j’ai dénoncé dans les commissions où je pouvais le faire et nous sommes dans une communauté religieuse. J’ai agi dans le cadre de la communauté religieuse et je pense que ce que j’avais fait en son temps était plus relativement fort peut-être que ça n’a pas prospéré pour arrêter à temps ce qui se faisait. Mais je pense que j’ai fait ce que je pouvais faire.

Alors que Icc-services s’est étendu à la République, si vous aviez fait votre travail tout le monde ne serait pas contaminé. Avec tous ces éléments est-ce que nous pouvons vous juger crédible dans vos dénonciations ?
Je crois avoir entendu dire que j’étais quelque part et que Tégbénou m’a dit que le Révérend pasteur Agbaossi est malade. Je vais vous l’expliquer. Le Révérend pasteur Agbaossi à un moment donné de sa vie a eu des problèmes de santé. Il faut avouer, à l’époque où il a été malade, je n’étais pas au pays. J’étais en mission à l’extérieur et j’ai été informé là-bas de ce que quelque chose se passe au pays. Et dès que je suis rentré au pays, le révérend pasteur avait déjà laissé les consignes de me conduire là où il est en vacances sanitaire. Donc on m’a conduit là où il était à Calavi, l’une des résidences de Mr Guy Akplogan. Et donc Guy Akplogan a logé le Révérend pasteur au 1er étage. J’ai vu son état qui était relativement très préoccupante. Je sais que le Révérend pasteur est un ami personnel du chef de l’Etat, depuis de très longue date. J’ai informé le chef de l’Etat, le président Yayi Boni pour être plus précis de ce que son ami le Révérend pasteur Agbaossi était malade. Alors il a souhaité le voir. Il m’a invité chez lui et je suis allé le chercher pour l’accompagner. C’était un dimanche et il avait invité un regroupement chez lui. Je vois que c’est ceux qui, priaient chez lui. Il y avait le pasteur Alokpo, le ministre de l’intérieur, un ensemble de personnalités qui étaient chez lui avec qui il m’avait embarqué pour aller voir son ami qui était malade pour lui faire son témoignage d’amitié. Mais je dois préciser à la vérité que là c’était chez Guy Akplogan (…)

Est-ce que vous craignez les représailles de votre grand frère Dansi qui était venu vous voir ?
Je sais qu’entre le révérend pasteur Dansi et moi, il y a eu des valeurs de respect. C’est très élevé. Je respecte le révérend pasteur et il me respecte pour ce que je suis. Pour ce qu’il sait que je suis par rapport à l’église, on se respectait beaucoup. Et c’est pourquoi je dis aussi bizarre que cela puisse paraître, lui et moi on n’a pas échangé sur Icc-services. Le jour où on a parlé de Icc-service, c’est lorsque on s’est retrouvés devant lui avec mes frères et après que j’ai demandé à la radio de suspendre les émissions et que je n’ai rien contre eux. Lorsque nous avons échangé avec le révérend pasteur, il a répondu à la radio que le temps promet. Je pense certainement qu’il y avait des portes d’entrée au révérend pasteur et ça c’est normal. Tous les fidèles sont allés le voir pour pouvoir porter leur préoccupation mais il est évident que lui et moi, on n’échangeait pas. J’ai maintenu ma position. J’étais ferme là-dessus. Il le savait mais lui et moi on n’échangeait pas sur ces choses-là.

Qu’est-ce que vous avez eu avec le révérend père ?
Vous savez, avec le révérend pasteur Agbaossi, ce qu’il nous disait dépassait le champ de fidèles et il me considérait comme un enfant. Je pense que du fait de l’enseignement de l’église, du fait de la doctrine de l’église qu’il y avait avec le pasteur Agbaossi et moi je ne suis pas sûr que ça puisse aller au même degré.

Mr Zannou, vous avez utilisé le vivier céleste pour vous faire élire, Guy Akplogan également a utilisé ce vivier pour lancer Icc-service.
Merci Mr le président, Je voudrais confirmer ici de façon très solennelle que je n’ai pas utilisé le vivier céleste pour me faire élire, jamais. Je me suis fait élire parce que nous avons mis en place une organisation. Beaucoup le disent aujourd’hui mais nous, on avait mis un dispositif et ce n’est pas nécessairement de l’église, nous avons travaillé avec des gens qui ne sont pas de l’église mais avec qui nous avons des relations

C’est Guy Akplogan seul qui a utilisé le vivier céleste pour lancer Icc-services ?
Je ne peux pas le confirmer mais il peut le faire lui-même.

Les débats ont révélé tout à l’heure que l’église a lancé l’activité. Quand on parle de vivier, est ce que les fidèles de l’église, les déposants, étaient les plus nombreux, les premiers ?
Est-ce que les fidèles étaient les plus nombreux, je ne sais pas. En tout cas ils pourront témoigner. je n’ai pas de chiffre pour le confirmer.

Est-ce que par hasard vous êtes membre d’une commission ? Nous avions appris aussi que les perquisitions ont été opérées au domicile des accusés dans leur ferme… Est-ce que vous avez eu connaissance de l’étendue de ces biens ? Je vais vous dire que c’est vous qui avez transmis la liste des biens à l’un des présidents de la commission.
Le journaliste est allé vous voir. Vous savez que vos frères en christ sont en difficulté et vous avez pris la décision d’aider ce journaliste à régler sa situation vis-à-vis du promoteur de radio Wêkê. Est-ce que, à un moment donné, à l’examen de cette sollicitation, et vous référant au passage biblique que vous avez abondamment cité, vous avez pensé au sort de vos fidèles que sont Tégbénou, Guy Akplogan ? Est-ce que vous avez pensé à ce que ce poisson d’avril pourrait leur coûter ?
Merci le président. J’ai pris bonne de toutes vos questions. A la question de savoir si j’ai été membre d’un comité pour gérer l’après crise. Au niveau de l’église, il n’y a pas de comité qui ait été créé. Je crois savoir plus tard qu’au niveau de l’Etat, il y a une commission qui a été créée pour gérer la crise. Je ne suis pas membre de cette commission. Je n’ai pas non plus d’information sur l’origine de cette commission. La réponse tout à l’heure pour une question va révéler comment cela a été fait. Vous avez demandé s’il y a eu des perquisitions et s’il y a eu des biens recensés. Je ne suis pas de ceux qui ont fait les perquisitions et je ne connais pas les biens qui ont été recensés de façon générale. Par contre vous avez dit que j’ai transmis en comité une liste de biens. Oui. En juin 2010, un dimanche matin, j’ai reçu un appel du chef de l’Etat qui, l’air très désemparé, m’expliquait qu’il y a eu soulèvement de la population, en ce qui concerne l’affaire Icc-Services, mais qu’on ne voit pas les promoteurs de ladite structure pour aller régler les problèmes, et qu’il semble qu’ils sont mes frères en Christ. J’ai dit : ‘’Oui. Ils sont mes frères en Christ’’. Et il dit : ‘’Dites-leur de sortir pour aller régler le problème pour éviter un soulèvement populaire. J’ai dit au Président : ‘’je n’ai plus le contact direct avec Guy, mais j’ai un frère en Christ à Calavi que je pourrais inviter à nous aider à lui transmettre le message’’. Il dit : ‘’Dis leur qu’on va passer un communiqué pour les inviter. Il faut qu’ils viennent dire à l’Etat comment ils vont s’arranger pour payer les gens’’. J’ai donc appelé le frère Soumaho Gabriel qui a pu transmettre la commission à Guy Akplogan et m’a dit que dans l’après-midi, Guy allait m’appeler pour avoir des précisions sur le sujet. Effectivement, quelques temps après, on a lu à la télé un communiqué qui appelle Guy et son équipe au ministère de l’intérieur. Guy, dans l’après-midi, m’appelé pour savoir ce qu’il en était. Je lui ai dit que le Chef de l’Etat s’inquiète de ce qu’il y ait soulèvement et de passer payer les gens. Il a dit qu’il n’y a pas de problème et qu’ils vont se rendre à l’invitation. C’était donc un lundi. Lorsqu’ils sont allés au commissariat, il semble qu’on aurait rendu compte au chef de l’Etat qu’ils ont des difficultés de trésorerie. Le chef de l’Etat m’appelle et dit qu’il veut qu’il paye les gens aussitôt. Après cela, j’ai invité les cadres juridiques avec qui nous travaillons. J’ai invité notamment Valère Glèlè, Jean Kokoyè, Barnabé Houéssou, Soumaho Gabriel. Puisque le Chef de l’Etat qui nous a demandé de passer le voir ce jour-là à 11 heures au palais. Le mardi matin, nous nous sommes rendus au commissariat central et aller dire à Guy que ce qui importe aujourd’hui, c’est de payer les déposants. C’est là que, de façon spontanée, Guy Akplogan a pris une feuille et m’a listé un certain nombre de biens et leurs valeurs. Il en avait une idée bien précise. Et je me suis rendu compte qu’il est très honnête par rapport à ces choses. C’est ce document de Guy Akplogan que j’ai porté au Chef de L’Etat à 11 heures. Et quand je lui ai remis cela, il l’a confié à sa secrétaire particulière pour qu’elle puisse le saisir. Et le Chef de l’Etat me demandait de revenir le soir à 19h heures. Quand je suis retourné au palais à 19 heures, j’ai vu qu’il avait déjà convoqué un certain nombre d’autorités. Il faut avouer que je ne connaissais pas très bien tout le monde. Je sais qu’il y avait le procureur Amoussou, le responsable de la Bceao et de ministres. Il a expliqué : ‘’Il faut qu’on s’arrange pour payer le plus rapidement possible les populations. Et voilà une liste de biens de M. Guy Akplogan. Il y aura certainement d’autres biens de Tégbénou qui vont s’ajouter. Il a donc transmis le document et a dit séance tenante qu’il transforme le groupe de personnes en commission pour gérer la crise. Donc, on nous a donné rendez-vous pour le lendemain au ministère du développement. Quand on s’était retrouvés là-bas, les échanges m’ont fait comprendre que je n’avais pas de rôle à jouer au sein de cette commission et je me suis retiré. Certainement, plus tard, ils ont sorti un décret pour créer la commission. Je n’ai plus jamais été invité pour participer aux travaux. Voilà un peu comment une liste a été transmise au chef de l’Etat, voilà comment le Chef de l’Etat a créé la commission pour payer au plus pressé les populations.
En ce qui concerne le journaliste qui est venu me voir, il faut avouer qu’à l’époque, je n’avais pas eu une connaissance très précise que les gens rendent une telle boutade, cela aura des conséquences graves sur le terrain. J’avoue que je n’avais pas mesuré que cette boutade pouvait faire chuter l’activité de Icc-Services. Mais ce que j’avais voulu faire, c’est que j’avais reçu un ami qui était sous la menace de la police, des Zangbéto sous la menace de se faire licencier. Il fallait donc l’aider à ne pas se faire licencier. Il fallait donc solliciter le pardon et parler à son patron. Mes tentatives étaient vaines et il a été licencié plus tard. Ce que j’ai voulu faire c’était d’aider un ami un ami en difficulté.

Zannou : « ce n’était pas bienséant pour moi d’aller porter plainte contre des frères »
Nous vous avons écouté. Parfois, on a l’impression que vous ne dites pas tout. Sur un premier point, c’est de savoir pourquoi n’avoir pas dénoncé les responsables d’Icc-Services à l’époque aux autorités judiciaires. Surtout que vous aviez dit que vous aviez la conviction que c’était une activité dangereuse, qu’ils prenaient l’argent des Béninois. Donc, vous saviez que ça devait capoter. Pour ne pas entreprendre une action efficace, puisque vous avez dit que vous avez préféré gérer cela au sein de l’église et vous n’avez pas obtenu gain de cause. Vous avez demandé à M. Tégbénou de stopper et il ne l’a pas fait. Pourquoi ne pas engager une procédure judiciaire pour sauver vos frères en Christ et les Béninois dont vous avez parlé ? Vous avez dit qu’il vous est arrivé de mettre en garde des épargnants, notamment au cours de vos enseignements. Pourquoi ne vous ont-ils pas écouté ? Ensuite, vous avez parlé du système. J’aimerais que vous reveniez sur votre compréhension du système. Vous êtes informé de ce que les responsables d’Icc Services soutenaient les activités de votre église. Vous-même avez participé à certaines activités d’Icc Services. Et toutes ces actions ont été effectuées sur la base du système financier mis en place par eux et que vous avez déjà délaissé. Quel est votre point de vue sur la question selon laquelle l’argent des déposants a servi à financer les activités de votre église ?
La première question était pourquoi n’avoir pas dénoncé les responsables d’Icc-Services aux autorités judiciaires. C’est une question de conviction. En empêchant de faire la publicité au niveau de la radio, en disant à ceux qui veulent bien m’écouter que ce système les conduit à désobéir à Dieu, j’étais convaincu que cette action vaut mieux que l’action en justice. Ce n’était pas bienséant pour moi d’aller porter plainte contre des frères sur des problèmes auxquels je pense mener des actions qui peuvent mettre fin à cela. Je pensais à l’époque que l’action qui consistait à empêcher une communication à la radio serait la meilleure. Secundo, vous avez dit que, malgré mes mises en garde, les déposants se sont entêtés. A un moment donné, on se rend compte que c’est la condition sociale qui détermine la conscience. Les gens étaient dans des situations. Quand ils se rendent compte que tel a déposé et qu’il est allé chercher le triple de ce qu’il a déposé trois mois plus tard. Je pense que cette condition sociale a pris le dessus et a forgé chez les gens une conscience. Il faut reconnaître que ce n’est pas tout le monde. Mais il y a une majorité qui a cru, qui ont déposé et qui ont mordu à l’appât. Donc, c’était une question de conscience forgée par la condition sociale des gens.
Vous avez parlé de système. Il faut avouer que c’était ma compréhension quand j’écoutais les uns et les autres par rapport à ce qui se passait. Les gens vont déposer, ensuite l’argent tourne. On prend l’argent des uns pour payer les autres. Ça peut ne pas être le cas, mais j’avais la conviction que c’est comme cela que cela se passait. Et je me suis rendu compte que, techniquement, lorsque les dépôts ne convenaient pas aux échéances de paiement, il pourrait y avoir rupture.
Vous avez dit qu’ils construisaient des églises, que certains dignitaires se bousculaient à leur porte, que nous avons participé à l’inauguration d’une église. Je ne sais vraiment pas combien de temples ils ont construits. Tout ce que je sais, en ce qui concerne la paroisse de Malanwi, c’est que ce temple a été réhabilité. Et quand nous allions à l’inauguration, j’ai vu l’environnement, j’ai compris que M. Emile Tégbénou a joué un grand rôle dans la réhabilitation de ce temple. Et les discours des uns et des autres ont commencé par le révéler, ce qui me mettait un peu mal à l’aise. Secundo, ils ont créé également une paroisse à Calavi où ils étaient ensemble avec leurs fidèles. Et comme toutes les paroisses, lorsqu’une paroisse célèbre une fête de la moisson, et que le révérend pasteur doit se rendre sur cette paroisse, il y a une chorale qui nous suivait pour toutes les paroisses chaque dimanche. Et chaque dimanche, on allait sur 3 ou 4 paroisses. S’il y a une fête de la moisson et qu’ils invitent le chef de l’église, moi-même je le suis. Pour ceux qui se bousculent à leur porte, je sais que beaucoup de devanciers vont là-bas pour aller solliciter leur générosité. Je sais aussi que beaucoup vont là-bas pour se remplir les poches.

Procureur Togbonon : « Les banques ont été plus ou moins défaillantes »
De 2006 à 2010, les Banques béninoises étaient à la recherche de la clientèle. La preuve, la loi 2006-14 du 31 octobre 2006 n’a pas fait l’objet de vulgarisation. Il est bien vrai que nul n’est censé ignorer la loi, mais les banques avaient l’obligation d’amener leur personnel à la maîtriser, surtout ceux qui sont au comptoir et autres. Mais vous allez voir que ce sont les contrôleurs internes qui ont reçu des formations. Nous sommes en train de comprendre. Nous irons davantage pour creuser. Les banques ont été plus ou moins défaillantes. (…)

11-01-2019, La rédaction


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