Quelles approches de solutions pour une sortie de crise au Bénin : Par Iréné Josias AGOSSA, Président du Parti Restaurer La Confiance (RLC)

Adrien TCHOMAKOU 17 juin 2021

Envisager des solutions à la crise politique actuelle dans notre pays, passe d’abord par un préalable nécessaire qui consiste à poser le diagnostic de la situation que nous vivons. De mon point de vue, l’origine des tensions réside dans le modèle politique, économique et social mis en place par le régime de la Rupture depuis cinq ans maintenant.

Au plan politique, nous sommes passés d’un Etat de droit à un Etat de lois, tel que nous l’avons dénoncé durant la dernière élection présidentielle. Certes, au sein de notre formation politique, Restaurer La Confiance (RLC), nous avons toujours choisi de respecter l’Etat des lois et de nous conformer aux textes en vigueur pour essayer de les changer à travers la voie des urnes.
C’est ce que nous avons fait durant la dernière campagne électorale présidentielle jusqu’à notre transformation récente en parti politique au Congrès constitutif du 12 Juin dernier à Bohicon. Mais il n’en demeure pas moins que nous ne sommes pas d’accord avec ces choix politiques du pouvoir actuel qui s’accompagnent d’un modèle économique fait d’inégalités et qui engendre davantage de fractures sur tous les plans.
Le modèle économique et social en vigueur a échoué au point où le président même dans son discours d’investiture le Dimanche 23 Mai dernier à Porto-Novo a promis un mandat hautement social. Mais cela semble être mal parti, d’autant plus qu’il a reconduit la même équipe gouvernementale. Comment changer de modèle social avec la même équipe ?
Cela est d’autant moins évident que globalement l’adhésion à son action se fait à travers la contrainte et l’utilisation de la puissance publique. Le peuple ne se retrouve pas. Il faut que le président change de cap et de style en suscitant l’adhésion du peuple à son action, à travers la confiance. Il doit pour cela changer d’équipe, par exemple. Une équipe qui l’accompagne pour impulser un modèle économique et social qui mette l’accent sur l’émergence d’une classe moyenne.
Cela passe par la prise en compte majeure du fait que notre pays est un Etat stratégique pour les services et le transit, en raison de sa proximité avec le Nigeria et les pays de l’hinterland. Il faut donc des réformes qui optimisent le bénéfice de cette position ce qui suppose une reprise intégrale et rapide des activités avec le Nigéria.
Je propose également une refonte de la libéralisation du secteur des hydrocarbures qui apporte de nouvelles ressources financières à l’Etat. Il faudrait aussi une baisse de la pression fiscale en vue de relancer la consommation. Il faudrait également prendre des mesures d’urgence pour faire face à la cherté de la vie actuelle.
Enfin au plan politique, je plaide pour un retour au dialogue qui se conduit à travers deux canaux. Tout d’abord la clarification des postures et des enjeux au sein de l’opposition. C’est pourquoi je réclame les Assisses de l’opposition pour
que les formations politiques en désaccord avec le régime puissent se retrouver pour un exercice de dialogue et de définition des stratégies et lignes d’actions pertinentes en cohérence avec notre combat pour un retour à l’Etat de droit dans le respect des lois et règlements en vigueur dans notre pays en l’état actuel des choses. Non pas pour un unanimisme dans les lignes, mais chacun dans sa différence et dans sa vérité politique, pour l’intérêt de la Nation.
Le deuxième axe c’est la réconciliation entre le président actuel et les anciens présidents de la République vivants, à commencer par le Président Nicéphore Dieudonné SOGLO. Je souhaite que le président Patrice TALON rencontre son prédécesseur Post-Conférence Nationale, pour des échanges politiques et humains dans l’intérêt supérieur de la nation. Cela permettra à coup sûr une sortie de crise et cela ouvrira les portes d’un dialogue politique plus global et plus inclusif au plan national.
A mon avis, ces deux actes politiques qui peuvent avoir lieu à très court terme, sont des pistes idoines qui nous permettraient une sortie de crise, en vue d’envisager pour 2023 des élections législatives apaisées ainsi qu’un retour progressif à l’Etat de droit.
Cela suppose aussi un jugement rapide des personnes inculpées dans le cadre des violences électorales récentes à travers des procès publics et médiatisés pour une transparence totale de la procédure.
C’est la seule voie pour assurer la concorde nationale dans notre pays et un contexte démocratique respectable, dans une concurrence politique saine qui garantisse la construction d’une Nation moderne dans les années à venir.
Réalisé par Adrien TCHOMAKOU





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