Réformes et gouvernance du Bénin : Des sillons pour la culture du développement

Angelo DOSSOUMOU 23 septembre 2021

C’est peut-être une impression. Mais cela à tout l’air d’un deuxième ‘‘Nouveau départ’’ pour la course au développement du Bénin. Depuis quelques jours, ces sillons tracés à grande vitesse par le président Patrice Talon augurent d’un lendemain prometteur. Cent jours d’observation et la nouvelle cadence pour le reste du second mandat se danse avec de nouvelles réformes très spécifiques. Evidemment, dans un pays sans ressources minières, il est impossible d’atteindre l’objectif de développement à moins non seulement de complètement fermer toutes les failles qui favorisent la corruption mais aussi de préserver un climat de paix. Sur ces deux axes, il va sans dire que l’actuel locataire de la Marina a mis le pied sur l’accélérateur.
En effet, pour l’enracinement de la paix, il fallait que chaque camp sorte de sa bulle et sans hypocrisie, que toutes les tendances politiques se donnent la main dans l’intérêt du Bénin. Après la rencontre au sommet hier entre Patrice Talon et son prédécesseur Boni Yayi, il ne reste que la bonne foi des uns et des autres pour que véritablement les efforts de réconciliation se poursuivent et favorise le développement tant attendu du Bénin. Car, la paix ne s’arrête pas seulement aux deux amis devenus, entre-temps, des ennemis jurés. Elle concerne également la société civile avec respectivement les médias, les syndicats, les Ong et tous les partis politiques sans exception. En un mot, dans la démarche d’un dégel total, toutes les Forces vives doivent pouvoir dire leurs récriminations et jouer leur partition. Pour l’instant, il n’en est encore rien. Mais, le pas posé hier au palais de la Marina ne demande qu’à être renforcé et soutenu.

"La paix et le pain", il n’y a pas mieux !
Ce qui est certain, quand la quiétude est et que comme le faisait remarquer le roi Guézo, tous les Béninois viennent boucher de leur doigt, la jarre trouée, elle pourra contenir l’eau qu’il faut pour étancher notre soif. D’ailleurs à l’analyse, c’est cette logique d’amener chaque Béninois à travailler à boucher la jarre trouée et non d’en créer d’autres, qui sous-tend l’intransigeance de Patrice Talon à combattre les prévaricateurs des caisses de l’Etat. A ce sujet, il est à remarquer qu’après les réformes visant la refonte des textes régissant le fonctionnement des Directions générales des Douanes, de la Police républicaine et des Eaux, Forêts et Chasse, Patrice Talon n’a pas tardé à agir pour plus de rigueur. Dans la perspective d’une gouvernance optimale et de la lutte farouche contre la corruption dans cette corporation, la trouvaille au dernier Conseil des ministres est Alain Hinkatin. Et, il faut s’attendre qu’au niveau des autres directions, il en soit ainsi. Mais, pour une solution efficace contre la prévarication, ne crions pas vite victoire. Seul le temps nous dira si c’est le meilleur antidote surtout en ce qui concerne le mécanisme pour empêcher les disciples de Saint Mathieu de s’en mettre plein les poches.
Toujours dans la dynamique d’obtenir de bons résultats dans la gouvernance du Bénin, Patrice Talon a pris le soin de diagnostiquer ce qui mine le développement à la base. A l’arrivée, la pilule prive désormais les maires du privilège d’ordonnateur du budget des communes et la composition du Conseil de supervision oblige à la retenue en ce qui concerne des actes contraires à l’orthodoxie financière. Là encore, il s’est agi d’éviter une gestion opaque et de maximaliser l’investissement du contribuable à tous les niveaux. Cependant, toutes ces réformes et ces verrous dans la gouvernance des structures d’Etat et des communes n’auront aucun sens sans le vote des lois claires et sans ambiguïté. C’est pourquoi, ce jour devant les députés qu’il rencontre, Patrice Talon sollicitera certainement leur accompagnement dans la mise en œuvre de ses ambitions pour le Bénin de demain. A lui seul, il ne pourra jamais y arriver.
Alors, dans l’intérêt du Bénin, tous les patriotes doivent se sacrifier et mettre la main à la pâte. Dès lors que la finalité, c’est le développement, autant laisser les manteaux caricaturaux de mouvanciers béni oui oui et d’opposants radicaux pour mettre le Bénin sur orbite. Enfin, quand il y a la paix, que la justice est la même pour tous et que la prospérité est bien partagée, moins il y a de guerres d’égo. Sur ce chemin, Patrice Talon a intérêt à conduire son peuple. Autrement, ces sillons de paix et de réformes afin d’optimiser la gouvernance resteront sans plants et sans grains et ce serait dommage.





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