Rencontre entre Talon et la conférence des présidents de l’Assemblée nationale : Convergence pour la décrispation du climat politique

Arnaud DOUMANHOUN 18 octobre 2019

Tout pour la décrispation. Patrice Talon affiche sa bonne foi. C’est le moins qu’on puisse dire après les échanges entre le chef de l’Etat et la conférence des présidents de l’Assemblée nationale, une séance élargie ce 17 octobre, aux présidents des commissions permanentes. L’homme du nouveau départ est visiblement pressé par l’envie d’un retour à un climat sociopolitique des plus apaisés. Après le dialogue politique tenu du 10 au 12 octobre derniers au Palais des congrès de Cotonou, Patrice Talon a entrepris des échanges avec les parlementaires pour qu’au-delà de la responsabilité du gouvernement dans la mise en œuvre des recommandations issues de ces assises, l’Assemblée nationale, l’institution qui y a tout aussi un grand rôle à jouer, puisse assumer la sienne.
« Ces recommandations participent à la consolidation de la Concorde nationale. Leur mise en œuvre effective appelle l’intervention de la représentation nationale. C’est pourquoi je vous prie de voir dans ma démarche un plaidoyer qui appelle votre responsabilité historique », a déclaré Patrice Talon.
Il faut noter qu’au cours de ces assises, le chef de l’Etat a mis un accent particulier sur les recommandations consensuelles contenues dans la synthèse du rapport ayant sanctionné la fin des travaux du dialogue social, notamment l’organisation des partis politiques, l’organisation des élections, une meilleure présence des femmes dans les instances de décision, le statut de l’opposition et les mesures d’apaisement politiques liées aux événements des mois d’avril, mai et juin 2019.
Au terme de cette rencontre à laquelle ont pris part au total 13 députés pour le compte du parlement, dont le président Louis Vlavonou et trois pour celui de l’exécutif à savoir les ministres de la justice et de la communication, Sévérin Quenum et Alain Orounla, les deux institutions se sont accordées sur quelques points essentiels. « Il est apparu que la mise en œuvre des recommandations appelle des mesures de nature législative dont une loi d’amnistie, s’agissant des événements des mois d’avril, mai et juin 2019 relatifs aux élections législatives. A cet effet, un comité d’experts constitué du Facilitateur du Dialogue Politique et de ses Rapporteurs auxquels vont s’adjoindre trois (3) personnalités désignées par le Bureau de l’Assemblée nationale et deux (2) désignées par le Président de la République, sera chargé de la formulation technique des recommandations du Dialogue ». Telle est la substance du communiqué final, lu par le ministre Alain Orounla. A en croire le président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou qui s’est confié aux médias au terme de la rencontre, les choses iront très vite au parlement. Un pas vient d’être franchi sur ce chantier de décrispation de la tension politique.





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