Retrait des réserves de la Bceao du trésor français : Talon reçoit du soutien, des dirigeants attentistes

Fulbert ADJIMEHOSSOU 12 novembre 2019

Fibre de panafricanisme, engagement pour la souveraineté. Le débat est relancé à nouveau sur la question du CFA en Afrique francophone. A la suite du Président Talon, c’est le Président Idriss Deby qui s’invite. Au cours d’un entretien sur Afrique média TV, ce dernier se pose la question de savoir si c’est « notre monnaie ou la monnaie de la France ». De toute façon, le Président Tchadien appelle à ce que les accords monétaires liant les pays de la zone CFA à la France soient revus. « On doit aller tout droit au but : il faut refaire les accords, il faut remettre en cause les accords monétaires. C’est tout », a-t-il insisté. L’enjeu est donc clair : mettre fin à ce compte d’opération qui selon lui, « n’a aucun sens ». « Je pense que la France est un pays démocratique qui a une tradition de justice. L’injustice a trop duré, il est temps que le dialogue commence avec la France pour clarifier les choses, pour nous permettre à nous d’avoir notre souveraineté monétaire ».
Le dirigeant Tchadien rejoint donc le Président Talon qui dans son entretien sur RFI veut qu’il n’y ait plus de compte d’opération et que la Bceao ne garde plus une partie de ses réserves de change auprès du trésor français. « Les réserves seront gérées dans les diverses banques centrales, américaines, chinoises, japonaises, canadiennes et autres. La Banque centrale des pays de l’Uemoa va gérer la totalité de ses réserves de devises et va les répartir auprès de ses diverses banques partenaires dans le monde », a souligné Patrice Talon, qui tient à ce que le modèle actuel prenne fin pour laisser croire à la vision de ces pays de leur monnaie.

Impossible union
La France pose d’ores et déjà une condition à la réforme annoncée par le Président Béninois. « Nous restons ouverts à une réforme ambitieuse du franc CFA. Il y a une condition et elle est impérative, c’est que la proposition vienne des États membres de la zone franc », a souligné Bruno Le Maire pour qui « ce n’est pas à la France de faire des propositions ou d’imposer quoi que ce soit ». Mais cette proposition pourrait souffrir d’un défaut d’unanimité dans le rang des 14 pays (huit en Afrique de l’Ouest et six en Afrique centrale) qui utilisent toujours le franc CFA comme monnaie officielle. Certains dirigeants ne sont pas prêts à y renoncer. Le Sénégalais Macky Sall pense qu’il serait extrêmement grave de sortir précipitamment de cette monnaie coloniale. La position du Président Ivoirien est aussi connue. Lui qui n’hésite pas à prendre la défense d’une monnaie, dit-il, stabilisante. « Elle est solide, elle est appréciée, elle est bien gérée », avait-il fait remarquer en mettant en avant les taux de croissance des huit pays de l’Afrique de l’ouest qui l’utilisent.





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