Scrutin du dimanche prochain : Des législatives à l’allure d’une présidentielle

4 janvier 2023

Le schéma est désormais clair. Dans les urnes dimanche prochain, un nouveau chapitre de la bataille politique qui, depuis des lustres, oppose Talon à Yayi s’écrira. Si d’aucuns avaient pensé qu’entre les deux personnalités, la hache de guerre était définitivement enterrée, il suffit de voir l’ancien président Boni Yayi descendre dans l’arène aux fins de mobiliser les foules pour le compte du parti politique dont il est le président d’honneur pour se rendre compte que l’heure de la prolongation du match de la présidentielle de 2016 a sonné. Evidemment, pour une revanche à prendre sur l’actuel locataire de la Marina, ce ne sont pas les raisons qui manquent à l’ancien président Boni Yayi. Déjà, non seulement à cause de son successeur Patrice Talon, il n’a pas pu faire élire son dauphin Lionel Zinsou en 2016, mais aussi, les partis Fcbe puis ‘‘Les Démocrates’’ ont fait face à des réformes électorales qui, en 2019 et en 2021, les ont écartés des courses à la conquête du Palais des gouverneurs et de celui de la Marina.
Désormais, avec les législatives du dimanche prochain, une aubaine très politiquement stratégique s’offre à Boni Yayi pour, comme il aime si bien le faire, montrer des muscles et faire comprendre à ses détracteurs qu’il a toujours droit de cité au Bénin. Seulement, cette fois-ci, en face de Boni Yayi et de son camp, il y a des partis de la mouvance divisés et un Président de la République qui, sans aucun doute, aura du mal à répliquer à son prédécesseur en faisant de même sur le terrain. D’ailleurs, la recherche des 10% exigibles avant de pouvoir prétendre à la répartition des sièges est si forte qu’aucun cadeau ne se fait entre l’UP-R et le BR sans oublier les partis satellites que sont Moele-Bénin et l’UDBN. Dans l’incapacité, avant l’entrée en jeu de ‘‘Les Démocrates’’, de tous fusionner en un seul parti à cause certainement des pesanteurs sociologiques qui couvent des guerres de leadership et même d’aller de façon circonstancielle en alliance, la mouvance laisse trop de brèches à l’opposition radicale. Et comme on pouvait s’y attendre, Boni Yayi et les siens ne se gênent pas pour les exploiter.
Certes, il y en a qui, suite aux récents tête-à-tête entre Patrice Talon et Boni Yayi, avaient assuré que, dans la perspective des législatives apaisées, c’est de bons augures pour voir les deux adversaires politiques rester au-dessus de la mêlée. Mais si vraiment, il en avait été question dans les échanges, il y a lieu de tirer la conclusion qu’une fois encore, en politique, les promesses n’engagent que ceux qui y croient. En somme, la donne Boni Yayi en croisade à Kétou, Savè et autres pour ‘‘Les Démocrates’’ donne du piquant à une campagne électorale terne jusqu’ici. Mais, avec ce chapitre d’une adversité qui s’ouvre, le danger n’est jamais loin. Alors, il est à espérer qu’au-delà de l’enjeu, au soir du 8 janvier et au cours de la période post-électorale, chaque parti et ses militants sachent raison garder. Enfin, la démocratie doit être une fête et il est temps que le couteau cesse définitivement d’être remué dans la plaie. Assurément, c’est dans l’intérêt de tous.





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