Session budgétaire de l’Assemblée nationale : L'occasion pour les députés de relever le premier défi de la 8ème législature

Karim O. ANONRIN 7 octobre 2019

Depuis l’installation de l’Assemblée nationale, 8ème législature, ses membres sont traités à tort ou à raison de tous les noms. Ceci, à cause des circonstances de l’organisation des élections législatives du 28 avril 2019 qui les a consacrés. Plus précisément, beaucoup reprochent à ce Parlement de ne pas être véritablement représentatif du peuple non seulement parce que les partis d’opposition n’ont pas pris part à ces élections, mais également parce que les deux partis représentés à savoir le Bloc Républicain et l’Union Progressiste sont ceux créés avec la bénédiction du Chef de l’Etat, le président Patrice Talon, pour soutenir sa politique de développement et son programme d’actions. Il ne se passe plus un jour sans des questionnements sur la légitimité du Parlement ou sur sa capacité à relever les défis qui se dressent devant lui. Au nombre de ces défis, il y a évidemment la reconquête de la confiance du peuple que d’aucuns disent qu’il y a désormais comme un désamour pour l’Assemblée nationale. Même des questionnements fusent dans le rang des députés eux-mêmes. Malgré toute cette situation, l’institution, sous l’impulsion du président Louis Gbèhounou Vlavonou, s’efforce à jouer son rôle de législateur même si pas grand-chose n’est encore fait sur le plan du contrôle de l’action gouvernementale. Les lois sont régulièrement votées, les missions de représentation sont régulièrement effectuées et mêmes des messages de soutien des Parlements parviennent au président. En définitive, l’Assemblée nationale, 8ème législature fonctionne normalement.
Voter un budget de l’Etat, 2020 répondant aux aspirations du peuple.
Dans quelques jours, probablement le 23 octobre prochain, le président de l’Assemblée nationale, Louis Gbèhounou Vlavonou, procèdera à l’ouverture de la deuxième session ordinaire de l’institution pour le compte de l’année 2019 ; une session essentiellement budgétaire qui sera consacrée à l’examen du projet de loi de finances, gestion 2020. Même si le gouvernement parle d’un projet de budget de l’État, exercice 2020 qui réserve 52% des 1986, 910 milliards Fcfa prévus au social, les députés auront à prouver qu’ils sont là pour défendre le peuple qu’ils représentent. Ils auront à défendre les plaidoyers des partenaires sociaux du gouvernement que sont les syndicalistes et autres acteurs de la société civile intervenant dans le domaine de la bonne gouvernance devant les membres du gouvernement qui s’expliqueront pendant l’étude en commission du budget en question parce que les attentes de ceux-ci sont toujours grandes à la veille de chaque nouvelle année budgétaire. Des efforts fournis devant le gouvernement pour sauvegarder les intérêts du peuple dépendra leur ’’réconciliation’’ avec la frange des populations béninoises qui ne les soutient pas. Et même si le chantier de ladite réconciliation reste encore gigantesque, ce serait déjà un pas de franchi dans ce processus. Sans aucun doute, loin des intrigues politiques, ce dont le peuple a certainement besoin, c’est d’avoir des représentants qui le défendent valablement.





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