Situation sociopolitique du Bénin : L’Udbn prête pour un dialogue franc et constructif

Adrien TCHOMAKOU 29 mai 2019

Le discours n’a pas changé, l’engagement pour la paix non plus. L’Union démocratique pour un Bénin nouveau (Udbn) accepte de prendre part aux échanges annoncés par le Président Talon dans son message à la Nation. Face à la presse hier, la Présidente de l’Udbn, Claudine Prudencio a réitéré sa disponibilité dans ce sens, surtout qu’elle mène tant de démarches dans l’ombre pour que cela soit une réalité. « S’étant très tôt engagée comme artisan de paix au prix même du sacrifice de nos revendications politiques, l’Udbn ne peut qu’apprécier à sa juste valeur, cette nouvelle dynamique en accueillant favorablement cette annonce », a-t-elle déclaré.
Claudine Prudencio et les militants de l’Udbn comptent essentiellement sur les valeurs qui caractérisent notre démocratie. « Le Bénin n’a d’autre choix que d’aller au dialogue pour que les valeurs de tolérance, de coexistence pacifique et de consensus qui caractérisent notre label démocratique continuent à prévaloir. Des valeurs martelées, en des circonstances les plus solennelles, par des grandes figures de l’œuvre de paix tel que Mgr Isidore de Souza de regretté mémoire », a-t-elle ajouté.
L’Udbn se dit aussi satisfaite des démarches menées par les autorités religieuses, notamment la Conférence épiscopale du Bénin qui a proposé sa médiation. Avec la main tendue du Président de la République, il ne reste donc qu’aux forces politiques de saisir la balle au bond pour, dit-elle, un dialogue franc et s’insère en vue de la décrispation. L’Udbn est déjà prête, et attend les autres acteurs.

Message de Claudine Prudencio
Mesdames et Messieurs, chers amis de la Presse,
Je vous remercie de votre présence qui témoigne du rôle important qui est le vôtre dans la gouvernance de notre pays. Tout en vous félicitant, je profite pour vous exhorter à plus de professionnalisme afin de mieux contribuer au développement de notre cher et beau pays, le Bénin.

Mesdames et Messieurs,
Les élections législatives du 28 avril 2019 ainsi que les évènements qui s’en sont suivis les 1er et 2 mai 2019, nous ont convaincus de ce que la paix et la stabilité restent des denrées fragiles qu’il faut veiller à entretenir au quotidien pour éviter à notre vivre ensemble des secousses graves. Les prises de positions des différentes composantes de la classe politique et des autres corps constitués de notre Nation sur la situation, témoignent, à n’en point douter, de rengagement des uns à éviter au peuple béninois un vide juridique préjudiciable, et de la ténacité des autres à contribuer à élargir le cercle du débat démocratique dans notre pays et particulièrement à l’Assemblée nationale.
En effet, il n’est point superflu de rappeler qu’à l’issue du processus de mise en conformité des partis politiques avec le nouvel arsenal juridique qui gouverne les opérations électorales dans notre pays, seules deux formations politiques ont été retenues par la Commission Electorale Nationale Autonome (CENA).
Notre parti, l’Union Démocratique pour un Bénin Nouveau, n’a pas manqué de saisir toutes les occasions appropriées pour exprimer ses récriminations relatives aux couacs qui ont caractérisé le processus. Au niveau d’autres partis recalés, notamment ceux de l’opposition au régime en place, la contestation n’a cessé d’enfler.
Notre pays était ainsi rentré dans une série de situations tendues qui ont des semaines durant troublé le paysage politique béninois jusqu’au lendemain du scrutin du 28 avril 2019 où la tension est encore montée d’un cran, avec des conséquences que nous avons tous déplorées et continuons de déplorer.
C’est le lieu de nous incliner devant la mémoire de nos compatriotes qui sont décédés lors des manifestations violentes enregistrées. Que le Seigneur les reçoive dans son royaume et leur accorde la paix éternelle.
Nous avons également une pensée pour les blessés dont certains suivent encore les soins, sans oublier ceux dont les biens privés ont été vandalisés.

Mesdames et Messieurs,
Tout ce rappel pour vous dire que nos cœurs ont saigné, particulièrement ceux des femmes mères de familles, face à un tel tableau inquiétant auquel notre pays n’était pas habitué ; en tout cas depuis l’historique Conférence des Forces Vives de la Nation de février 1990.
Très tôt, l’UDBN, avait perçu les signes précurseurs, d’une situation potentiellement critique. A plusieurs reprises, nous avons lancé des appels à la retenue et à la culture de la paix. J’ai particulièrement lancé des cris de cœur de mère de famille et de femme politique que je suis pour que ce pays, le seul que nous avons, puisse être épargné des violences post-électorales ; des situations fâcheuses dont on connaît souvent le commencement mais jamais jusqu’où cela peut conduire.
Même après le scrutin du 28 avril 2019, j’ai lancé, au nom de l’UDBN, un nouvel appel à la paix et au dialogue. Dans notre adresse, nous élevions le dialogue entre toutes les composantes de l’arène politique béninoise au rang d’impératif et d’urgence majeure pour que notre pays puisse rapidement reprendre sa place de havre de paix. Nous avions demandé que cette dynamique soit activée avant même l’installation de la 8ème législature.
L’autre souhait majeur pour nous à l’UDBN, c’était la sollicitation personnelle du Chef de l’Etat visant à le voir s’impliquer dans ce processus de dialogue. Nous avons multiplié des consultations, souvent loin des caméras, avec aussi bien des acteurs politiques que des acteurs de la société civile, y compris les autorités religieuses en vue de pourparlers inclusifs et efficaces.

Mesdames et Messieurs,
Nous venons ici exprimer notre début de satisfaction face à la démarche des autorités religieuses, notamment le clergé catholique à travers l’offre insistante de médiation de la Conférence Episcopale.
A l’occasion de son message à la nation, le 20 mai dernier, le Président de la République a déclaré, je cite : « Conscient que nul ne devra manquer au chantier de construction de notre pays, j’inviterai très prochainement toute la classe politique pour des échanges directs, francs et constructifs au profit de notre bien commun, le Bénin. » fin de citation.
S’étant très tôt engagée comme artisan de la paix, au prix même du sacrifice de nos revendications politiques du moment, eh bien ! l’UDBN ne peut qu’apprécier à sa juste valeur, cette nouvelle dynamique en accueillant favorablement cette annonce. Le Bénin n’a d’autre choix que d’aller au dialogue pour que les valeurs de tolérance, de coexistence pacifique et de consensus qui caractérisent notre label démocratique continuent à prévaloir. Des valeurs martelées, en des circonstances les plus solennelles, par de grandes figures de l’œuvre de paix à l’image du feu Prélat Monseigneur Isidore de Souza de regrettée mémoire. L’UDBN accepte donc officiellement de prendre activement part, le moment venu, aux échanges annoncés par le Président Patrice Talon et insiste pour que très vite, les actes soient joints à la parole.
Aussi, lançons-nous un vibrant appel à toutes les forces politiques, toutes sensibilités confondues, à toutes les organisations sociales, afin qu’un dialogue franc et sincère, s’instaure et se poursuive en vue d’une décrispation définitive du climat sociopolitique au Bénin.
Vive l’UDBN
Vive la paix pour le développement du Bénin
Vive le Bénin
Je vous remercie.





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