Sommet sur l’économie africaine : Les analyses de Lionel Zinsou

Fulbert ADJIMEHOSSOU 18 mai 2021

La dette africaine est à nouveau en débat à Paris, en même temps que les solutions pour la reconstruction des économies africaines, dans un contexte de crises. Invité sur France 24, Lionel Zinsou a identifié quelques portes de sortie dont l’émission de Droits de tirages spéciaux (DTS). « La distribution de DTS pour l’Afrique c’est 33 milliards. Comment on fait ? On part de la solidarité de tous les continents pour atteindre 100 milliards. A 100 milliards, on a une ressource très importante pour arriver à gérer la relance », a-t-il souligné.
Ces fameux DTS reviennent de plus en plus dans le débat de la relance de l’économie africaine. Cependant, ce qui tient à cœur à l’ancien premier ministre du Bénin, c’est par exemple le fait que tout le monde a un discours sur le surendettement. Mais en réalité, dit-il, on est en sous financement. « Le surendettement de certains pays n’est que la contrepartie du fait que si l’Etat ne s’endette pas, les acteurs du privé ne peuvent pas avoir accès. On va parler Microfinance pour les ménages et les petites entreprises. On va parler des garanties de PME », a-t-il précisé.
Lionel Zinsou compte sur des instruments dont la Microfinance, des garanties pour les PME. « Les banques de développement en Afrique sont en pleine renaissance. C’est un bon instrument. Vous avez par ailleurs des garanties pour les PME », déclare Lionel Zinsou.
L’économiste trouve par ailleurs que les assises en cours sur l’économie africaine sont porteuses d’avancées. « Ce qui frappe pendant ce sommet qui s’ouvre en ce moment, c’est qu’il est conçu par l’Union Africaine qui a géré tous les problèmes de dette et de liquidité collectivement au lieu que 55 pays négocient séparément. Il y a un progrès de gouvernance très important. Il y a un dialogue, une coproduction de ce sommet qui va donner des avancées significatives », a-t-il martelé. Néanmoins, il reste préoccupé par la dépendance de nombreux pays africains vis à vis des prix de matières premières. Ce qui n’est d’ailleurs pas le cas du Bénin, son pays d’origine. « Ce qui a le plus affecté, c’est la crise importée, la crise des matières premières. Vous prenez un pays comme le mien, le Bénin, qui n’était pas dépendant des prix d’une matière première minérale de type pétrole, cuivre ou fer est à +2% en 2020. Les plus affectés de ces économies diversifiées sont à -1%. On a eu une récession très différenciée et c’est beaucoup la crise des matières premières et le défaut de client ». Ce sommet réunit une quinzaine de dirigeants africains, plusieurs hauts responsables européens ainsi qu’une dizaine de représentants d’organisations internationales.





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