Sortie des produits vivriers du Bénin : La thérapie du Gouvernement

Patrice SOKEGBE 3 février 2022

Face à la flambée vertigineuse des prix des produits vivriers au Bénin, le gouvernement semble avoir trouvé la solution. A l’occasion du Conseil des ministres en date du 2 Février 2022, Patrice Talon et son équipe ont pris des mesures conjoncturelles de soutien aux filières et de maîtrise de prix de certains produits agricoles. Tenant compte de la hausse des prix des intrants agricoles sur le marché international, le Conseil a marqué son accord pour l’instauration de redevances à l’exportation sur certains produits et l’interdiction de sortie des intrants agricoles du territoire national. Le soja, le coton, le manioc transformé ou non, le karité, le riz paddy, l’igname (tubercule et cossette) et les noix de cajou sont ciblés. Celles-ci consistent en l’application de taux de majoration du prix moyen de vente actuel dans l’ordre de 20% pour les produits dont les besoins de consommation interne sont très élevés, 10% pour les produits dont l’offre dégage un excédent par rapport à la demande nationale.

Par ailleurs, en vue d’encourager les exportations par la voie maritime des produits tels que le gari, les noix de cajou, le maïs, le karité et le soja, le conseil a institué une redevance supplémentaire de sécurisation des exportations par voie terrestre. Il sera ainsi prélevé 10 FCFA/kg sur le karité, 20 FCFA/kg sur les noix de cajou, 30 FCFA/kg sur le soja et 50 FCFA/kg sur le maïs et le gari. Ces mesures sont destinées à freiner les sorties incontrôlées de vivriers qui occasionnent une flambée injustifiée des prix, et à assurer notamment la disponibilité intérieure nécessaire à la consommation
nationale. Les montants ainsi prélevés au cordon douanier auprès de l’exportateur seront destinés au soutien des producteurs agricoles.
Selon le gouvernement, il y a un contraste entre les performances de l’agriculture qui affiche un niveau de production allant jusqu’à 180% et une tendance à la hausse des prix de ces produits. Cette situation due à la forte demande exprimée par les consommateurs des pays voisins favorise une sortie massive par des voies détournées. De Juillet à Octobre 2021, il a fallu un arrêté interdisant l’exportation des produits vivriers. La mesure avait été prise pour contourner la cherté des produits vivriers ou des denrées de première nécessité sur le marché.





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