Soutien inconditionnel du Prd à Patrice Talon : Quand le réalisme s’impose aux « Tchoco-Tchoco »

Moïse DOSSOUMOU 8 décembre 2020

Ils ont toutes les raisons de prendre leurs distances avec lui afin de repartir sur un bon pied. Ces dernières années, les réformes politiques engagées sous Patrice Talon ont fait perdre du terrain au Parti du renouveau démocratique (Prd), aujourd’hui ramené à sa plus simple expression. Le parti qui a naguère brillé de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, a perdu de son éclat. Autrefois, les ministres, députés, maires, chefs d’arrondissements, de villages et de quartiers de villes estampillés « tchoco-tchoco » se comptaient par centaines. A présent, tout cela n’est qu’un souvenir. En dépit de leur soutien au gouvernement qui ne faiblit pas, Adrien Houngbédji et sa troupe ne cessent de perdre du terrain. Comparée à une peau de chagrin, cette formation politique aura du mal à se hisser à nouveau dans les cœurs des électeurs. Désigné comme le principal instigateur de leurs malheurs, Patrice Talon n’a pas bonne presse dans les rangs des militants les plus passionnés. Curieusement, les instances dirigeantes du parti continuent de lui vouer un culte.
Le samedi 5 décembre dernier, à la faveur de la descente du chef de l’Etat à Porto-Novo, la capitale considérée depuis 30 ans comme le fief du Prd, une citadelle jadis imprenable qui leur a filé entre les doigts en mai dernier lors des élections municipales et communales du fait des critères de 10% de suffrages exprimés exigés au plan national avant toute prétention de siège, les militants du parti arc-en-ciel se sont mêlés au comité d’accueil. Parés des couleurs « tchoco-tchoco, ils ont activement participé à la formation de la haie d’honneur pour souhaiter la bienvenue à l’illustre hôte. Aux côtés des militants de l’Union progressiste et du Bloc républicain qui ont actuellement le vent en poupe, les partisans du Prd ont donné de la voix, chanté et dansé en l’honneur de Patrice Talon. Etait-ce nécessaire qu’ils accordent cet honneur à leur « bourreau » ?
Il est évident que malgré tous les coups reçus ces dernières années, la famille arc-en-ciel dont le leader a proclamé haut et fort ne plus vouloir entraîner les siens dans l’opposition, s’accroche désespérément à Patrice Talon comme le ferait un naufragé à la vue d’une main secourable. Sous la férule des dirigeants, les militants ne ratent aucune occasion pour réclamer leur appartenance à la mouvance présidentielle. Si parfois des discours tendent à peindre en noir le régime, l’instant d’après, des éloges viennent réparer les dégâts. Fragilisé comme jamais, le parti pourrait retrouver une seconde vie, même si les chances sont minces, lors de la présidentielle d’avril 2020. Là encore, rien n’est acquis. Il se susurre que tout se met en place pour la désignation d’un candidat qui, à tous les coups, ne proviendra pas de l’écurie arc-en-ciel. Et pour cause ! Dépourvus d’élus, le parti ne pourra pas parrainer un éventuel candidat sorti de ses entrailles. Réalisme oblige, il se contentera très certainement de soutenir un autre prétendant assuré de remplir les conditions pour postuler. Le meilleur profil pour l’instant, au vu des agissements des dirigeants du parti, n’est personne d’autre que Patrice Talon.





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