Suppression du ministère de la communication et de la poste : Les raisons avancées par Patrice Talon

Moïse DOSSOUMOU 26 mai 2021

L’éviction de Alain Orounla du gouvernement et la suppression du poste qu’il occupait en qualité de ministre de la communication et de la poste sont surprenantes. S’il est loisible au chef de l’Etat de se séparer d’un collaborateur, rayer par contre tout un ministère de la carte gouvernementale n’est pas un exercice facile. Et pourtant, Patrice Talon l’a fait. En bon pédagogue, il a cru devoir expliquer son choix. A cet effet, il a jeté son dévolu sur le plateau de la chaîne de télévision E-télé. Selon ses explications, ce ministère n’avait plus vraiment sa place dans le gouvernement.
Primo, selon Patrice Talon, la poste devra fournir davantage des services bancaires aux populations. Les grosses banques n’étant pas implantées dans toutes les localités, la poste dont les bureaux sont installés dans presque toutes les communes devra jouer ce rôle en offrant des services similaires aux populations. Cette structure devra s’adapter aux exigences de son temps pour continuer d’exister. A l’avenir, la poste sera placée sous la coupole du ministère de l’économie et des finances qui s’enrichit ainsi d’un nouveau service. Les boîtes postales, même si elles sont encore utiles, n’ont plus pignon sur rue comme par le passé. Implicitement, lors des divers concours d’accès à la fonction publique, il faut croire que les fameuses enveloppes timbrées pourraient être remplacées par les envois de dossier sur des plateformes numériques. En cette matière, le gouvernement a une expertise à offrir.
Secundo, les pylônes appartenant à la poste seront reversés dans le giron du ministère de l’économie numérique et de la digitalisation qui en fera un usage approprié.
Tertio, la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) prendra le relai des services offerts aux médias par l’ancien ministère de la communication. La formation et le suivi des professionnels des médias seront désormais du ressort exclusif de cette institution de la République.
Eu égard à ces trois arguments, le chef de l’Etat a jugé utile de supprimer ce ministère qui visiblement ne servait pas à grand-chose d’autant plus que ses attributions peuvent être récupérées par d’autres démembrements de l’Etat.





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