Taxes et Impôts : Le ministre Wadagni fait des confidences aux Béninois

Patrice SOKEGBE 4 avril 2022

La cherté de la vie au Bénin depuis quelques mois, laisse croire que les impôts et taxes ont augmenté et qu’il y a eu création de nouvelles taxes. A ce sujet, le ministre d’Etat chargé de l’Economie et des finances s’inscrit en faux. Mieux, il précise que la vision du gouvernement de la rupture en 2016 était de simplifier l’administration fiscale, limiter le nombre de prélèvements, élargir le nombre de contributeurs et baisser le montant des taxes. « Si, dans un pays, il n’y a que 100 personnes alors qu’il faut 1000 personnes pour contribuer, ces 100 personnes vont contribuer de façon peu significative ou pas assez pour faire face à tous les besoins. Si vous travaillez pour que tous ceux qui sont censés contribuer contribuent, on se retrouvera avec assez de recettes fiscales et vous serez même en position de baisser ».
Selon lui, le nombre de taxes et impôts est passé de 52 prélèvements en 2016 à 34 en 2021. Autrement dit, il y a une suppression significative du nombre de prélèvements de taxes et impôts au Bénin. « Prenons l’impôt sur la société. De 2016 à 2021, nous sommes passés de 16.000 contribuables environs à 25.000. Pourtant le taux d’impôt sur les sociétés de 30% n’a pas changé. Mais il y a eu plus de personnes qui contribuent. Quand ceux qui ne payaient pas commencent à payer, ils présentent leur situation comme une pression nouvelle, comme une taxe nouvelle », a-t-il expliqué. La taxe sur la valeur ajoutée (Tva) généralement payée par tous les citoyens béninois est de 18% contrairement aux autres pays de la sous-région où ce taux oscille entre 19 et 20%. En ce qui concerne les produits, il y a eu abattement de 80% de Tva sur le riz.
Au titre des mesures, le ministre Romuald Wadagni soutient que la dématérialisation de l’administration béninoise a contribué considérablement à l’obtention des documents administratifs. « Il y a 2 ans, à chaque fois que vous voulez faire une attestation fiscale, il fallait payer 5 000 FCFA. Mais depuis 2 ans, c’est gratuit. Vous pouvez demander cette attestation à zéro Franc. Le nombre d’impôts a été réduit. Aucun impôt n’a connu une hausse », a-t-il indiqué.
En ce qui concerne la pression fiscale, il a été fait obligation à tous les pays de prélever 20% sur le niveau de richesse produit. Mais à en croire Romuald Wadagni, le Bénin n’a pas encore atteint ce seuil de prélèvement. « Nous sommes loin des 20%. Nous ne sommes même pas à 14% de prélèvement, alors que les critères nous demandent d’être à plus de 20%. Pourtant d’autres pays comme le Sénégal prélèvent déjà plus de 20% », a-t-il déclaré.

Retour sur la TPS
Selon le ministre Romuald Wadagni, la Taxe professionnelle synthétique (TPS), créée en décembre 2014, a fait également l’objet de révision. De 400.000 FCFA jusqu’en 2018, cette taxe est passée à wsw150.000 FCFA dans la loi de finances de 2021. « Nous avons fait mieux. En anticipant sur la crise et toujours voulant permettre aux gens de se formaliser davantage, nous avons, à partir du 1er janvier 2022, rendu le minimum de TPS à 10.000 FCFA », a-t-il clarifié. Au regard des mesures prises, les Béninois doivent se rendre à l’évidence des efforts fournis par le gouvernement en vue d’amortir les chocs internes et externes qui conduisent à la cherté de la vie au Bénin.





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