Tournée présidentielle : Abomey-Calavi euphorique, exalte la magie Talon

14 décembre 2020

Les communes béninoises ou les collectivités territoriales nées de la décentralisation effective depuis 2002 ont, visiblement, fait de la tournée nationale de reddition de compte du Chef de l’Etat un challenge. La mobilisation, l’euphorie sont devenues contagieuses au point où, ce vendredi 11 décembre 2020, à la 20ème journée, la liesse populaire n’a pas faibli.
C’est la 59ème étape, l’étape de la commune d’Abomey-Calavi. Certains commentateurs n’hésitent pas à parler du jour de Calavi.
La cité dortoir, la deuxième commune la plus peuplée du Bénin, a étalé son poids démographique dans l’accueil du Président de la République en cette fin d’après-midi. Une mobilisation exceptionnelle doublée d’animations de tous genres. Si à l’intérieur, les représentants des forces vives de la cité de :fofo Djaka" ont répondu massivement à l’invitation du conseil communal à cette séance d’échanges et d’évaluation de la gouvernance du Président Talon, à l’extérieur, c’est l’effervescence. L’espace du terrain de sport du Ceg 2 de la commune aménagé pour la circonstance s’est très rapidement rempli subitement de populations ivres de joie.

Ainsi, le maire de la commune, Angelo Ahouandjinou se fait le porte-voix pour expliquer que les populations brûlaient d’impatience de voir le Président de la République afin de lui dire leur reconnaissance. Et il l’exprime en une litanie de 3 fois "Merci". A la suite de cela et dans son allocution de bienvenue, le maire d’Abomey-Calavi a d’abord apprécié le style de gouvernance du Président Patrice Talon et indique qu’il est caractérisé par la témérité teintée de droiture et d’esthétique. Il juge qu’en moins de 5 ans, le Chef de l’Etat actuel a prouvé qu’à coeur vaillant, il n’y a rien d’impossible et que le chantre de la rupture a posé les bases du développement durable à Abomey-Calavi. Et d’ajouter sous les applaudissements du public : "Vous nous avez montré la magie de la gestion dans la rigueur". Le maire Angelo Ahouandjinou a donc qualifié le bilan d’élogieux et d’assez encourageant qui suscite respect, admiration et envie avant de pointer fièrement que cela a changé dans sa commune. Et il cite. L’effectivité des 12 départements avec un rôle central pour sa commune qui va abriter une cité administrative, l’achèvement à moindre coût de la centrale thermique de Maria-Gléta 2 qui amorce la révolution énergétique du Bénin depuis la cité de "fofo Djaka", le programme des cantines scolaires, la dynamique sportive générée par les stades communaux omnisports, le projet Assurance pour le Renforcement du Capital Humain, dans ses volets Assurance maladie et microcrédit Alafia dont les populations de Calavi bénéficient déjà, la renaissance de la filière palmier à huile avec le règlement de la crise dans les CAR et URCAR. Le maire d’Abomey-Calavi a également salué les initiatives pour l’emploi des jeunes et notamment le Programme Spécial d’insertion dans l’emploi (PSIE) avec la décision du Conseil des ministres du 10 juin 2020. Ce qui, avec dautres initiatives, donnent la preuve d’un PAG hautement social.

Il n’a pas passé sous silence les 11 mille logement sociaux à Ouèdo (Abomey-Calavi) qui offrent aux Béninois l’opportunité de logements décents et à coût réduit. Le développement du transport péri urbain avec le projet asphaltage, l’érection du pont de Womey, la mise sur orbite économique de la commune avec les travaux du Marché de gros qui sera une version améliorée de Tokpa et la construction du marché moderne de Cococodji, sont d’autres marqueurs significatifs de l’ère Talon dans Abomey-Calavi. Mais cette commune, selon le maire soutenu par les ovations du public, a encore plus de raisons de brûler une fière chandelle au Président Talon pour avoir pris des décisions fortes allant dans le sens de la réduction de la mafia foncière qui y sévit, mais aussi les mesures prises pour le règlement du litige domanial qui oppose de nombreux acquéreurs à la famille Marcos à Womey et enfin, la gestion des déchets solides dans le Grand Nokoué car Calavi peinait à y trouver une solution. Le nom résonnera aussi dans le monde avec l’Hôpital universitaire de référence dont les travaux sont déjà lancés.
Toutefois, Abomey-Calavi a encore des doléances qui peuvent se résumer à la promotion du patrimoine culturel et touristique de la cité, des actions pour renforcer l’économie locale, la sécurité foncière et les infrastructures socio-sportives et routières.

Enthousiasmé et revigoré par cet accueil triomphal, le Président de la République a exprimé sa joie de retrouver ses concitoyens d’Abomey-Calavi même si c’est près d’un mois après le démarrage de la tournée. Il fait un flash back sur son passage dans cette commune lors de la campagne pour la présidentielle de 2016 et rappelle : "Nous étions certains ici qu’une autre dynamique allait commencer en 2016 et ce fut le cas... Il s’agissait de rompre avec l’expression des besoins éternellement insatisfaits. "
Après avoir passé en revue quelques réalisations phares, préalables au développement, le Président de la République communique sa conviction à l’assistance que le Bénin est indéniablement en construction dans tous les domaines et constate que "le peu que nous avons réussi à faire en 4 ans nous rend euphoriques même s’il reste tant à faire et que beaucoup de choses nous manquent encore".

Le Président Patrice Talon, plus d’une heure durant, s’est employé à expliquer à ses concitoyens les recettes de cette magie, expression qu’il a empruntée au maire, pour préciser que c’est ce principe fondateur qui va au-delà des réalisations physiques qu’il convient de cultiver et de pérenniser. Voici en verbatim quelques morceaux choisis de cette causerie engageante et pleine d’inspiration : " si nous sommes heureux et fiers de ces réalisations, ce n’est pas qu’on n’a jamais construit de routes, des ponts, des écoles... au Bénin, c’est le rythme, la qualité et la quantité qui font que nous sommes euphoriques... Ce n’est que le début du commencement. Un début qui nous donne la certitude que nous sommes capables. L’heure du Bénin est arrivée... Nous nous sommes révélés à nous-mêmes. Nous avons connu une renaissance en 4 ans... Le Bénin était qualifié de quartier latin de l’Afrique car pour le colonisateur et les pays développés, l’école était ce qui pouvait amener au développement et nous étions qualifiés comme les plus aptes. 60 ans après, on n’a pas su exploiter ce potentiel mais cela existe en nous... Nos travers ont éteint notre génie mais comme les grâces de Dieu ne meurent jamais, en 4 ans, ce génie a ressurgi. C’est l’œuvre de notre génie collectif, des valeurs enfouies en nous...Je ne suis pas un nouveau au Bénin. J’étais déjà un peu dans la politique et il n’y a presque pas d’homme nouveau sur la scène... C’est pour dire que les mêmes qu’on était hier, sommes les mêmes qui opérons cette magie, cette mutation aujourd’hui... Mon mérite, celui de mon gouvernement, c’est d’avoir fait la consultation médicale, d’avoir été le Bócônon pour avoir dit ce qui ne va pas et ce qu’il faut faire... Cela a nécessité des sacrifices et c’est cela l’effort collectif...Très prochainement, nous allons desserrer un peu la ceinture mais avant, pensons à satisfaire un peu ce qui nous manque... Ça donne de la dignité, de la fierté de savoir que nous faisons ces réalisations de par nos efforts, nos sacrifices."

Le Président Patrice Talon a également conscience de la nécessité de la durabilité de cette magie et en bon Bócônon, il soutient : " Ce qui se passe n’est pas une parenthèse. Si cela continue quelques années encore, on sera à l’abri de nos éternels manques...Il ne faut pas baisser la garde, il faut poursuivre... Le peuple doit être défenseur, gardien de ces acquis car nos travers continuent de sommeiller en nous... Le 06 avril 2016, j’ai fait le serment de lutter contre le pouvoir de l’argent en politique... Le Président ne doit pas être déifié mais il doit être au service du peuple et respecter le bien public." Et il passe en mode exhortation : "Je veux vous faire confiance et je veux que vous croyiez en votre pays...Nous devons nous recadrer les uns et les autres pour nous relever de nos travers... Ce qui continue de nous manquer et qu’on évoque comme doléances aux candidats, est à notre portée... Cette tournée, pour dire à chacun que nous connaissons maintenant ce qui a empêché le pays d’évoluer et que nous sommes capables de relever le défi... C’est à nous de donner la feuille de route à nos dirigeants à l’avenir..."
Des mots qui résonnent auprès des populations déterminées à poursuivre la dynamique et qui pensent que le Bócônon n’a pas encore terminé sa mission.

Calavi a cru en la rupture et Calavi n’est pas déçue





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