Unité autour de la dépouille de Tévoédjrè : La quête de la paix au-delà des rancœurs

Arnaud DOUMANHOUN 25 novembre 2019

Etre ou paraître. Un tableau inattendu mais espéré, un mystère que laisse derrière lui, feu Albert Tévoédjrè. A la célébration eucharistique pour le repos de son âme samedi dernier, tout le gratin de personnalités sociopolitiques étaient mobilisées. Patrice Talon, Nicéphore Soglo, Louis Vlavonou, Bruno Amoussou, Candide Azannaï, Amos Elègbè, Robert Dossou, Joël Aïvo, Louis Vlavonou pour ne citer que ceux-là, le décor à la cathédrale Notre dame de l’immaculée conception était en déphasage avec la crise sociopolitique que traverse le pays et qui ne s’amoindrit pas.
La dépouille du professeur Albert Tévoédjrè a réuni les fils du pays dans un contexte où l’unité nationale est mise à rude épreuve. Si de façon spontanée les uns et les autres se sont retrouvés dans une même église, sur un même banc, pour partager l’Eucharistie, l’espoir est permis. Les Béninois sont capables d’un sursaut patriotique pour pallier le pire et la conférence nationale de 1990 est un repère en cette matière même si cette flamme a perdu de son intensité.
Baruch Spinoza disait que la paix n’est pas l’absence de la guerre, mais une vertu, un état d’esprit, une volonté de bienveillance, de confiance, de justice.
Au-delà de la patrie, pour la mémoire de feu Albert Tévoèdjrè, célébré de façon lumineuse, il faudra cultiver l’humilité, semer à nouveau les germes de l’unité nationale. « Le premier parti qu’il a dirigé après la conférence nationale s’appelait Notre cause commune. Ça veut dire que sa philosophie est de rassembler… », a déclaré Robert Dossou, au terme de la célébration eucharistique à Porto-Novo. Une image du défunt que partage le professeur Joël Aïvo : « Ce pays a fait le choix de vivre en paix et en liberté. Certes, il y a des difficultés mais je crois que chacun travaillera à ce que cette paix, cette réconciliation reviennent assez vite. C’est le dernier message qu’on va dire que Albert Tévoèdjrè nous a laissé avec Théophania, la maison de la paix ».
Les Béninois ne souhaitent pas mieux. Le peuple ne désire que le pain et la paix. Certes, aucune situation n’est éternelle mais il faut éviter le pire. La patrie d’abord.





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