Violences préélectorales au Bénin : Patrice Talon au sujet des soldats blessés

15 avril 2021

Le Président de la République s’est rendu ce mercredi à l’Hôpital d’instruction des armées de Cotonou au chevet des soldats blessés lors des violences préélectorales dans le nord du pays. Patrice Talon est allé témoigner la gratitude du peuple béninois à ces hommes dont l’intervention a permis au pays qui était divisé en deux par des barricades disposés sur les voies publiques, de retrouver son unité et un quotidien normal.

L’intégralité des propos du chef de l’Etat
J’ai été meurtri et sidéré par la violence des dégâts constatés sur nos vaillants soldats qui sur le terrain n’assuraient que la libération des voies envahies par les assaillants, empêchant ainsi le convoyage de divers matériels vers nos paisibles populations et vers les pays de l’hinterland. Je viens de leur témoigner toute la gratitude de la nation toute entière. A titre personnel, ce que j’ai vu est effroyable. Je suis meurtri parce que j’ai vu combien des gens qui sont allés servir la Nation, dégager simplement des barrages qui ont coupé le pays en deux, ont fait l’objet de tirs nourris pendant cette noble mission. Si on n’avait pas réagi, cela aurait duré combien de temps ? Qu’est-ce que le pays serait devenu. On a essayé de raisonner les uns et les autres parce que la plupart sont manipulés. Faute d’avoir eu satisfaction auprès des concernés, on a entrepris de dégager les voies, d’enlever les troncs d’arbre, les véhicules qui ont été disposés pour empêcher la circulation. Et pendant qu’ils accomplissaient cette mission, on leur a tiré dessus sans cesse, pendant plus de 48heures avec beaucoup de blessés. Et on entend des gens revendiquer cela. Dans un pays où les gens sont formés pour aller chasser le gibier, on les retrouve aussi bien avec les fusils de chasse que des armes de guerre pour tirer sur leurs compatriotes. Des compatriotes qui ne faisaient rien d’autres que de dégager des obstacles. Je crois que nous avons atteints des proportions inacceptables dans la République. Nous allons tout faire pour que cela ne se répète plus jamais. D’abord, il s’agira d’identifier ceux qui ont été auteurs et complices d’une manière ou d’une autre, ceux qui ont été manipulés et qui sont pour ma part les moins fautifs. Les plus criminels sont ceux qui ont orchestré la manipulation pour qu’on en arrive à cette situation. On a tiré sur nos hommes comme sur du gibier. Mais le Bénin est un grand pays. Ensemble, nous nous relèverons pour que le traumatisme ne dure pas trop longtemps dans nos têtes. Ce qui s’est passé est de nature à perturber complètement notre foi en notre pays, notre unité, nos valeurs. Le pire est derrière nous. Nous allons œuvrer ensemble à réparer ce qui ne va pas, à instaurer un climat de paix, de sécurité afin que ces genres de choses n’arrivent plus jamais. En tous cas, moi je m’y engage. Je voudrais que les uns et les autres s’y engagent également. Et que même le béninois le plus ordinaire dans son quartier, dans son village s’y engage. Que nos controverses ne nous conduisent plus à ces genres de situation qui sont inacceptables. Entendre publiquement des gens revendiquer cette action et demander à ce qu’on arme les chasseurs pour tirer sur les autres frères et sœurs est inacceptable. Alors que ces derniers sont venus en paix pour demander de céder la voie afin de permettre à ceux qui sont dans les autres contrées du pays, à Kalalé, Djougou, malanville, Parakou et qui ont besoin de recevoir des vivres et médicaments soient servis. Des gens ont demandé publiquement à leurs amis d’envoyer des armes dans le pays pour tirer sur nos garçons. C’est terrible. Notre rôle est de gérer cette situation. Et nos hommes en uniforme ont été formidables. Ils ont géré cela avec du sang froid et de la sérénité. Ils ont été victimes eux mais ils n’ont pas fait de victimes dans le rang des assaillants et des populations. Selon ce qui m’a été rapporté, ils ont juste tiré des coups de sommation pour dissuader le camp d’en face et évoluer dans leur mission qui était de dégager la voie publique des obstacles. Je leur tire chapeau. Et je leur dis qu’ils sont des héros. Nous saurons leur apporter les soins nécessaires peu importe ce que ça va couter pour leur prompt rétablissement sans séquelles. Nous serons indéfiniment reconnaissants pour cet acte de courage, de bravoure. Ils sont admirables. Ils avançaient malgré les tirs et ça c’est le Bénin.





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