Violences religieuses à Monkpa : Des signaux inquiétants… Sévir pour arrêter la saignée

Angelo DOSSOUMOU 1er février 2022

Inconcevable. Certes, il est dit que la religion est l’opium du peuple. Mais, quand des religieux en arrivent à tuer, voler, escroquer et carrément abêtir d’honnêtes citoyens au nom de Dieu alors qu’ils les entraînent à la perdition, l’Etat doit prendre ses responsabilités au risque que ces petits incidents enregistrés par-ci et par-là ne s’érigent un jour, en un système terroriste qui embrasera tout sur son passage. D’ailleurs, les échauffourées du samedi dernier à Monkpa entre adeptes d’une église baptisée Azaël et qui ont fait officiellement huit morts dont deux policiers, ne devraient surprendre que ceux qui refusent de voir la réalité en face.
Car, il suffit d’une petite recherche pour se rendre compte que dans le livre d’Hénoch, Azazel ou Azaël est le dixième des anges déchus par Dieu. Plus grave, c’est ce démon qui apprit aux hommes à fabriquer des épées, des armes, des boucliers, des cuirasses. La suite logique est qu’une église de cette dénomination ne peut semer que la haine, la violence, la mort et samedi dernier, ça n’a pas raté. Pourtant, cette secte n’est pas tombée du ciel. Sans doute, des signaux pas trop catholiques étaient projetés aux populations et aux Forces de sécurité de la zone. Mais hélas ! Il a fallu que le pire arrive pour que tout ce beau monde sorte de son long sommeil. A la vérité, nul ne devait s’en étonner avec ces églises et sectes dont la provenance et les pratiques ne sont souvent pas sans équivoque. Dans une telle pagaille, seuls les esprits avertis peuvent s’offusquer d’un laisser-aller préjudiciable à l’harmonie dans la société surtout que l’église dite Azaël est loin d’être une exception.

Les conséquences de la complaisance
Pour rappel, il n’y a pas si longtemps qu’une autre secte, s’est tristement illustrée par la bastonnade d’un employé. Une autre fait régulièrement l’objet de critiques et de plaintes les unes plus sordides que les autres sur les réseaux sociaux. Malgré tout ça, au nom de la laïcité de l’Etat, elles opèrent toujours. De toute évidence, afin qu’au grand jamais, on n’assiste plus à des violences avec comme toile de fond la religion, il faudra des gestes forts des gouvernants. S’il faut légiférer, sévir pour assainir ce milieu, autant y aller tout de suite pour dissuader les esprits retors qui ne manqueront pas.
En 2018, le journal privé ‘‘The New times’’ avait rapporté que les autorités rwandaises avaient ordonné la fermeture de plus de 714 églises et mosquées situées à Kigali en raison du non-respect des normes de sécurité et d’hygiène de ces lieux de culte. Plus loin, il est indiqué dans ledit journal que ‘‘l’’exercice de la liberté de culte ne doit pas empiéter sur les droits des gens", ajoutant que les édifices religieux concernés resteront fermés tant qu’ils ne répondront pas aux normes de sécurité. Imaginez donc l’église Azaël de Monkpa dans une brousse avec un gourou sans aucune autorisation à fonctionner et à prêcher ! Il va sans dire que le pire ne pouvait qu’advenir. Alors, s’il est vrai que la Constitution garantit la liberté de pensée, de religion et interdit toute discrimination, il n’en demeure pas moins que les gouvernants ne lui font aucune entorse en séparant dans l’intérêt de l’ordre public, le bon grain de l’ivraie. Enfin, il est à souhaiter que les morts de Monkpa aient servi à quelque chose. Il est vraiment temps de sévir.





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