7ème congrès sur les envenimations en Afrique : Pour une prise en charge efficace des morsures de serpent et des piqûres de scorpions

Isac A. YAÏ 3 décembre 2021

Mutualiser les efforts afin de relever les différents défis de santé publique qui se posent en Afrique subsaharienne et en Afrique du nord concernant les morsures de serpent et les piqûres de scorpion. Tels est le but du 7ème congrès international qui se déroule du 1er au 3 décembre à l’Institut de recherche cliniques du Bénin (Ircb) sis à Abomey-Calavi. Réunissant des chercheurs de 5 sociétés savantes africaines et européennes, ce congrès vise à rendre disponibles et accessibles les anti venins surtout dans les zones rurales. « Les anti venins ne doivent pas être stockés dans les grandes villes car, les serpents sont souvent dans les zones rurales. Il faut donc les rendre accessibles et surtout faciliter leur conservation », a précisé le professeur Achille Massougbodji, Directeur de l’Ircb.
Certes elle sont souvent négligées, mais les morsures de serpent et les piqûres de scorpion constituent un problème de santé publique en Afrique. « Plus de 500 000 envenimations par morsures de serpent surviennent chaque année en Afrique subsaharienne entraînant près de 30 000 décès et autant d’invalidités affectant la vie quotidienne des victimes. Au Bénin, les morsures de serpent ne causent pas moins de 5 000 envenimations et 300 morts annuellement », a expliqué Jean-Philippe Chippaux, Directeur de recherche émérite à l’Institut de recherche pour le développement (Ird).
Ce congrès qui se déroule en présentiel et à distance à Yaoundé au Cameroun et à Abomey-Calavi au Bénin, réunit des spécialistes de nombreux pays africains. Il permettra le partage des expériences dans la prise en charge des patients. Ce congrès sera aussi une occasion d’envisager une collaboration avec les tradipraticiens à qui s’adressent en premier lieu les victimes en cas de morsures de serpents. « Nous avons constaté que ceux qui se font mordre par le serpent se dirigent vers les tradipraticiens au lieu de se rendre rapidement à l’hôpital. C’est normal car, le plus souvent, ils lient ces morsures à des forces occultes. Donc, nous allons faire comprendre aux tradipraticiens qu’ils doivent aller très vite dans la recherche de la cause de la morsure. Si possible, ils peuvent accompagner leurs patients à l’hôpital et poursuivre leurs recherches là-bas afin de sauver des vies », a précisé Jean-Philippe Chippaux.
Ce congrès qui prend fin ce jour ouvre une autre ère dans la prise en charge des morsures de serpent et les piqûres des scorpions en Afrique.





Dans la même rubrique