Assainissement de base à Sô-ava : Ces déficits qui exposent aux maladies hydriques sur le lac

La rédaction 29 janvier 2021

Il faut se préoccuper, de façon particulière des problèmes d’assainissement qui se pose dans la cité lacustre. Une étude réalisée dans le cadre d’un master en Sciences de l’Environnement et Développement Durable au Cifred le 30 décembre 2020 attire l’attention. « Il faut un programme d’accès aux services d’eau et d’hygiène pour cette commune », déclare Fulbert Adjimèhossou, auteur de l’étude sur « les problèmes d’assainissement de base : contribution à l’éducation à la santé environnementale à Vekky. Les travaux dirigés par le Professeur Thiery Azonhè, Professeur Titulaire des Universités et Flavien Dovonou, Maître-Assistant des Universités ont permis de mettre en relief les maladies qui affectent le plus les populations de Vekky, le plus grand arrondissement de la commune sur la base des données sanitaires de 2010 à 2019, en lien avec la pluviométrie de la même période. « La pluie favorise la prolifération des germes et vecteurs pathogènes et accroît leur virulence. Le paludisme reste à priori l’affection la plus dominante de l’arrondissement avec au total une proportion de 77,78 % de toutes les affections. Il est d’ailleurs corrélé avec la hauteur de pluie. La corrélation est par contre moins forte entre la pluie et les cas de paludisme grave. La transmission du paludisme est certes globalement liée à la pluviométrie, mais d’autres variations éco-climatiques et comportementales sont aussi à prendre en considération. C’est le cas de la lenteur des parents à envoyer les enfants aux soins lorsqu’ils ont la fièvre », a-t-il expliqué.

Poches de sècheresse, risques diarrhéiques
L’étude réalisée par Fulbert Adjimèhossou montre aussi que les maladies diarrhéiques bien qu’ayant une incidence faible restent préoccupantes si l’on compare ces tendances à la moyenne dans le département. La période de sècheresse est encore plus sensible. « Il existe un lien statistiquement significatif entre les cas de diarrhées avec hydratation et la pluie, dans le sens opposé. Le coefficient de corrélation de Pearson est de - 0,81 pour un seuil inférieur à 5% », révèle l’étude. Et pour l’auteur il y a lieu de se préoccuper des pratiques des populations de cet arrondissement lacustre. 65% des ménages défèquent dans la rivière. Le lavage des mains après les toilettes est loin de rentrer dans les habitudes. De même, plus de la moitié des ménages jettent leurs déchets dans la brousse. Le reste les brûlent ou les jettent par contre dans la rivière. Ces modes de gestion des ordures exposent à des risques de propagation de nuisances de toutes sortes. « Cette prédominance de la défécation à l’air libre et dans le cours d’eau est source de nombreuses nuisances environnementale et sanitaire. Il faut dire le besoin en latrines est criard. Mais il ne suffira pas de les construire. Il faudra qu’elles répondent à la sensibilité de ce milieu et qu’elles soient bien gérées », pense Fulbert Adjimèhossou. L’auteur fait une série de propositions pour un changement de comportements. Cependant, le plus urgent dit-il c’est de rendre disponible l’eau potable, les ouvrages d’assainissement, avec un mécanisme de gestion qui répond à la sociologie du milieu.
Falilathou ABDOULAYE (Stag.)





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