Assainissement des enseignements primaire et secondaire : L’audit de 18.000 enseignants reversés en 2008 révèle de faux diplômés

Adrien TCHOMAKOU 5 août 2019

Et progressivement, la lumière fut. On en sait un peu plus sur les résultats de l’audit du reversement de 18.000 enseignants dans la fonction publique en 2008. De sources concordantes, du point fait par les ministères sectoriels concernés, il ressort de faux diplômés et des insuffisances sur certains profils. Dans le lot, certains ont même été nommés à des postes de responsabilité en qualité de Directeurs, de surveillants et de censeurs. Aussi, dénombre-t-on des ressortissants des pays voisins dont des Togolais, des Nigériens, Ivoiriens, et même des Burkinabè. Des enseignants devront faire des compléments de pièces pour être aux normes. Ces indicateurs ne font que confirmer les observations faites par le conseil des ministres du 11 Janvier 2017 : « Des missions de vérification des conditions de reversement ont relevé les dysfonctionnements avec de faux diplômes, faux certificats, des discordances de date d’une pièce à l’autre ».
D’ailleurs, les syndicalistes ne sont pas prêts à protéger ceux qui ont fait usage de faux. « S’il y a des dossiers qui sont avérés faux, nous ne pouvons pas soutenir cela. D’abord, il faut mettre en demeure ceux qui ont perçu jusque-là. Il faut donner la chance à ceux qui sont sortis des universités avec des diplômes qui ne font l’objet d’aucune suspicion. Si les gens ont fait du faux, il faut les dégager. Je suis prêt à soutenir le nettoyage. Les gens qui ont des diplômes sulfureux, qui posent des actes dont la morale est attentatoire, il faut les dégager », martèle Noël Chadaré, Sg Cosi-Bénin dans un entretien téléphonique.

Priorité à la qualité !

Cet audit devrait en réalité permettre de trouver des approches de solutions permettant le redéploiement des agents, le renforcement de l’employabilité des agents dans de nouvelles structures d’accueil, une meilleure adéquation profil-poste. Et au regard des irrégularités notées en ce qui concerne les enseignants, il est à craindre des conséquences majeures sur la qualité des enseignants donnés. L’évaluation est donc indispensable pour trier le bon grain de l’ivraie et permettre la prise de mesures efficientes.
Cependant, elle ne découlera pas sur des licenciements comme on le prétend dans l’opinion. L’évaluation débouchera sur le recrutement de ceux qui ont atteint le seuil de réussite dans la fonction publique. Il est prévu pour les autres qui n’ont pu tirer leur épingle du jeu une formation modulaire pour des remises à niveau pédagogiques. D’autres qui n’ont point le profil pourront être redéployés dans d’autres corps de métiers dans l’administration publique. L’assurance est permanente : il n’y aura pas de rupture de contrat à moins qu’un enseignant en prenne lui-même la décision. « On lui donne la possibilité de sa destination avec l’accompagnement qu’il faut. Maintenant, s’il veut être enseignant ou rien sans répondre aux critères, il aura choisi lui-même de rompre le contrat avec l’Etat et dans ces conditions, il n’y a aucune possibilité de l’accompagner », avait souligné Moudassirou Bachabi, Sg Cgtb après la rencontre entre les syndicats et le Chef de l’Etat.





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