Augmentation des salaires des travailleurs : Le compte à rebours

La rédaction 5 avril 2022

Annoncée depuis 3 mois par le Chef de l’Etat Patrice Talon, dans son message de vœux de nouvel an à la nation, l’augmentation des salaires et du Smig n’est toujours pas concrétisée. Si le gouvernement rassure les acteurs dans le contexte actuel de cherté de la vie, certains trouvent ce retard long et espèrent davantage de mesures, aussi bien pour les travailleurs que les entreprises.

31 décembre 2021 – 03 avril 2022. Cela fait déjà 3 mois que le président de la République Patrice Talon, dans son message de vœux à la nation, a fait une grande annonce qui a réjoui les travailleurs du Bénin. Celle de l’augmentation des salaires pour les fonctionnaires d’Etat ainsi que de la hausse du Smig pour le secteur privé. « C’est dans cette lancée qu’en 2022, nous allons relever le salaire des travailleurs autant que nous investirons dans plusieurs secteurs productifs pour créer davantage d’emplois et de richesse au profit de tous », a affirmé le Chef de l’Etat dans son message. Ces mots que les travailleurs ont savourés avec joie et satisfaction demeurent de loin, une réalité. Un retard que déplorent les centrales syndicales, des fonctionnaires d’Etat ainsi que des employés du secteur privé qui vivent le plus dans la précarité salariale. « Vous avez annoncé en décembre dernier que vous allez augmenter les salaires, et depuis longtemps, silence radio », s’est interrogé Noël Chadaré, Sg Cosi-Bénin. Il n’a y rien qui a été dit de concret sur cette question le dimanche soir par le ministre, s’est offusqué Akpla, un fonctionnaire d’Etat. Pour Jacqueline, gestionnaire de ressources humaines, il faut concrétiser cette réforme surtout dans le secteur privé où le Smig est de 40 mille F cfa alors que certaines entreprises paient en dessous.

Romuald Wadagni rassure et donne des clarifications
« Quelle que soit l’augmentation des salaires des fonctionnaires ou la hausse du Smig, les travaux sont quasiment achevés, les échanges avec les partenaires sont en cours et nous allons arriver très rapidement à des conclusions », a annoncé Romuald Wadagni sur l’émission ‘’Le Débat Public’’ du dimanche dernier. Une annonce qui pourra soulager les différents acteurs sur cette fameuse question de la revalorisation des salaires. A en croire le ministre d’Etat, des rapports ont été présentés par le comité technique mis en place, mais pour le président Patrice Talon, les résultats sont insuffisants. Ce travail nécessite une analyse minutieuse des possibilités économiques ainsi que des conséquences prévisionnelles afin de prendre une meilleure décision dans l’intérêt général des travailleurs. Car pour le Chef du gouvernement, l’annonce aux partenaires sociaux de la revalorisation des salaires doit être quelque chose de concret, rapporte le ministre de l’économie. Il en ressort donc qu’un indice significatif pourra être attendu.

La revalorisation des salaires, oui, mais cela ne pourra jamais régler la faim de la population
L’augmentation des salaires est sans doute une meilleure option si l’on regarde la disparité salariale entre le Bénin et d’autre pays de la sous-région comme le Burkina Faso, voire l’augmentation des produits de grande consommation. Toutefois, cela ne pourra être suffisant pour faire face à la cherté de la vie. « La revalorisation des salaires, oui, mais cela ne pourra jamais régler la faim de la population », a martelé Ulrich, Inspecteur d’Action Sanitaire dans un hôpital public. Pour d’autres, il faut revoir les politiques nationales pour accompagner les jeunes hommes et femmes dans la production agricole. Pour exemple, « des femmes proposent du pain et de la pâtisserie à base du manioc avec de belles idées mais n’ont pas l’accompagnement pour offrir sur le marché un produit qui répond aux besoins du consommateur », s’est indigné Hermione Adjovi, présidente d’une ONG. A en croire le ministre d’Etat Wadagni, la question de la cherté de la vie se pose sur 3 principes d’orientation dont l’augmentation du pouvoir d’achat des entreprises et la réduction de la dépendance vis-à-vis des importations. Il a également interpellé le civisme des producteurs et la participation de tous pour un contrôle réel des produits agricoles sans pour autant pénaliser ces agriculteurs afin de limiter la pénurie des produits sur les marchés nationaux. Ce qui contribuera à éviter la famine. Il faudrait donc réfléchir davantage pour mettre en place des politiques pouvant permettre d’accroitre la production nationale, assurer la préservation des produits agricoles sur le marché et accompagner les entreprises agricoles dans leur développement.
Paul FANDJI (Stag)





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