Bénin : un an après sa mort, la famille de Prudence Amoussou exige toujours la vérité

2 mai 2020

Elle est devenue le symbole de la répression post-électorale des législatives 2019 au Bénin. Il y a un an, le 2 mai, Prudence Amoussou, une Béninoise de 37 ans, mère de 7 enfants dont un bébé de 5 mois, décédait des suites d’une balle tirée dans son dos la veille par les forces de l’ordre qui réprimaient des manifestants dans le quartier de Cadjehoun, à côté de la résidence de l’ex-président Boni Yayi.

Depuis un an, le corps de Prudence est conservé à la morgue du CHU de Cotonou. Alors que les autorités estiment qu’elle est morte d’une « maladie », sa famille demande l’ouverture d’une enquête judiciaire indépendante et impartiale, incluant une autopsie déterminant les causes réelles du décès.

C’est ce qu’explique Achille Amoussou, le grand frère de Prudence Amoussou : « On nous a délivré pour le moment un certificat de décès qui dit que Prudence est morte suite à une maladie. Ma famille n’est pas d’accord avec cela. C’est ça le problème. On ne peut pas l’enterrer. Pourquoi le corps est toujours à la morgue jusqu’à ce jour ? À la situation s’ajoute de la tristesse, vraiment c’est trop pénible. Nous demandons seulement justice et réparation, c’est tout. Parce que tant que le certificat de la cause du décès n’est pas délivré, cela veut dire que le gouvernement ne reconnait pas ce qui s’est passé. On a appris que le Parlement béninois a voté une loi d’amnistie. Nul est au-dessus de la loi. Mais, nous, on veut la vérité. Donc c’est cela que nous demandons. Justice et réparation, c’est tout ».
Source : rfi





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