Bénin : un homme arrêté avec 12 fusils à Sinendé

Bergedor HADJIHOU 13 octobre 2020

Son colis a été intercepté. Et c’est tant mieux. Alors qu’il allait livrer selon ses dires sans le savoir, 12 armes de fabrication artisanale à une dame sur les traces de qui la police serait en ce moment, un jeune homme a été interpellé. C’était ce dimanche à Sinendé dans le département du Borgou.

On n’a pas idée. Pour ne pas trop éveiller les soupçons, la supposée expéditrice de la marchandise a disposé les pièces démontées d’armes artisanales dans un sac de jute que le jeune conducteur de taxi-moto portait simplement sur son engin. Parti de Bembèrèkè, il devait achever sa mission à Kérou, commune située dans le département de l’Atacora. Son trajet s’est arrêté net à Fô-Bouré commune de Sinendé où il a été interpellé. Cette arrestation d’un présumé trafiquant d’armes laisse transparaître certaines préoccupations. A l’approche des fêtes de fin d’année, les villes béninoises font l’objet d’un regain d’insécurité. Est-ce pour troubler la quiétude des populations en cette période que des personnes mal intentionnées ont commandé ces marchandises ? Ces armes étaient-elles destinées à la chasse ? Les questions méritent d’être posées tout comme il ne serait pas superflu d’appeler à une vigilance plus accrue à la veille des échéances électorales. Les affrontements ayant précipité la commune de Tchaourou située également dans le département du Borgou dans une rare violence à l’issue des enquêtes policières sur les violences postélectorales ont permis de dénombrer plusieurs armes de fabrication artisanale dans ce département. Les chasseurs aux prises avec l’armée envoyée en renfort ont permis de comprendre que les fusils ne circulaient pas uniquement pour les besoins de subsistance. En ce temps de crise, plus personne n’avait d’emprise sur l’origine des armes utilisées pendant le conflit. Pis, le chef-lieu du département en l’occurrence la ville de Parakou a été lui aussi le théâtre de plusieurs affrontements entre forces de sécurité et populations au cours desquels, des civils ont été soupçonnés d’avoir fait feu avec des armes de fabrication artisanale. Ne sachant donc pas à quel usage était destiné le dangereux colis, c’est une bonne chose que la police Républicaine ait pu intervenir à temps. Il s’agit d’une belle prise pour nos forces de l’ordre qui permettra peut-être à nouveau d’éviter le pire.





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