Bénin : Une innovation booste le rendement du Soja

Fulbert ADJIMEHOSSOU 7 mai 2020

Il est possible de booster à la fois la production du soja et de lutter contre la dégradation des sols. Une expérience faite sur la base de l’utilisation des biofertilisants et la technologie isotopique porte ses fruits. Elle a été rendue publique sur le site de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique ce jeudi 7 mai 2020. « "Les pratiques de production traditionnelles ne permettaient pas aux producteurs d’améliorer les rendements de soja au-delà de 890 kilogrammes par hectare, mais avec les pratiques de production améliorées actuelles, les agriculteurs peuvent récolter 1100 kilogrammes par hectare", déclare Ahoyo Adjovi, directeur scientifique de l’Institut national de recherche agricole du Bénin (INRAB). Ces résultats sont en lien avec le projet BEN5012 financé par l’AIEA et coordonné par Professeur Pascal Houngnandan , vice-recteur de l’Université nationale d’agriculture, Prof titulaire à la Faculté des sciences agronomiques de l’UAC où il a implanté le laboratoire de biofertilisant.
En réalité, le Bénin est encore loin du rendement moyen amélioré dans les champs des agriculteurs qui est de 3370 kilogrammes par hectare. Les scientifiques y travaillent donc avec l’appui de l’Aiea et de la FAO pour l’amélioration des pratiques. C’est avec des chercheurs de l’Université d’Abomey-Calavi , de l’Institut national de recherche agricole du Bénin (INRAB) et de plusieurs ONG locales et internationales ont aidé les agriculteurs locaux à augmenter les rendements du soja en augmentant la teneur en azote du sol grâce au processus naturel de fixation de l’azote de l’air, rendant ainsi la production de soja respectueuse de l’environnement.

Comment ça marche ?
Selon la publication, pour faciliter le processus de fixation accrue de l’azote, les chercheurs de l’université d’Abomey-Calavi ont produit de l’inoculum, un biofertilisant qui contient des micro-organismes pour améliorer la productivité du sol et stimuler la croissance des cultures. L’efficacité des biofertilisants a été aussi testée au préalable avec des techniques isotopiques pour prouver cette efficacité et la capacité des plantes à absorber le biofertilisant et à fixer l’azote de l’air. "L’inoculation favorise le développement des nodules au niveau des racines et augmente ainsi la fixation de l’azote atmosphérique. C’est un moyen rentable d’augmenter les rendements, tout en améliorant et en maintenant la fertilité des sols", a déclaré Nestor Ahoyo Adjovi.
Ainsi, selon la source, la production de soja est passée de 57 000 tonnes en 2009 à 222 000 tonnes en 2019. Au cours de la même période, la surface cultivée est passée de 64 000 ha à 200 000 ha et le rendement est passé de 890 kg/ha en 2009 à 1100 kg/ha en 2019. On prévoit que la production annuelle de soja atteindra 341 000 tonnes d’ici 2030, soit six fois plus qu’en 2009. Ce qui ouvre la voie à l’exportation. "La production et le déploiement de l’inoculum réduisent la quantité d’engrais azoté nécessaire, ce qui signifie que les agriculteurs dépensent moins pour la production", souligne Joseph Adu-Gyamfi, spécialiste de la gestion intégrée de la fertilité des sols à la Division mixte FAO/AIEA des techniques nucléaires dans l’alimentation et l’agriculture.





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