Bénin : vague de libération de prisonniers, de grands pas vers la décrispation

Angelo DOSSOUMOU 10 novembre 2021

Alexandre Hountondji, Joseph Tamègnon et consorts avaient, la semaine dernière, ouvert le bal de la liberté et après de longs mois de détention, ont pu rejoindre leurs familles respectives. Lundi, c’était le tour de Elie Djènontin, fils de l’ancien ministre de la justice et certains de ses compagnons d’infortune de savourer la joie de respirer l’air frais de la liberté. En deux semaines, deux vagues de libération de prisonniers embastillés relativement au dossier dit de terrorisme et d’atteinte à la sûreté de l’Etat ou de violences enregistrées lors de la présidentielle d’avril 2021. S’il est vrai qu’après des sorties tant du ministère public que de la défense pour situer l’opinion publique sur les mobiles de ces arrestations ou pour en démontrer le caractère abusif, beaucoup s’attendaient à des audiences épiques, il est à reconnaître qu’il n’en fut rien. Bien au contraire.
Finalement, c’est Bertin Koovi qui aura raison d’affirmer sur l’affaire de ces arrestations, qu’à un problème politique, il faut une solution politique. Evidemment, ce serait une myopie de dissocier les dernières vagues de libération de prisonniers de la rencontre Talon-Yayi. Si ce n’est pas un coup de pouce dans l’obtention de ces mises en liberté et de la promotion du dégel du climat sociopolitique, ça y ressemble fortement. De toute façon, la liste de prisonniers encore derrière les barreaux, et pas des moindres, pour les mêmes affaires liées à la violence autour de la présidentielle d’avril 2021 n’est pas près de s’épuiser. Car, tellement il y en a eu que ces deux vagues de libération ne sont qu’un coup de pouce pour le retour à la normale au plan politique surtout que lesdites arrestations ont foncièrement fragilisé l’opposition au régime en place. C’est dire qu’il y a encore du chemin à faire pour un dégel total et la cicatrisation des plaies béantes laissées par l’organisation de la présidentielle qui a vu Patrice Talon renouveler son bail à la Marina.
D’ailleurs, tant que spécifiquement certains leaders politiques arrêtés et en détention toujours dans les mêmes affaires n’auront pas recouvré leur liberté, il serait osé de parler déjà de décrispation. Mais, les derniers pas posés par la Criet avec des libérations tous azimuts et sans doute bien inspiré d’aller dans le sens de la dynamique qui a vu Talon rencontrer Yayi, ont de grandes chances d’amener le peuple a véritablement emprunter le chemin qui conduit à l’Oasis de la paix tant recherchée. Cependant, il faut se faire à l’idée, qu’on ait tort ou raison, qu’il n’est jamais facile d’oublier et d’effacer des séquences d’une vie négativement marquée. Alors, loin d’une incantation, le processus de décrispation est un long chemin et aucun effort pour y arriver ne serait de trop.





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