Benjamin Hounkpatin, ministre béninois de la Santé : « La couverture sanitaire universelle est en bonne marche »

15 novembre 2021

Au Bénin, deux associations, Bénin santé + et la plateforme du secteur sanitaire privé du Bénin, organisent cette semaine un événement à Cotonou, autour de la participation du secteur privé à la couverture sanitaire universelle. La CSU est un objectif de développement durable qui doit permettre à tous un accès géographique et financier à des soins de qualité. Une rencontre de réflexion autour de ce sujet avait lieu hier, mercredi 10 novembre 2021, en présence du ministre béninois de la Santé. Pour faire le point sur les réformes en cours, et le chemin qu’il reste à parcourir, Benjamin Hounkpatin est l’invité de Magali Lagrange.

Où en est la couverture sanitaire universelle (CSU) au Bénin ?
La couverture sanitaire universelle est en bonne marche. La première mesure phare que le gouvernement aille à mettre en place au cours de ces dernières années, c’est l’Assurance pour le renforcement du capital humain (ARCH) dont la première composante concerne l’assurance santé. Et dans ce volet, nous avons eu à expérimenter déjà dans trois zones sanitaires l’assurance santé, ayant permis donc de couvrir les pauvres extrêmes. Et nous sommes en train de passer à la phase de généralisation actuellement. Mais au-delà- de ça, le gouvernement avec l’accompagnement de l’Assemblée qui l’a votée a eu à rendre l’assurance maladie obligatoire à compter du 1er janvier 2022. Cela permettra effectivement de garantir encore un peu plus pour le panier de base, qui comporte les maladies les plus basiques que les populations soient amenées à faire de manière récurrente, l’accès aux soins pour les populations quelles qu’elles soient et où qu’elles se trouvent.

Quand on parle de l’assurance maladie obligatoire à partir du 1er janvier 2022, plusieurs personnes m’ont répondu qu’elles ignoraient un peu les contours de cette mesure, qu’elles ne savaient pas vers qui se tourner, comment ça allait se passer. Pouvez-vous expliquer aux Béninois qui nous écoutent comment cela va se passer pour eux ?
Les contours sont en train d’être définis par le gouvernement entre la loi et puis, il y a un décret d’application qui sera pris pour définir le panier de base, c’est en cours actuellement. Et au-delà de ça, il y a un comité inter ministériel qui travaille sur la question pour pouvoir rendre opérationnelle à compter du 1er janvier l’assurance maladie obligatoire, aussi bien [pour] les fonctionnaires de l’État, les fonctionnaires du secteur privé, les retraités, le secteur informel, tout le monde sera astreint vraiment à avoir cette assurance maladie obligatoire pour couvrir le panier de base. Pour les détails, ils auront le temps de l’avoir dans les toutes prochaines semaines.

Comment on astreint les travailleurs du secteur informel à souscrire à une assurance maladie ?
Il y a plusieurs mécanismes qui se sont développés déjà par d’autres entités, les mutuelles notamment avec des vendeurs de marchés, les artisans par exemple qui sont déjà organisés. Donc, ce sont des questions qui sont d’actualité et que nous sommes en train de traiter au niveau du gouvernement et qui vont trouver une réponse dans les toutes prochaines semaines.

Avez-vous une idée du coût pour tout Béninois qui va souscrire à ces assurances ?
Nous allons avoir un panier de base qui sera fixée. Il faudrait que nous puissions avoir ce panier de base avant d’avoir avec les études actuarielles le coût du panier de base.

Au niveau géographique, qu’est-ce qui est fait par le gouvernement pour que tout Béninois puisse avoir accès à des structures de santé ?
Le Bénin a une couverture en matière de formation sanitaire de plus de 94%. S’il est vrai que lorsque vous allez dans certaines régions la distance peut être un peu plus longue que pour d’autres, de façon globale la couverture sanitaire n’est pas mal du tout.

Est-ce qu’il y a des déserts médicaux au Bénin ?
Les déserts médicaux, c’est vraiment quelque chose qui est commun à tous les pays. Quand vous prenez la région septentrionale du pays, il n’y a pas beaucoup de ressources humaines qui y vont. Et aujourd’hui, nous sommes en train de trouver des systèmes pour pouvoir motiver les ressources humaines à y aller.

Toutes ces mesures, elles ont un coût évidemment : comment l’État béninois finance-t-il ces mesures ?
C’est une question récurrente dans tous les pays, mais le gouvernement est fortement engagé. Tout est une question de volonté politique. Et de lourds investissements sont consacrés pour le secteur de la santé, aussi bien par rapport à nos ressources propres au niveau du budget national, mais également avec l’accompagnement des partenaires financiers.

Les Béninois disent que se soigner pour eux, c’est encore aujourd’hui très cher et que parfois, ils doivent renoncer à des soins. Qu’est-ce que vous leur dites ?
Se soigner ne peut pas être cher, parce que la santé n’a pas de prix. Et c’est pour cela que les initiatives qu’il faut mettre en place doivent déjà prévenir la survenue de la maladie. Et quand la maladie survient, il faut pouvoir la prendre en charge. Et c’est toute l’essence de ce que nous voulons mettre en matière d’assurance maladie universelle pour que, lorsque les pathologies viennent, les pathologies les plus courantes, que le Béninois lambda ne se pose pas de questions par rapport à comment il se prendra en charge lorsqu’il se rendra dans un centre de santé.
Source : rfi





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