Besoins élémentaires à l’UAC : L’eau potable, une denrée rare sur le campus

21 avril 2022

Depuis le démarrage de la rentrée académique 2021-2022, les étudiants de l’Université d’Abomey-Calavi soufrent le martyre pour s’approvisionner en eau potable. Des bâtiments Pip aux trois bâtiments Bid fonctionnels, aucun étudiant résident ne peut se targuer d’avoir de l’eau potable à sa convenance. Pire, depuis plus d’une semaine, de l’alimentation discontinue observée depuis plusieurs mois, ces étudiants ont été complètement sevrés du liquide vital.

Vêtu de haillon, bidon de 25 litres sur la tête, Wilfred Amouvikpo est étudiant inscrit à la Faculté de droit et de science politique. Depuis plus d’une semaine son exercice quotidien consiste à se réveiller très tôt à 5 h, parcourir une distance de 5 km afin de s’approvisionner en eau potable. Il y a de quoi être fatigué de faire tous les jours ce parcours de combattant avant de satisfaire ce besoin de première nécessité. « Tous les jours, je dois me réveiller pour prendre de l’eau afin de me mettre au propre. Le lundi dernier, je suis allé au cours en retard parce que j’ai parcouru plusieurs endroits avant de trouver de l’eau pour me laver. Depuis que j’ai intégré les résidences, on n’a Jamais eu d’eau continuellement. Pourtant, nous sommes en plein cœur de la ville d’Abomey-Calavi, une ville à statut particulier », s’est-il indigné. Tout comme lui, Sergie Hessou, étudiant à l’Ecole polytechnique de l’université d’Abomey-calavi éprouve la même difficulté dans sa résidence. « Tous mes vêtements sont sales. Depuis une semaine, je n’ai pas pu laver mes tenues de cours. Elles dégagent de puanteurs mais je ne peux m’en passer car, je suis venu à l’université d’Abomey Calavi pour acquérir des connaissances », a-t-il souligné tout en se remettant à Dieu. Car, il ne sait, à l’en croire, quand l’eau sera enfin disponible. Pendant que le polytechnicien se plaint de la difficulté pour laver ses vêtements, son voisin de salle évoque ses difficultés pour faire ses besoins naturels depuis quelques jours en raison des problèmes liés à l’alimentation en eau. « Notre toilette est sanitaire. C’est donc indispensable d’avoir de l’eau avant de faire les besoins. Depuis la pénurie d’eau, je vais dans les buissons. Je dois quitter le deuxième étage et courir dans la nuit pour éviter le regard de mes camarades », a-t-il affirmé. Pour lui, c’est un calvaire d’être étudiant résident puisque les besoins de première nécessité deviennent des problèmes cruciaux.

L’inaction du Centre des Œuvres Universitaires et Sociales
Ayant pour mission d’assurer les prestations et les services propres à améliorer les conditions de vie et d’études des étudiants notamment dans les domaines de logement, de restauration, de transport … etc, le Centre des Œuvres Universitaires et Sociales éprouve des difficultés à assurer le minimum aux étudiants de l’université d’Abomey-Calavi. C’est du moins, ce que pense Miguelle Agbakou, étudiant à la Faculté des Sciences Agronomiques. Pour elle, depuis plus de trois mois, les étudiants ne peuvent jamais être certains d’avoir de l’eau. « On n’a jamais eu de l’eau pendant 24h. Raison pour laquelle, on a presque tous des bassines pour avoir de l’eau en réserve. De plus, toutes les résidences n’ont pas d’eau », a-t-elle laissé entendre. A quelques mètres de sa cabine, Mathieu Biokou va apporter plus de précision. « Moi je quitte pratiquement tous les jours le deuxième étage pour prendre de l’eau dans les cabines au rez-de-chaussée. Je pense que le Cous a échoué dans sa mission. Il faut réorganiser totalement cette administration parce qu’elle n’arrive réellement pas à trouver de solution aux problèmes des étudiants ». Face à cette situation de pénurie d’eau potable, Léopold Ganhomedé , le Directeur Adjoint du cous Ac a souligné le Mardi dernier au Micro des journalistes de Radio Univers qu’une solution a été trouvée et les etudiants ont désormais l’eau potable « Depuis le vendredi dernier ( 15 Avril), les etudiants ont trouvé satisfaction face à leur problème d’eau », -a-t-il affirmé. Pourtant le constat sur le terrain dans la journée du mercredi 20 mars est tout autre. Des résidences I-55 aux résidences I-25 en passant par I-30, I-35, les étudiants n’ont toujours pas d’eau. Nombreux d’entre eux sont allés une nouvelle fois au cours sans prendre le bain.
Mickael VOGBE (Stag)





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