Capella Dovonou sur la transformation du soja en yaourt : « C’est un plaisir devenu passion »

4 octobre 2022

La transformation du soja en yaourt n’a plus de secret pour Capella Dovonou. Entre le soja et les études, elle sait apporter résultat. Transformatrice de soja en yaourt depuis quelques années, Capella Dovonou est une jeune étudiante en master à la Faculté des sciences agronomiques de l’Université d’Abomey-Calavi. A travers cet entretien, elle lève le rideau sur son activité et propose quelques solutions aux songeurs de cette activité à revenus importants.

Pourquoi avez-vous opté pour la transformation du soja en yaourt ?
Passionnée par les innovations alimentaires, je faisais des recherches et puis je suis tombée sur des laits végétaux et, par extension, des yaourts végétaux. J’ai donc commencé à expérimenter le yaourt de riz puis le yaourt de soja. Le plus concluant a été le yaourt de soja. Plus tard, j’ai fait beaucoup de recherches sur le lait de soja et j’ai finalement découvert que c’est l’un des laits végétaux les plus riches. Le soja a une énorme valeur nutritionnelle, en particulier sa teneur en protéines qui peut atteindre 50%. Mais le soja est sous-consommé en raison de la faible disponibilité de produits adéquats de cette chaîne de valeur. La population est donc réticente à le consommer. De plus, les gens sont intolérants au lactose. Afin d’aider à résoudre ce problème, notre entreprise s’inscrit dans une logique d’innovation et produit du yaourt de soja de bonne qualité.

La transformation de soja en yaourt est-elle pour vous une passion ou un plaisir ?
La transformation de soja en yaourt est pour moi un plaisir qui s’est transformé en passion. J’apprends et j’essaie de nouvelles technologies pour améliorer le produit.

Pendant combien d’année êtes-vous dans ce métier ?
Cela fait deux ans que nous y sommes.

Quels sont vos outils de travail ?
Nos outils de travail sont entre autres les matériels et équipements que nous utilisons pour la production qui est artisanale pour le moment (moulinex, marmite, foyer à charbon, toile filtrante, bassines, récipients, bouteilles, glacières). Il y a aussi les téléphones et l’ordinateur pour la communication sur les différents réseaux sociaux et pour la comptabilité.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontée dans l’exercice de votre métier ?
D’abord il y a l’acceptabilité du produit. Les gens n’ont pas l’habitude de prendre du yaourt fait à base de soja. Ensuite, certains fruits sont saisonniers donc on n’a pas toutes les saveurs à plein temps. D’un autre côté, il y a le manque de moyens financiers pour acquérir des équipements adéquats et donc modernes, agrandir la production et intensifier la communication autour des produits.

Ont-elles été vraiment un obstacle pour vous ?
Non, j’ai fait avec les moyens de bord et j’ai donné le meilleur de moi-même dans l’espoir que ça va changer un jour.

Comment arrivez-vous à concilier études et production de yaourt ?
Je m’en sors tant bien que mal avec l’aide de ma mère et de mes amis parfois. Je prends les commandes la veille et je vais au cours avec la glacière et les yaourts de soja pour les livraisons. Ce n’est souvent pas facile mais j’y arrive.

Comment êtes-vous arrivée à réussir ce métier malgré les peines ?
Il faut dire que la passion était là, la persévérance aussi et en olus de la prière je suis arrivée à ce niveau. C’est dire que je n’ai pas baissé les bras et donc le découragement était bani.

Quel bilan faites-vous de vos débuts à aujourd’hui ?
Je suis en train de construire une communauté où les gens adorent le yaourt de soja. Certains sont réticents mais le bilan est satisfaisant. On peut donc dire que les gens aiment ce que fait ‘’Saveurs Nouvelles’’.

Avec combien avez-vous commencé en arriver à ce stade ?
Honnêtement, je suis partie d’un peu moins de 50 mille. Et j’ai fait du chemin avec.

Comment la clientèle perçoit vos produits ?
Au début elle était réticente mais avec ces deux années d’existence, ils ont appris à aimer le yaourt de soja. Globalement, nous faisons la livraison à domicile. Certains viennent également à la maison s’en procurer.

A combien peut-on procurer un yaourt chez vous ?
Il y a plusieurs saveurs disponibles. Entre autres, Saveurs classiques mangue, papaye et banane disponibles en deux formats 500 Fcfa et 1000 Fcfa. Saveur fraise et saveur Noël (avec les fruits coupés, granola…) 1500 F. La saveur Féminine est à 2000F.

Votre métier nourrit-il son homme ?
Dire que ce mitier ne nourrit pas son homme, c’est un mensonge. Fièrement j’avoue qu’il nourrit son homme.

Un mot à l’endroit des rêveuses de ce métier ?
Il faut se faire former et donner le meilleur de soi-même. Et à tout ceci, il faut ajouter des produits sains et innovants.
Propos recuellis par Mahussé Barnabé AISSI (Coll)





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