Circulation sur les axes routiers : Le rançonnement résiste à la rupture

Arnaud DOUMANHOUN 29 août 2019

Retour des vieux démons. Ce n’est plus une rumeur. Les actes de rançonnement ont refait surface sur les axes routiers du Bénin. Chassez le naturel, il revient au galop. Juste un temps de répit et les efforts consentis par le régime du nouveau départ pour conjuguer au passé ce mal qui déshonore les forces de sécurité publique et porte de grave préjudice aux usagers de la route s’essoufflent. Pourtant, les récidivistes en avaient eu pour leur compte. On aurait parié que les différentes sanctions qu’ils ont subies étaient pédagogiques. Erreur ! L’effet de dissuasion, sans doute recherché, n’est pas au rendez-vous. Du moins, pas selon cette note circulaire du nouveau Directeur général de la police républicaine, le contrôleur général de police, Soumaïla A. Yaya qui mentionne clairement : « Il m’est revenu de façon récurrente que certains fonctionnaires de police s’adonnent à des actes de rançonnement notamment au cours des patrouilles de sécurisation des axes routiers ». La note de service n°0387/PR/SP du 27 août 2019 rappelle à l’endroit des agents concernés que de tels comportements contraires à l’éthique et à la déontologie portent atteinte à l’honneur et à l’image de marque de la police républicaine et ne sauraient, par conséquent, perdurer.
Cette note tout en rappelant les agents à leurs devoirs notamment les chefs d’unités, suscite quelques questionnements. Le plus évident est lié à la gestion des fonds de patrouille. Car, à en croire le directeur général de la police républicaine, c’est à l’occasion des patrouilles de sécurisation que le mal se fait plus persistant. Est-ce toujours l’indélicatesse des agents ou l’éternelle question de la gestion rationnelle des fonds de patrouille ? Quoi qu’il en soit, pour avoir prêté serment, ces agents en uniformes, garant de l’ordre et de la sécurité publique devraient être des modèles.
Il ne faut d’ailleurs pas perdre de vue que la Cedeao à travers son rapport ‘’Task force’’ a récemment positionné le Bénin comme le premier corridor le plus fluide de la sous-région, où la libre circulation des personnes et des biens est une réalité. Un résultat auquel a contribué la lutte effrénée contre le rançonnement et toutes sortes de tracasseries sur les axes routiers. C’est avec fierté que le chef de l’Etat et nombre de béninois, ont salué cette prise de conscience au niveau des forces de sécurité publique. Peut-on encore s’enorgueillir ?





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