Commémoration des défunts au Bénin : Quand la tristesse des uns fait le bonheur des autres

La rédaction 3 novembre 2017

Le 2 novembre de chaque année, le monde entier se souvient des défunts. Un tour au cimetière du quatrième arrondissement de Cotonou ce jeudi 2 novembre 2017, et le constat est patent. Même si l’affluence observée le 1er novembre déclaré férié, chômé et payé a considérablement diminué, plusieurs personnes sont présentes pour entretenir la tombe de leurs parents défunts en apportant des fleurs, en allumant des bougies, et priant pour que ceux-ci intercèdent en leur faveur auprès de Dieu. Dame Jacqueline Kakpo, couchée sur la tombe de son défunt mari, ne manque jamais de venir communier avec celui qu’elle continue d’appeler son homme. « Je viens chaque année, lors de la célébration des défunts prier pour le repos de son âme et lui demander de m’aider à bien m’occuper de nos quatre enfants » confie-t-elle, les larmes aux yeux. Non loin d’elle, c’est un groupe de femmes de la famille Anani qui est venu allumer des bougies pour le repos des âmes des membres de leur famille. Un peu plus loin d’elles, c’est pépé Raphael qui, après avoir payé certains jeunes pour nettoyer la tombe de sa défunte fille, y dépose des fleurs. « Je viens souvent le 2 novembre car le premier, il y a trop de monde. Cela fait deux ans que ma fille est morte, mais les souvenirs sont encore vivaces dans ma mémoire. Je ne sais pas pourquoi elle est partie aussi jeune, mais je prie tous les jours que Dieu fait afin qu’elle puisse trouver le repos éternel », déclare ce sexagénaire.
Le moment des bonnes affaires…
Contrairement à la tristesse qui se lit sur les visages de la plupart de personnes présentes dans cimetière hier, il y a une catégorie d’usagers pour qui, les 1er et 2 novembre constituent une période des bonnes affaires. Ainsi, les vendeurs de bougies, de fleurs et les jeunes déambulent entre les tombes pour proposer leurs services. « Nous sommes là pour aider ceux qui veulent laver la tombe de leurs parents défunts. Parmi nous, il y a aussi des maçons, des peintres qui peuvent, séance tenante, réfectionner les tombes qui sont en mauvais état à la demande des parents », explique Fabrice, un jeune apprenti maçon. Comme lui, plusieurs jeunes profitent de ces deux jours pour se faire d’argent. Un peu comme pour dire, la tristesse des uns fait le bonheur des autres.
Euloge GOHOUNGO (Stag)





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