Conférence internationale sur les enjeux de la sécurité de proximité : « Le panafricanisme de la gestion de la sécurité est désormais une réalité »

Moïse DOSSOUMOU 13 décembre 2022

Au terme de deux jours de travaux, les rideaux sont tombés sur la 2e édition de la Conférence internationale sur le partage d’expériences et de bonnes pratiques en matière de sécurité de proximité. Organisée par l’Agence d’Assistance à la Sécurité de Proximité (ASP) avec le soutien de la Fondation allemande Konrad Adenauer Stiftung, elle a réuni à Dakar des experts venus de différents horizons.

Réunis autour du thème : « Prévention et sécurité : les enjeux de la sécurité de proximité en Afrique de l’Ouest et du Centre », des décideurs politiques et des experts de haut niveau ont animé des panels sur « la sécurité de proximité et les acteurs civils dans la prévention de l’extrémisme violent en Afrique : défis pratiques et opportunités » ; « les implications et les stratégies de la sécurité de proximité dans les quartiers sûrs : quelques cas en Afrique de l’Ouest et du Centre : Sénégal, Côte d’Ivoire, Cameroun et République Démocratique du Congo (RDC) et « Quel rôle pour les parlementaires africains dans la promotion de la sécurité de proximité ? »
A l’issue des travaux, des recommandations ont été formulées par les participants allant dans le sens du renforcement de l’ancrage juridique de l’ASP du Sénégal, la prise en compte des besoins des populations en matière de sécurité de proximité, la sensibilisation des parlementaires sur les instruments de mise en œuvre de la police de proximité.
Invite a été faite aux dirigeants africains de non seulement s’appuyer sur les parlementaires pour la sensibilisation des populations, mais aussi et surtout de réinventer la stratégie de mobilisation des ressources financières pour la mise en œuvre de la police de proximité.
Il a été demandé aux parlementaires de s’approprier l’initiative police de proximité afin de mettre en œuvre des creusets de renforcement de la confiance entre la police et les populations et de mieux aider les autorités à prendre des décisions éclairées par la recherche.
Le coordonnateur régional du Programme pour le dialogue sur la sécurité en Afrique subsaharienne », Dr Toussaint Kounouho a salué la densité des débats tout au long de la conférence. « En deux jours, beaucoup de choses ont été dites. On garde de ce forum, le caractère éclectique des débats. Dans un brassage libre et délibéré, les experts ont pu se prononcer sur leur perception de la notion de sécurité de proximité. Les expériences de certains pays ont été partagées notamment de l’Afrique de l’Ouest et Centrale », a-t-il déclaré. Il a rassuré que la fondation Konrad Adenauer Stiftung est ouverte à des discussions sur les modalités de pérennisation du modèle sénégalais pour une transformation qualitative de l’approche de la sécurité de proximité.
Le président du Conseil de surveillance de l’Agence d’Assistance à la Sécurité de Proximité (ASP), Hamidou Mboh a indiqué, au terme des travaux, que « le panafricanisme de la gestion de la sécurité est désormais une réalité. Il faut le gérer avec parcimonie et fermement pour inventer notre propre modèle avec les forces de défense et de sécurité ».
Le directeur général de l’ASP, Mamadou Salif Sow a plaidé pour une multiplication des initiatives afin de promouvoir des études et réflexions pour renforcer la confiance entre les populations civiles et les forces de défense et de sécurité. « Si on ne peut pas se réunir toutes les années, qu’on le fasse tous les deux ans pour mener des réflexions afin d’évaluer les avancements, les contraintes. S’il y a des choses à améliorer, qu’on le fasse ensemble. Le gouvernement du Sénégal et l’Agence d’assistance à la sécurité de proximité s’y engagent », a-t-il rassuré. Il a mis l’occasion à profit pour souligner avec insistance qu’au fil du temps, « les sources de financement de la sécurité de proximité ne sauraient se limiter à la simple contribution de l’Etat. Il faut que l’ASP et toutes les structures qui œuvrent dans le cadre de la sécurité de proximité réfléchissent sur des sources de financement afin de pouvoir obtenir des moyens additionnels pour remplir pleinement notre mission auprès des populations ». Il a annoncé pour finir la création d’un département recherches et innovations au sein de l’ASP Sénégal. « Sans la recherche, nous ne pouvons pas avancer. Il faut que les universitaires travaillent sur la question de la sécurité pour apporter des pistes de solutions » avant de prendre l’engagement que les recommandations seront transmises aux autorités compétentes en vue de leur capitalisation.





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