Covid-19 au Bénin : Cibler les personnes à risque de formes graves

Fulbert ADJIMEHOSSOU 19 juin 2020

Face à la Covid-19, aucune option n’est de trop pour sauver des vies. Et parlant de vies, celles des couches vulnérables, c’est-à-dire d’un certain âge ou ayant des antécédents cliniques à risques devraient beaucoup plus préoccuper. C’est indispensable, surtout après les explications, ce jeudi, du Ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin. « Les cas graves sont tous porteurs de tares (diabète, hypertension artérielle, drépanocytose) qui renforcent leur fragilité vis-à-vis de la maladie. On note par ailleurs un recours tardif aux services de santé du fait de l’automédication ou du déni de la maladie. La recrudescence des cas en ce début de saison pluvieuse pourrait être due à la hausse de la température liée à la fraicheur qui s’est installée avec les premières pluies », a-t-il martelé.

Sensibilisation ciblée des personnes à risque
A dire vrai, les hypertendus, les diabétiques et autres suscités ne courent pas plus de risques de contracter le coronavirus, si déjà ils peuvent comme tout le monde respecter les gestes barrières. En revanche, il faudra s’inquiéter quand ces personnes à risque de formes graves s’exposent. Ce qui voudrait dire, qu’au-delà de tout, il n’y a pas de solution miracle. Le plus important, c’est d’abord pour ces sujets de respecter les mesures barrières et de distanciation physique, puis de limiter les déplacements dans des lieux à risque de transmission élevée. Une campagne orientée vers ces sujets pourrait faciliter une prise de conscience dans leurs rangs.
Que ce soit des SMS, les réseaux sociaux, tout comme les appels téléphoniques, pour ceux qui sont connus des hôpitaux, aucun canal ne devrait être négligé pour cibler spécifiquement ces patients pour leur rappeler le risque en cas d’infection et l’importance de bien prendre en charge son mal. Pareil pour les autres sujets à risque de développer des formes graves comme les personnes souffrant de drépanocytose qui doivent en plus de respecter les gestes barrières continuer de suivre les mesures habituelles pour la drépanocytose : bien s’hydrater, continuer à prendre ses médicaments. Les patients hypertendus doivent bien souvent aussi, entre autres, contrôler leur tension artérielle et prendre correctement leurs médicaments pendant cette période.

Identifier et protéger
Sauf que, dans le lot, il y a bien plus de patients à risques de développer une forme grave d’infection à coronavirus qui s’ignorent. Mais, au moins concernant les personnes souffrant de diabète, il y en a qui sont connus des hôpitaux. Aussi, selon certaines études, ce sont les « patients atteints par un diabète insulino-dépendant non équilibré ou présentant des complications de leurs diabètes avec d’autres comorbidités associées comme l’obésité ou encore l’hypertension artérielle » qui sont souvent cités et qui peuvent être soumis aux tests de diagnostic. Il y a sans doute un coût pour cela.

Eviter l’effet psychologique des morts
Mais investir dans la prévention pourrait éviter d’être sous pression de cas graves et l’effet psychologique d’avoir à compter des morts. C’est peut-être aussi le moment de penser à avoir une base de données précise pour pouvoir identifier à de pareilles occasions les sujets à risques pour les mettre à l’abri du danger, d’une manière ou d’une autre. Il y a un début à toute chose. Et s’il y a une leçon qui revient sans cesse avec cette crise, c’est qu’aucun système de santé n’est assez parfait tant qu’il n’a été éprouvé par une pandémie redoutée. Puis, il faut inscrire les sensibilisations dans la durée de sorte à réduire la prévalence de ces maladies à risque au sein de la population. C’est aussi l’autre avantage de la Covid-19 : « aucune maladie ne devrait plus être négligée ».





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