Covid-19 Bénin : contaminé, le Directeur du Samu témoigne

Fulbert ADJIMEHOSSOU, Isac A. YAÏ 29 juin 2020

Bien que très protégés, les soldats blancs en première ligne dans la lutte contre le coronavirus ne sont pas épargnés. Il y a donc des contaminations dans le rang des médecins. Aux « St Thomas » de la Covid-19, des patients s’adressent du fond de leur cœur pour témoigner de l’existence de la maladie. C’est le cas du Professeur Eugène Zoumènou, anesthésiste réanimateur, Directeur du Samu. Dans son 11e jour de traitement, il s’est confié ce lundi à Frissons Radio. Lisez son témoignage.
« Nous prenons beaucoup de précautions. Le risque zéro n’existe pas cependant. Il y a toujours un peu de doute. J’imagine bien le jour où j’ai été contaminé. Il s’agissait de la visite à un patient grave mais qui n’était pas encore diagnostiqué. Dès que je suis entré dans sa chambre à la clinique, je suis resté juste pour lui expliquer que l’équipe viendrait le prélever et qu’il n’avait pas à s’inquiéter parce qu’il était très anxieux. Le prélèvement de ce patient s’est révélé positif.
Dans mon cas, la maladie a commencé comme une grippe banale ; irritation de la gorge, la toux, la fièvre, des maux de tête mais surtout des douleurs musculaires très importantes. Le test de diagnostic rapide était négatif. Et le lendemain, la PCR était positive. Moi j’étais convaincu que j’avais les ressources immunitaires pour lutter contre. Je suis sportif. Je n’ai pas de comorbidité. Dans la réalité, ça a été plus difficile que je ne m’y attendais. J’ai passé trois jours difficiles qui m’ont vraiment inquiété. (…)
Moins les gens vont respecter les gestes barrières, plus le nombre de cas va augmenter et plus nous les agents de santé serons sous pressions avec le risque de nous contaminer en cherchant à soigner les autres. De grâce, épargnez-nous ! Respectez les gestes barrières. Dans la Covid-19, on sait qu’en fonction du nombre que nous avons, nous aurons 10% de cas graves. Est-ce que vous pensez que nous avons les moyens de prendre en charge 100 cas graves ? Protégeons-nous. Quand vous allez à Allada et que vous voyez le nombre de cas graves qu’il y a, c’est affligeant.
Les personnes qui ont des maladies chroniques, hypertension artérielle, diabète, obésité, asthme, cancer, insuffisance rénale chronique, protégez-vous ! Limitez vos déplacements ! N’allez pas à des enterrements. Restez chez vous. Si vous pouvez travailler à distance, faites-le. Je vous assure que des personnes jeunes, de 38-40 ans hypertendus, diabétiques et obèses sont malades et constituent des cas graves.
Transcription : Fulbert ADJIMEHOSSOU





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