Covid-19 : faut-il s'attendre à une flambée des cas avec la rentrée scolaire ?

7 septembre 2021

Alors que 12 millions de petits Français reprennent, jeudi, le chemin de l’école, le scénario d’une reprise épidémique se précise. Une crainte d’autant plus justifiée que dans les pays où la rentrée a eu lieu quelques semaines avant, le nombre de cas de Covid-19 explose.

C’est une rentrée scolaire que le gouvernement souhaite la plus "normale" possible. Après deux mois de vacances, 12 millions d’élèves de métropole sont de retour, jeudi 2 septembre, sur les bancs de l’école. Pourtant, avec des enfants de moins de 12 ans non vaccinés et un protocole sanitaire jugé insuffisant dans les établissements scolaires, de nombreux scientifiques s’inquiètent d’un retour en force du Covid-19 à l’automne.
Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a lui-même mis en garde, mercredi, contre une "reprise" épidémique que pourrait provoquer "la rentrée scolaire, avec le retour de nombreuses activités", ainsi que le "refroidissement automnal".
"Dans cette population non vaccinée, le risque de circulation intense du virus à la rentrée est très élevé", avait déjà alerté le conseil scientifique dans une note remise au gouvernement le 20 août.
"Le scénario le plus probable est bien celui d’une circulation accrue du virus notamment parce que le variant Delta se propage plus facilement parmi les jeunes", avertit le médecin Jérôme Marty, président du syndicat l’Union française pour une médecine libre, joint par France 24.
Selon une modélisation de l’Institut Pasteur, les enfants pourraient représenter la moitié des nouvelles contaminations à la mi-septembre.

Hausse "extrêmement inquiétante"
Une crainte d’autant plus justifiée que dans les pays où la rentrée a eu lieu quelques semaines avant la France, le nombre de cas de Covid-19 explose.
C’est le cas en Écosse, où le nombre de malades du Covid-19 a été multiplié par cinq en quatre semaines et où le taux de positivité est passé de 5 % à 11,5 %, une augmentation exponentielle attribuée à la reprise des activités scolaires en août.
"Même si nous nous attendions à voir une augmentation du nombre de cas, l’ampleur de cette hausse ces dernières semaines est extrêmement inquiétante", s’est alarmée, mercredi, la Première ministre, Nicola Sturgeon, devant le Parlement.
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Même tendance en Allemagne où le nombre de contaminations s’envole depuis le retour des écoliers en classe dans plusieurs länder, avec 9 162 contaminations recensées en moyenne chaque jour. Et ce malgré un protocole sanitaire particulièrement strict avec port du masque obligatoire à l’école et des autotests réalisés trois fois par semaine dès l’âge de six ans.
Enfin, l’exemple des États-Unis, où les écoles de certains États ont rouvert, montrent également un retour en force de l’épidémie chez les plus jeunes.
Selon l’Académie américaine de pédiatrie, le nombre d’enfants infectés a quadruplé entre fin juillet et fin août, passant de 38 000 à 180 000 cas. Les enfants représenteraient désormais 22 % des cas de Covid-19 recensés chaque semaine et 3,6 % des hospitalisations.

Protéger les moins de 12 ans
Si les hospitalisations sont rares chez les enfants atteints par le virus, elles augmentent rapidement partout dans le monde, rappellent des épidémiologistes et des professionnels de santé dans une tribune publiée par le journal Le Monde. "En France, au cours de l’année écoulée, 1,2 % des 0-9 ans testés positifs ont été hospitalisés et le nombre d’hospitalisations est aujourd’hui le double de celui de l’année dernière à la même date, et le quadruple pour la tranche des 10-19 ans", expliquent les signataires.

"Très peu d’enfants font des formes graves mais si le nombre de contaminations explose, le nombre de jeunes hospitalisés sera de moins en moins anodin, précise Jérôme Marty. L’autre risque est de voir se développer des Covid longs chez les enfants."
Selon une récente étude britannique, un adolescent sur sept serait susceptible de souffrir de symptômes liés à un Covid long comme une fatigue chronique ou des douleurs musculaires après avoir été infecté par le virus.
En France, scientifiques et parents d’élèves appellent le gouvernement à revoir sa copie pour mieux protéger les enfants de moins de 12 ans non vaccinés. Plusieurs pistes ont été évoquées ces dernières semaines comme l’achat de purificateurs d’air, la généralisation des capteurs de CO2 qui permettent de juger le besoin d’aération des classes ou encore la mise en place d’une véritable stratégie de dépistage dans les établissements scolaires.
De son côté, Jean-Michel Blanquer se veut rassurant malgré les inquiétudes qui entourent cette rentrée. "Ce n’est pas un lieu spécifique de contamination" a martelé, mercredi, le ministre de l’Éducation nationale sur France Inter. "Un enfant peut se contaminer davantage dans des activités autre que l’école." Le ministre en veut pour preuve le cas de l’île de la Réunion où moins de 0,2 % des classes ont été fermées 15 jours après le retour des élèves.
Pour cette rentrée, le protocole sanitaire de niveau 2, sur une échelle de 4, s’appliquera dans les écoles. Il prévoit notamment le port du masque en intérieur du CP à la Terminale, l’aération régulière des locaux ou encore l’isolement pendant 7 jours des lycéens non vaccinés en cas de contamination dans une classe.





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