Criminalité faunique au tribunal d’Abomey : Un trafiquant de peaux d’animaux condamné à 24 mois d’emprisonnement

Adrien TCHOMAKOU 26 août 2020

Par jugement contradictoire et en premier ressort en matière correctionnelle de flagrant délit, le tribunal d’Abomey a condamné un trafiquant de peaux d’animaux à 24 mois d’emprisonnement assortis de sursis dont deux fermes et une amende de 500.000 F Cfa et 1.000.000 F Cfa pour dommages et intérêts. Cette sentence est imputable à un jeune homme pour des faits de détention, transport et commercialisation de trophées d’espèces protégées. En effet, le prévenu qui épuise, depuis le 10 août dernier, ses peines à la prison civile d’Abomey, avait été pris en flagrant délit de commercialisation de 15 peaux d’antilopes dans la ville de Bohicon.
Un regard sur les dispositions de la loi 2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin nous renseigne que l’article 154 de cette loi sanctionne de 300.000 à 800.000F et/ou d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans quiconque importe, exporte, réexporte ou commercialise des animaux sauvages ou leurs trophées et dépouille en dehors des cas permis. Que l’espèce soit partiellement ou intégralement protégée, les activistes ont toujours plaidé pour des sanctions exemplaires à l’endroit des trafiquants afin qu’ils soient disciplinés.
Vingt-quatre mois d’emprisonnement assortis de sursis. Dans le fond, cette sanction est une épée de Damoclès au-dessus de la tête du trafiquant. Il est en danger constant et risque une sévère condamnation ferme s’il ne sait pas s’y prendre. Selon les recoupements, ce trafiquant est coutumier des faits qui lui sont reprochés. Un tel trafiquant avec une telle sanction, continue d’être une menace pour la faune. Mais d’un autre côté, il est dans le viseur de la justice qui sans hésitation aucune, va le punir comme cela se doit. Les acteurs de lutte contre la criminalité faunique doivent s’armer à nouveau de vigilance pour la sauvegarde des espèces et surtout celle en danger critique d’extinction. Pour ce combat, le programme AALF-Benin du réseau EAGLE (Eco Activists for Governance and Law Enforcement) ne marchande pas son soutien pour accompagner le gouvernement.





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