Crise sociale au Bénin : Reconduction de la grève de 72h… le premier faux pas de Yayi, la médiation se poursuit

Angelo DOSSOUMOU 27 janvier 2014

Les Secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales ont décliné l’invitation de Boni Yayi

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Pas de trêve. La grève de 72h des confédérations et centrales syndicales est reconduite. La fin de la paralysie de l’administration béninoise n’est donc pas, pour le moment, à l’ordre du jour. Pourtant, les différentes parties à la crise sociale qui secoue le Bénin ne sont pas restées impassibles, ces derniers jours. Du chef de l’Etat, Boni Yayi au Haut commissaire à la gouvernance concertée (Hcgc), Moïse Mensah, des actions ont été entreprises, mais jusqu’ici, c’est le statu quo. D’abord, c’est le président Boni Yayi qui a montré qu’il est préoccupé par la situation que traverse l’administration publique en demandant, dans la matinée du vendredi dernier, au ministre du travail de faire convoquer pour une séance de rencontre à 11h30 les secrétaires généraux des confédérations syndicales et de la Fésyntra-Finances. Mais, aussitôt informés, les secrétaires généraux qui disent ne pas être contre une rencontre avec le chef de l’Etat ont décliné l’invitation parce qu’ils auraient pris l’engagement avec le Hcgc pour la même journée à 10h. D’ailleurs, dans un communiqué, les secrétaires généraux ont clairement affirmé que le président Boni Yayi est leur dernier recours dans les négociations et qu’ils restent toujours disponibles pour le dialogue, pourvu que la séance demandée par le chef de l’Etat soit reportée.
Et parlant de médiation pour dénouer la crise sociale, le Hcgc, Moïse Mensah après sa rencontre avec le ministre du travail, Martial Sounton ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Vendredi dernier, il a effectivement rencontré ensemble les six centrales syndicales à savoir la Cstb, la Csa-Bénin, la Cgtb, la Cosi-Bénin, la Cspib et la Fesyntra-Finances suite aux rencontres individuelles qu’il a initiées à l’endroit de chaque secrétaire général.

Des préalables avant les négociations
Mais, à l’issue de la rencontre du vendredi dernier avec le Haut commissaire, les secrétaires généraux ont posé comme préalable à l’ouverture des négociations, le relèvement du préfet de l’Atlantique-Littoral et du commissaire central de Cotonou de leurs fonctions et le retour du gouvernement sur la décision de défalquer sur les salaires les jours de grève. Aussitôt informé de ces deux conditions qui, pour les syndicalistes ne sont pas négociables, le Haut commissaire, Moïse Mensah les a portées à l’attention du chef de l’Etat, Boni Yayi. C’est dire que les deux parties savent désormais à quoi s’en tenir et que la situation n’augure pas d’une négociation aisée entre syndicalistes et gouvernement.





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