Cybercriminalité au Bénin : Les Gaymen reviennent en force et défient la Police Républicaine

Adrien TCHOMAKOU 12 novembre 2019

L’accalmie n’aura pas duré longtemps. Les cybercriminels reviennent progressivement en force et multiplient leurs cibles avec de nouvelles techniques d’approche. Cela part du piratage de comptes personnels, aux chantages de divers ordres en passant par tous types d’escroquerie. En plus des chantages, ce sont les comptes mobile money qui sont ciblés. Selon les témoignages de certaines victimes, les gaymans appellent les clients des réseaux Gsm pour demander qu’ils composent un numéro pour retourner des sous qu’on leur aurait envoyés par erreur. Par ignorance et sous pression, beaucoup succombent à cette tactique en vogue. L’autre approche est que ces délinquants se prennent pour des charlatans qui annoncent à leur proie que quelqu’un souhaite leur mort. Dans ce cas, il faut leur payer cher pour connaître le supposé mobile du crime et l’auteur. Mais ce n’est qu’un coup.
Toujours dans sa sale besogne, le cybercriminel informe sa cible d’avoir perdu son papa ou sa maman ou son grand-père ou sa grand mère. Il négocie téléphoniquement avec elle dans le dessein d’obtenir un prêt pour l’organisation des obsèques afin qu’au soir de la cérémonie de réception des invités, la victime prenne le double du montant dû. En effet, celle-ci est tellement rassurée de sa présence le jour des manifestations pour récupérer le double de ce qu’elle a prêté. Le cybercriminel va parfois à la rencontre physique de sa cible pour récupérer les sous contre décharge. Et le jour ou la veille des obsèques, il est porté disparu, même avec sa petite famille. D’autres tactiques non recommandables sont également utilisées.

L’Ocrc sous pression
La situation est telle que, il y a quelques jours, le Commissaire de l’Office central de répression de la cybercriminalité (Ocrc) a dû appeler les populations à la vigilance. Sauf que les populations en ont marre, puisque exposées à tout bout de champ, elles souhaitent plus que des mises en garde. Cela peut se comprendre à travers les réactions observées de la part des internautes. Certains en arrivent à se demander s’il n’y a pas de complicité au sein des agents de police et des réseaux Gsm.
On se rappelle que, sous le Dgpr Hounnonkpè, des individus avaient été interpellés. Ils usurpent en réalité l’identité de certaines personnalités pour lancer des avis de recrutement. Et pour rassurer leurs victimes et tromper la vigilance de la police, ils éditent de fausses cartes Lépi au nom des personnalités, des membres du Gouvernement, des institutions de la République et des chefs d’entreprises. Ils utilisent ces cartes falsifiées pour se faire enregistrer des cartes Sim au nom des personnalités ciblées. Au total, 300 fausses cartes Lépi éditées et 200 cartes Sim enregistrées dans ces conditions avaient été saisies. Ce qui prouve une fois encore qu’il y a des failles dans le dispositif d’enregistrement des cartes Sim au niveau des opérateurs Gsm.





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