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Dah N’Gbekounou Jean Vivien, créateur de l’application Ylomi « L’application Ylomi donne de la visibilité aux artisans et évite aux utilisateurs les tracasseries »

Plus de tracasseries pour s’offrir les services d’un artisan à proximité. « Un artisan peut être dans une rue et vous ne saurez pas qu’il est juste à côté parce qu’il n’est pas au bord de la voie… ». C’est pour corriger cet état de choses que Dah N’Gbèkounou Jean Vivien, financier et passionné des Start-up a créé l’application ‘’Ylomi’’. Une plateforme qui permettra désormais d’obtenir à partir du téléphone le contact d’un artisan proche de soi, pour régler un problème peut-être urgent. Il s’agira donc de faciliter la vie aux populations tout en faisant gagner des opportunités aux artisans avec l’application Ylomi. A travers cette interview, le créateur de « Ylomi » dévoile les contours de cette innovation, ses spécificités et avantages.

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Une Start Up, qu’est-ce que c’est ?
La Start-Up, c’est une entreprise qui a une idée novatrice en étant embryonnaire, et qui espère croître à l’avenir. Donc, c’est une idée qu’on produit sous forme d’une application mobile Web et qu’on développe pour mettre au service des utilisateurs.

Parlez-nous de votre application Ylomi
En Afrique et plus précisément au Bénin, les artisans sont laissés pour compte dans l’écosystème du numérique. Donc, il est difficile pour un citoyen lambda de rentrer en contact facilement et rapidement avec un artisan pour des services et travaux urgents. Et ce problème est récurrent. C’est de là que nous est venue l’idée de créer Ylomi pour résoudre définitivement le problème. Ylomi, c’est une application communautaire sous forme web ou mobile téléchargeable sur Googleplays qui permet de trouver facilement et rapidement par géolocalisation des artisans à proximité pour des services et des travaux. Donc, nous estimons que ce serait bénéfique pour toute la population.

Comment vous est venue cette idée ?
En 2015, on était secoué par le délestage. J’étais à la maison chez moi quand mon groupe électrogène a eu une panne. Ça ne marchait pas. J’ai essayé d’appeler le seul réparateur de groupe que je connaissais, mais il était hors zone. Or, mes enfants devraient composer le lundi. Le samedi, j’ai cherché un mécanicien en vain. On est resté comme ça dans l’obscurité jusqu’à ce que le problème soit réglé. Au-delà de ça, un matin, je voulais sortir de ma maison quand j’ai constaté que j’avais une crevaison. Il n’y avait pas un vulcanisateur à proximité pour me régler le problème. J’ai dû prendre Zem pour aller en chercher et le ramener à la maison. C’est de là que l’idée m’est venue. Je me suis demandé pourquoi ne pouvons-nous pas regrouper tous ces artisans sur une même plateforme de sorte que toute personne qui a besoin du service d’un artisan puisse se connecter et en deux clics, les repérer dans un environnement proche pour satisfaire le besoin.

Qui est artisan et qui ne l’est pas ?
Aujourd’hui, selon le ministère de l’artisanat, il y a 311 métiers d’artisans qui sont répartis en 40 corps de métiers. Pour faire notre travail, nous avons élargi un peu la base et nous sommes à 322 métiers d’artisans répartis en 42 corps de métiers le tout en 9 branches. Par exemple, si je prends l’Audiovisuel et la communication qui est une branche, nous avons un corps de métier qui s’appelle imagerie. C’est un corps dans lequel on retrouve les caméramans, les cadreurs, les photographes et les graphistes. Tout ce monde constitue des artisans dont on peut avoir besoin. Si vous organisez un événement, et que vous ne connaissez pas un photographe, si vous allez sur la plateforme, vous tapez photographe recherche, on vous sort la liste des photographes. Dans l’agroalimentaire, il y a des gens qui fabriquent beaucoup de choses. Si vous en avez besoin, vous allez sur la plateforme et vous êtes satisfaits. Les mécaniciens, les plombiers, les jardiniers, les Dj, les événementiels, vous les retrouverez sur la plateforme si vous êtes dans le besoin.

Quelles sont les 9 branches de l’artisanat que vous avez retenues dans le cadre de la création de la plateforme ?
La 1ère branche, c’est agroalimentaire, alimentation et restauration. 2e, mine et carrière, construction de bâtiment. 3e, métaux et constructions métallique, mécanique, électromécanique. 4e, bois et assimilés et ameublement. 5e, textile et habillement. 6è, audiovisuel et communication. 7e, hygiène. 8e, artisanat d’art et décoration. 9e, art musical et théâtral.
Le téléchargement de l’application sur les téléphones est gratuit, de même que l’inscription des artisans et utilisateurs. Ce qui sera payant pour les artisans, c’est la création des panneaux. Dans le panneau, il y a leur profession, ce qu’ils font, leurs programmes, contacts et positionnements. Et ce sont ces panneaux qu’on retrouve quand on fait des recherches. Un artisan qui est sur la plateforme et qui n’a pas de panneau, c’est comme s’il n’existe pas.
La création de panneau coûte mille francs à l’artisan, et c’est à vie. C’est comme si nous lui faisons de la publicité à vie. Il ne paye qu’une seule fois. C’est à 1000 francs Cfa. On a constaté que les artisans manquent de visibilité. Un artisan peut être dans une rue et vous ne saurez pas qu’il est juste à côté parce qu’il n’est pas au bord de la voie. Même ceux qui sont au bord de la voie, avec la libération des espaces publics, on les a cassés et ils sont dans les coins reculés. On ne sait même pas s’ils sont là. Or, on a besoin d’eux. Donc, pour les retrouver, ce n’est que sur une plateforme accessible à tout le monde. L’avantage pour l’artisan, c’est la visibilité qui lui permet d’accroitre son chiffre d’affaires. Il n’a plus besoin de connaissances avant d’avoir de marchés. Il sera là, on va l’appeler, parce qu’on a besoin de ses services. L’avantage pour vous et moi en tant qu’utilisateurs, c’est qu’il règle notre problème facilement. En rentrant il y a deux semaines sous une pluie forte, mon réservoir était presque vide. Arrivé à un endroit, le moteur s’est éteint. Il pleuvait, il n’y avait pas de vendeurs de carburant au bord de la voie. Donc, j’étais obligé de descendre sous la pluie pour aller chercher le carburant. En revenant, j’ai constaté que j’avais oublié d’éteindre la veilleuse. La voiture ne démarrait pas. La bactérie était vide. Il faut chercher un chargeur de batterie. C’était la croix et la bannière. J’ai pris un Zem sous la pluie. On a parcouru plusieurs rues pour trouver un vulcanisateur qui est venu me dépanner. Si j’avais l’application, c’est depuis ma voiture que j’allais faire tout ça là.

Comment est-ce que vous comptez procéder pour atteindre le plus grand nombre d’artisans ?
Nous avons mis en place une stratégie. A partir de jeudi, il y aura une campagne d’enregistrement des artisans rue par rue, quartier par quartier. On a recruté près de 250 jeunes. C’est un emploi qu’on a créé comme ça. Ces jeunes vont parcourir chaque rue, quartier par quartier, pour informer les artisans et les aider à s’enregistrer parce qu’il y a au moins 60% des artisans qui sont analphabètes. Ils ne savent pas forcément manipuler l’outil informatique ou les téléphones Androïd, il faut quelqu’un pour les aider à s’enregistrer dans la base. Cette opération démarre donc le jeudi. Tant qu’ils ne seront pas sur la plateforme, les utilisateurs comme vous et moi ne pourront pas les retrouver facilement. Maintenant, puisqu’il n’y a pas de corporation sans brebis galeuses, nous voulons garantir la fiabilité de la plateforme. Il ne faut pas qu’en appelant un contact, l’utilisateur soit escroqué.

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N’allez-vous pas percevoir des commissions chez les artisans ?
Ce que les gens font généralement, c’est de l’ubérisation, où ils prennent une catégorie d’artisans, les utilisent et prennent des commissions. Nous, on ne fait pas ça. Nous mettons en contact l’artisan et l’utilisateur. Le reste, c’est à vous de manager pour qu’il n’y ait pas de soucis. Cependant, s’il y a un problème, il y a une partie où vous pouvez porter plainte et nous allons essayer de contacter la personne pour savoir ce qu’il en est. On peut le suspendre de l’application ou le radier complètement. Mais nous ne sommes pas responsables de ce que vous allez lui payer. Nous ne sommes même pas responsables de la négociation concernant les frais du service.

Donc, vous ne jouez que le rôle de facilitateur parce qu’il y a un besoin qui existe ?
Oui bien sûr. Mais il faut dire que le premier contact est très important. Le reste dépendra de l’artisan, de sa courtoisie, sa ponctualité et son professionnalisme. Quand le travail est bien fait, celui qui te contacte pour la première fois peut devenir un ami, et ça peut déboucher sur de grandes choses. Ce n’est pas forcement au premier contact qu’il faut gagner un grand marché, tout part des petits travaux.

L’objectif en créant cette plateforme, ce n’est pas pour faire du social. Qu’est-ce que vous y gagnez fondamentalement ?
Si vous êtes un utilisateur, pour obtenir le contact de l’artisan, vous payez 100 francs. Quant à l’artisan, il paye mille francs pour créer son panneau. Nous sommes en partenariat avec MTN qui a formé nos agents qui sont en mesure d’aider les artisans à disposer d’un compte mobile money, s’ils ne l’avaient pas. Tous les paiements se font par mobile money. Il n’y a pas de cash à donner sur le terrain.

Est-ce qu’une application pareille existe ailleurs ?
Il y a des trucs comme ça qui existent mais, ce n’est pas exactement ça. En Europe, aux Etats-Unis, un peu partout dans le monde, ils font de l’ubérisation. Ils prennent des artisans d’un corps de métier qui travaillent pour eux. Ils les suivent et essaient de leur trouver des clients par leurs applications, puis Ils prennent des commissions sur ce que gagne l’artisan. C’est ça l’ubérisation. A notre niveau, nous avons pris tous les corps de métiers. Il n’y a pas encore une application qui ait pris en compte tous les corps de métiers au monde. On a pris tous les corps de métier et on met juste en contact. La suite, c’est entre l’utilisateur et l’artisan. Par contre, Il y a d’autres programmes derrière. Il y a la formation sur la qualité de service qui sera faite de commun accord avec les organisations faitières. Il y a les formations pour renforcer la capacité des artisans qui seront les plus cotés, parce qu’à chaque fois qu’ils font un travail, il y a des commentaires, des étoiles. C’est ceux qui sont vraiment exemplaires vont bénéficier de ces formations.

Nous sommes dans un environnement où les banques n’accompagnent pas forcément les start-up. Comment aviez-vous démarré ?
C’est de notre propre force. C’est vrai qu’on a dépensé des millions sur fonds propres. On travaille sur le projet depuis 3 ans. L’idée était là depuis 2014-2015, mais on a commencé le travail en 2016 et puisqu’on voulait faire quelque chose de professionnel. On a donc pris tout notre temps.

De façon pratique, comment comptez-vous atteindre un grand nombre d’artisans ?
Il y a deux stratégies. La première, c’est que nous recensons les artisans. On ne souhaiterait pas lancer l’application et que par la suite, quand vous avez un problème de vulcanisateur, vous n’en trouvez pas. Cela va vous décourager. Dans un premier temps, on va aller de porte à porte, de rue en rue pour leur en parler et les enregistrer. Dès qu’il y aura du monde, on peut dire qu’il y a une telle application que tout le monde peut utiliser facilement. Je voudrais aussi préciser que le gouvernement est en train de faire le recensement des artisans du Btp pour le projet asphaltage et notre initiative n’a rien à avoir avec ça. Notre innovation s’inscrit dans le long terme mais pour le gouvernement c’est juste pour le projet asphaltage. L’artisan paye 1000f pour créer son panneau. Quand il s’inscrit, on lui donne un bonus de 500f. Donc, l’artisan qui s’inscrit, qui a 500f d’unités et qui paye 1000f pour créer son panneau n’a fait qu’un effort de 500f. C’est insignifiant par rapport au coût que nous supportons en ce qui concerne la géolocation.

Un message aux artisans
Je demande à tous les artisans de s’approprier l’outil Ylomi qui n’a d’objectif que d’accroitre leur visibilité, leur chiffre d’affaires. Aux utilisateurs, je demande d’utiliser beaucoup cette application pour leurs problèmes au quotidien. Ce qui est sûr, vous ne serez pas déçus.
Propos recueillis par Adrien TCHOMAKOU

4-09-2018, Adrien TCHOMAKOU


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