Découverte surprise de plusieurs cartons de munitions dans les Collines : redoubler de vigilance

Moïse DOSSOUMOU 3 mai 2021

C’est une nouvelle qui fait froid dans le dos. Un arsenal de guerre a été découvert par hasard dans un véhicule accidenté sur le territoire béninois. C’est ce qu’on peut retenir de la dernière sortie médiatique de Mario Mètonou, procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Intervenant samedi dernier à la suite de la découverte, il a pris le soin de relater les faits à l’opinion.

Les faits…
Il faut croire que le vendredi 30 avril dernier, aux environs de 5h du matin, le commissariat de Gouka a été saisi d’un cas d’accident mortel de la circulation produit à hauteur du village Agbon, dans l’arrondissement d’Atokolibé, commune de Bantè. Un minibus qui roulait à vive allure est entré en collision frontale avec un autre bus de transport de voyageurs. Des 4 occupants du mini bus, 3 sont décédés, un seul a été rescapé. Un coup d’œil dans le véhicule renseignait à première vue qu’il était chargé de bidons d’huile rouge empilés dans 56 sacs de jute. Des fouilles approfondies ont révélé le pot-aux-roses. il s’agissait en fait des cartons de munitions de calibre 12 soigneusement emballés, soit 70 000 cartouches au total. Sitôt informé, le procureur spécial a fait ouvrir une enquête pour établir l’origine de la cargaison, le lieu de chargement, le ou les expéditeurs, le ou les destinataires, leurs motivations réelles…

Frontières poreuses ?
A l’évidence, si cet accident n’avait pas eu lieu, cette cargaison avait toutes les chances d’arriver à destination. A tout point de vue, il y a eu de sérieuses failles au niveau de nos frontières. Il est évident que ces produits illicites qui ne peuvent être commandés par des particuliers et emprunter le circuit officiel proviennent d’un marché noir qui a priori n’est pas implanté sur le territoire national. Si la vigilance des agents en service au niveau des postes frontaliers a été trompée, s’il en a été de même pour ceux officiant au niveau des brigades routières, il y a de quoi craindre pour la sécurité et la sûreté nationales. S’il faut s’en remettre à des événements fortuits comme un accident de la circulation pour découvrir des cargaisons du genre, c’est qu’il y a véritablement péril en la demeure. Si des munitions peuvent circuler en grandes quantités sur nos axes routiers, il y a fort à parier que des armes aussi peuvent passer à travers les mailles des dispositifs sécuritaires. L’impérieuse nécessité d’activer les renseignements est plus que jamais de mise.
Avec les menaces terroristes et le contexte politique, il sied de prendre des mesures d’urgence pour sécuriser les populations qui ne demandent qu’à vivre dans un environnement apaisé. Le moins qu’on puisse dire est que cette cargaison a révélé des failles importantes à corriger à tout prix.





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