Décrispation de la situation sociale Les magistrats montrent la voie à suivre

Arnaud DOUMANHOUN 31 janvier 2018

La genèse de l’endurcissement des mouvements de grève dans divers secteurs de la vie socio-économique nous renvoie indubitablement vers la question du retrait du droit de grève aux personnels de la santé, de la justice, de sécurité et aux magistrats, contenue dans la loi n°2017-43 modifiant et complétant la loi n°2015-18 du 13 juillet 2017 portant statut général de la Fonction publique votée par l’Assemblée nationale le 28 décembre 2017, et la loi n°2018-01 portant statut de la magistrature en République du Bénin votée par l’Assemblée nationale le 04 janvier 2018.
C’est dire que la montée en flèche de la tension sociale est essentiellement due à la suppression de l’exercice de ce droit, et non pas aux revendications d’ordre corporatiste, qui ont déjà fait l’objet de négociations pour la plupart, parfois même avec le président Patrice Talon, et assorties d’un échéancier convenu entre les parties. Ceci est d’autant plus vrai qu’à l’ouverture hier des négociations gouvernement-partenaires sociaux à l’Infosec de Cotonou, le premier point à l’ordre du jour est relatif à la question des libertés.
Pourquoi donc maintenir le mot d’ordre de grève pendant que le dialogue est ouvert, et que la Cour constitutionnelle a résolu l’essentiel de la question en déclarant contraires à la Constitution les dispositions querellées de la loi portant statut général de la Fonction publique et celles des nouveaux statuts de la magistrature relatives au retrait du droit de grève. La logique recommanderait que les centrales syndicales emboitent le pas aux magistrats en levant leur motion de grève, tout en poursuivant le dialogue pour la satisfaction des revendications. Il urge que l’Etat reprenne vie.





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