Dernier rapport du Giec : Misère, catastrophes, exodes ... une alerte rouge pour l'humanité

La rédaction 10 août 2021

Lundi 09 août, l’humanité s’est réveillée dos au mur. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a rendu publique la première partie de son 6ème rapport. Une véritable pilule difficile à avaler avec à l’appui, des prévisions très alarmantes. Loin des attentes, ce rapport met en évidence les grands dangers imminents que risque l’humanité et dont les signes annonciateurs courent déjà : élévation de la température et de la toxicité des océans, fonte des glaciers et hausse du niveau des mers, inondations, sécheresse ...Preuve que le dérèglement climatique, loin de se résumer à des chiffres et à des projections est déjà une nouvelle normalité. Rapide et plus intense, il s’annonce plus drastique que dans les estimations précédentes et concerne désormais toutes les régions de la planète terre ’ Selon le rapport, le degré du réchauffement de + l,5° sera atteint d’ici 2030 et non 2040, alors qu’en 2018, l’objectif était de le réduire à +1,5°. Mieux, la montée des eaux selon ledit rapport est irréversible pour des milliers d’années. Cette montée connaîtra une augmentation de 28 centimètres à 2 mètres d’ici 2100 en fonction de l’intensité du réchauffement. L’augmentation sera ponctuée par des scénarios intermédiaires oscillant entre 44 et 76 cm. Ce qui inquiète plus, à partir des prochaines décennies, les océans et les forêts qui aspirent énormément de CO2, vont perdre une partie de leur capacité à le faire et les répercussions se feront sentir sur l’humanité.

Des activités anthropiques
Le rapport ne se limite pas seulement aux prévisions. Il se penche également sur les véritables causes de ces dérèglements. Pour le Giec, les activités humaines sont les causes premières de ces dérèglements, de ce réchauffement de la planète car depuis une décennie soit en 2011, l’agrégation dans l’atmosphère de CO2, premier vecteur des gaz à effet de serre à l’origine du réchauffement s’est élevée à 410 ppm. Cette valeur n’a pas été aussi élevée depuis au moins deux millions d’années. Le document stipule que les émissions de gaz à effet de serre dues aux activités humaines sont responsables d’un réchauffement d’environ 1, 1°C entre 1850 et 1900. Par ailleurs, il est constaté que la température de la surface du globe a augmenté plus rapidement depuis 1970 que pendant toute autre période de 50 ans au cours des 2000 dernières.

Des réactions fusent à propos
Les réactions vont dans tous les sens après la publication du rapport. Le gouvernement britannique a réagi. Pour Boris Johnson, premier ministre dudit pays, c’est une alerte sur l’impact de l’activité humaine sur la planète. « J’espère que le rapport du Giec constituera un signal d’alarme pour que le monde prenne des mesures dès maintenant, avant que nous nous retrouvions à Glasgow en novembre pour le sommet crucial de la COP 26 », a-t-il laissé entendre. Pour Svenja Schulze, ministre allemande en charge de l’Environnement, ce rapport doit interpeller. Et, il urge de mener des actions concrètes pour "sauver la planète" face à. la ’menace du réchauffement climatique. Pour ce faire, l’Allemagne prévoit désormais de réduire de 65% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990, contre 55% auparavant, puis de 88% d’ici 2040, avec la volonté d’atteindre la neutralité carbone en 2045, cinq ans plus tôt que prévu. Dans la foulée des réactions, celle de l’hexagone ne s’est fait pas prier. Par le biais de son de compte tweeter, Barbara Pompili, la ministre française de l’environnement a fait savoir que le temps est également à l’action et aux décisions. « Alors que les canicules, inondations, incendies extrêmes se succèdent partout dans le monde, le Giec alerte sur une accélération du dérèglement climatique. Le monde n’a qu’un choix possible : accélérer la sortie de la civilisation fossile. La COP26 nous offre cette opportunité », a-t- elle tweeté lundi matin. A l’instar de son homologue française, Zakia Khattabi ministre belge en charge de l’environnement a aussi réagi par son compte tweeter. « Nous entendons depuis longtemps que la lutte contre le changement climatique est trop coûteuse. Nous savons désormais que non seulement l’inaction est coûteuse sur le plan économique, elle l’est aussi en termes de vies humaines. Ce qui me fait dire que l’inaction est criminelle », a souligné Mme Khattabi dans son communiqué.

Et le Bénin dans tout ça ?
Pour ce qu’on en sait, il n’y a pas eu j jusque-là de réactions officielles suscitées par la publication du rapport. Les yeux sont rivés vers le ministère et les autorités aptes à réagir. Ce qui est certains, le pays n’est pas en marge des risques énumérés dans le rapport et ne peut s’extraire des producteurs des gaz à effet de serre, principale cause du réchauffement climatique. Surtout que le bilan rapport national d’inventaire de gaz à effet de serre du Benin de novembre 2019, montre que le Bénin est globalement un puits net de GES (absorptions supérieures aux émissions) entre 1990 et 1996 avec une capacité d’absorption en régression passant de 1 093,61 Gg C02 eq à 279,12 Gg C02 eq. A partir de 1997, le pays est devenu une source nette GES (émissions supérieures aux absorptions) et les émissions nettes totales estimées à 7 792,37 Gg C02 eq en 2015 sont 11 fois supérieures à celles de l’année 1997 estimées à 681,93 Gg C02. Mais depuis des années, le pays multiplie des actions de préventions et de veille citoyenne à travers les séminaires et formations ainsi que des séances de réflexion sur les grands défis que posent les changements climatiques.
Raoul Nana DONVIDE (coll.)





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