Dispositif de lavage de mains contre le Covid-19 au Bénin : des étudiants innovent

Fulbert ADJIMEHOSSOU 21 avril 2020

Pas d’effort à fournir pour se laver les mains. A l’Université d’Abomey-Calavi, des étudiants ont conçu un dispositif automatique de lavage de mains qui fonctionne grâce au solaire. À travers cet entretien, Gonzalv Christophe Hounsokou, étudiant en master en sciences des matériaux à la Faculté des sciences et techniques parle de cette contribution ingénieuse locale et surtout universitaire à la riposte contre le Covid-19.

Christophe Hounsokou, vous faites partie d’une équipe d’étudiants ayant créé un dispositif automatique de lavage de mains. Dites-nous d’abord, d’où est partie votre passion pour les technologies ?
Je suis étudiant à l’Université d’Abomey-Calavi. Je fais actuellement un master en sciences des matériaux à la Faculté des Sciences et Techniques. Ma passion pour les technologies a été développée depuis le bas-âge. Je suis très accroché à tout ce qui est automatisme et à l’électronique.

Sous l’égide d’un de vos enseignants, vous avez développé un dispositif automatique de lavage de mains qui fonctionne avec le solaire. Parlez-nous-en.
Face à la pandémie de la Covid-19, l’une des mesures barrières recommandée est le lavage des mains. Nous avons un peu partout dans nos villes des dispositifs de lavage des mains. Mais avec ces dispositifs, il faut se servir du savon et appuyer sur une pédale pour avoir de l’eau. Alors qu’il est dit que le virus se transmet par contact. Avec les équipements observés dans nos villes, on a toujours besoin d’être en contact avec le dispositif lui-même. C’est pour corriger cet état de choses que mon équipe et moi, sous la supervision du professeur Basile Kounouhewa, enseignant à la Faculté des Sciences et Techniques de l’Uac, nous avons initié le projet pour la réalisation d’un dispositif de lavage des mains. Avec cet équipement, nous n’avons pas du tout besoin de toucher au dispositif pour être fournis en savon et en eau. J’ai travaillé avec Kévin Tanhounnon, Christophe Touyaba, Antoine Salako, Edem Kossi Alomassou, Brice Agnoro et Espoir Hounsossou.

Comment fonctionne-t-il ?
Il suffit de rapprocher la main du robinet du savon et ça coule automatiquement. Ainsi, on frotte le savon sur ses mains. Ensuite, vous rapprochez vos mains au robinet de l’eau et vous lavez les mains à votre convenance. Dès qu’on recule encore la main, l’eau se coupe. Notons que le dispositif fonctionne avec l’énergie solaire ce qui l’affranchit de la contrainte de disponibilité de l’énergie électrique conventionnel de la SBEE. L’enjeu est de pouvoir convaincre les Béninois du bien-fondé de notre dispositif pour qu’ils puissent l’adopter. Il marche très bien et tous ceux qui l’ont essayé l’ont vraiment bien apprécié parce que c’est assez différent de tout ce qu’on a sur le terrain. Dans un monde qui évolue à une grande vitesse en matière de technologie, il va de soi que nous essayions de suivre du mieux que nous pouvons les avancées technologiques en incluant l’automatisme à tout ce que nous faisons.

Êtes-vous en mesure de répondre aux sollicitations ?
Nous sommes prêts à répondre aux commandes. Nous pouvons les fournir à toute personne qui demande à en acquérir. Nous lançons un appel aux autorités, le Gouvernement, les ministères, les Universités, aux entreprises et à toute personne désireuse de bien vouloir nous contacter pour passer leurs commandes.

Un message à la communauté universitaire et aux populations
Le premier but de notre équipe, c’est d’aider dans la lutte contre le Covid-19 en mettant à disposition notre dispositif de lavage de mains. Cette pandémie nous appelle à travailler ensemble, c’est notre contribution dans cette lutte, adoptez-la. Quant à la communauté universitaire, nous voudrons dire à tous de bien vouloir participer à ce projet. C’est-à-dire adopter notre dispositif. C’est réalisé à l’Université d’Abomey-Calavi et ça devient de ce fait un dispositif qui nous appartient à nous tous qui sommes de la communauté universitaire. Nous devons l’adopter massivement. C’est un moyen non seulement de nous encourager, nous les réalisateurs, mais aussi de prouver que l’université a beaucoup de talents à offrir.
Propos recueillis par Fulbert ADJIMEHOSSOU





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