Docteur Janvier Iwikotan au sujet du manque d’affluence dans les stands de vente de fournitures scolaires : « Dès qu'il y aura de l'affluence, les vendeurs feront la surenchère »

La rédaction 25 septembre 2020

La vente des fournitures scolaires est effective dans les rues et lieux habituels à quelques jours de la rentrée scolaire 2020-2021. Si ces stands sont installés avec leur attrait de matériels neufs, il n’en demeure pas moins qu’ils ne sont pas visités en dépit des quelques jours qui restent avant la reprise des classes. Janvier Iwikotan, docteur en sciences économiques et de gestion, nous fait un point analytique sur cette situation qui prévaut dans ces centres de vente de fournitures.

Nous sommes à quelques jours de la rentrée scolaire 2020-2021 mais les stands de vente de fournitures scolaires sont presque sans clientèle. Quelle explication apportez-vous à cela ?
D’abord, il y a les facteurs d’ordres économiques. Avec la situation de crise sanitaire actuelle, la Covid-19, pendant presque deux ou trois mois, les parents où la population en général est restée sans activité. Ainsi, les activités génératrices de revenus sont restées en stagnation. Cela a accentué tant soit peu le degré de pauvreté de la population. Etant donné le manque de revenu, la population ne pourra pas effectuer les achats, les besoins essentiels puisque investir dans l’éducation des enfants est un devoir pour tout parent. Cet engouement qu’on n’observe pas présentement dans les stands de vente des cahiers peut être lié au fait que les parents n’ont pas de moyens. Ce manque de moyens peut être aussi lié à la fermeture des frontières entre le Nigeria et le Bénin. Les transactions entre le Bénin et le Nigeria ont baissé. On pourrait également ajouter la chute du Naira qui aurait mis un frein aux transactions des opérateurs économiques nigérians vers le Bénin.

L’absence des parents dans les stands pour l’achat des fournitures peut-elle s’expliquer par d’autres raisons ?
Cette faible affluence au niveau des stands de ventes des fournitures scolaires peut être aussi liée au comportement des béninois. Le béninois attend toujours les derniers moments pour décider, pour agir.

Cette faible affluence des parents en ce moment où les stands ne reçoivent que la visite de un ou deux clients n’aura-t-elle pas des conséquences un peu plus tard sur le prix des produits ?
Naturellement. Cela aura des conséquences. Toute activité obéit à la loi de l’offre et de la demande. Si, au niveau des stands de vente, il n’y a pas de la clientèle présentement, les vendeurs évidemment n’écoulent pas leurs produits. Mais dès qu’il y aura de l’affluence, les vendeurs feront ce qu’on appelle la surenchère. Autrement dit, ils vont augmenter les prix ne serait-ce que pour 10 F, 50 F. Prenons l’exemple des vendeurs ambulants de sacs. Tous les parents d’élèves qui ne vont pas acheter de sacs pour leurs enfants et attendent la veille de la rentrée assisteront à l’augmentation des prix des sacs. Cette attitude attentiste des parents va engendrer à l’approche de la rentrée, une augmentation du prix de ces fournitures scolaires.

Que proposez-vous à ces parents-là qui n’ont pas encore fait d’achat de fournitures scolaires pour leurs enfants ?
Il va falloir que ces parents-là fassent vite pour le faire pendant qu’il n’y as pas encore du monde. Puisque ne le faisant pas de sitôt, non seulement, ils vont subir la surenchère des prix qui seront proposés à la dernière minute parce que tous les parents sont obligés d’acheter. Autrement dit, on assiste à une situation où la demande peut dépasser l’offre. C’est à dire que les parents qui expriment un besoin d’achat de fournitures deviennent de plus en plus nombreux. Et comme ça, la loi de l’offre et de la demande du marché stipule que lorsque la demande dépasse l’offre, le prix augmente.
Propos recueillis par Albéric DOCHAMOU (Stag.)





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